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Nadal, comme d’habitude

Rafael Nadal

Rafael Nadal - -

Au terme d’un superbe bras de fer, le Majorquin a dominé Roger Federer (6-7, 6-2, 7-6, 6-4) ce jeudi en demi-finale de l’Open d’Australie. Une cinquième victoire consécutive face au Suisse qui lui ouvre les portes de la 15e finale de Grand Chelem de sa carrière.

Rafael Nadal supporte le Real Madrid. Mais dans son « clasico » avec Roger Federer, il fait plutôt penser au Barça. Ce jeudi, le Majorquin a une nouvelle fois dominé son meilleur ennemi en demi-finale de l’Open d’Australie. Une qualification en quatre sets (6-7, 6-2, 7-6, 6-4) décrochée au terme d’une rencontre splendide. Un peu comme la bande à Lionel Messi mercredi au Camp Nou. Sauf que là où Blaugrana et Merengue se déchirent, les deux stars du tennis se vouent une profonde admiration. « Nous avons joué de grands matches ces dernières années, note Federer. C’est agréable. Nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre. C’est une bonne chose. J’espère que notre duel va inspirer les générations futures. » C’est certainement déjà fait…

Dans une Rod Laver Arena émerveillée, le 27e chapitre de la saga Nadal-Federer a tenu toutes ses promesses. D’abord malmené par la classe du Bâlois, vainqueur de la première manche, le gaucher de Manacor a ensuite repris les choses en mains sur le court bleu de Melbourne. En ramenant des balles improbables et en luttant sur chaque point avec une hargne éblouissante, « Rafa » a fait plier « Roger ». Une fois de plus. « C'est une victoire fantastique pour moi, glisse l’Espagnol, tee-shirt vert, bandeau bleu et short blanc. Elle va rester dans mon esprit pour toujours. C'est un vrai honneur de jouer Roger. Je continue à apprendre parce que je vois en lui un joueur meilleur que moi. C'est une excellente façon de commencer la saison. Ça va me donner beaucoup de confiance et de calme pour la suite. » Avec cette dix-huitième victoire face à Federer, la cinquième de rang et la huitième en Grand Chelem, Nadal, qui s’impose à chaque fois dans leur duel depuis la finale de Wimbledon 2007, affirme un peu plus son emprise psychologique.

Djokovic ou Murray en finale

Après avoir fondu en larmes en 2009, le Suisse, qui n’a plus remporté de Grand Chelem depuis deux ans, est resté sobre au moment des récompenses. Mais cette nouvelle déconvenue reste dure à encaisser. « Rafa a vraiment bien joué du début à la fin, lâche-t-il. C’était important pour moi de gagner mais j’ai manqué les opportunités que j’ai eues. Rafa a su tenir bon. Ça a été un match difficile physiquement. » A 25 ans, Nadal disputera dimanche la 15e finale de Grand Chelem de sa carrière. Un record jusque-là détenu par André Agassi, Jimmy Connors et Roy Emerson. Pour continuer à marquer la légende, le n°2 mondial, qui n’a plus remporté le moindre tournoi hors terre battue depuis Tokyo en octobre 2010, devra prendre le meilleur sur Novak Djokovic ou Andy Murray. Les deux hommes s’affrontent ce vendredi dans l’autre demi-finale.

Alexandre Jaquin avec Eric Salliot, à Melbourne