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Melzer à la table de Nadal

L'Autrichien de 29 ans, qui n'avait jamais franchi un troisième tour en Grand Chelem, défiera Rafael Nadal en demi-finale de Roland-Garros, vendredi.

L'Autrichien de 29 ans, qui n'avait jamais franchi un troisième tour en Grand Chelem, défiera Rafael Nadal en demi-finale de Roland-Garros, vendredi. - -

Le surprenant Autrichien Jürgen Melzer a remonté un déficit de deux sets contre Novak Djokovic pour accéder à sa première demi-finale en Grand Chelem. Il y croisera la route de Rafael Nadal, qui a dû s’employer pour se défaire de Nicolas Almagro.

Il n’est jamais trop tard pour se révéler à soi-même. A 29 ans, Jürgen Melzer en fait l’expérience depuis dix jours. Lui qui n’avait jamais franchi le cap du troisième tour en 31 tournois du Grand Chelem, s’est invité hier dans le dernier carré de Roland-Garros. Une irruption que personne n’avait vu venir, à commencer par lui-même. Surtout lorsque Novak Djokovic, n°3 mondial et double demi-finaliste Porte d’Auteuil en 2007 et 2008, mena deux sets à rien en un peu plus d’une heure.

« A ce moment-là, je me suis dit : "Pourquoi pas ?", a raconté Melzer à sa sortie du court. J'ai changé un peu mon plan de jeu et ça a marché. C'est fantastique, un moment historique pour moi ». Et pour son pays, l’Autriche, qui voit un deuxième représentant rallier les demi-finales à Paris, quinze ans après la victoire de Thomas Muster.

Doté d’une grosse frappe de gaucher, comme son aîné, le 27e joueur mondial a fait preuve de la même hargne que « Musterminator ». En surmontant d’abord le gâchis de 20 balles de break sur 24 obtenues contre le Serbe. Puis en se relevant d’une première balle de match ratée sur une volée de coup droite inratable. La troisième sera finalement la bonne, sur un retour trop long de « Djoko ». Beau joueur à l’issue d’un thriller de 4h15, le Serbe a ensuite chaleureusement étreint son vainqueur, lui abandonnant le redoutable privilège de défier Rafael Nadal au tour suivant.

Avant ce défi ultime sur terre battue, Melzer aurait tout intérêt à ne pas de se pencher sur son passif contre l’Espagnol. Lors de leurs deux confrontations aux JO de Pékin en 2008 et l’an passé à Madrid, l’Autrichien n’a récolté qu’un total de huit jeux. Mais Nicolas Almagro n’affichait pas des stats plus florissantes (6 défaites en 6 matchs) avant de bousculer le quadruple vainqueur de Roland, hier. Comme en demi-finale à Madrid il y a quinze jours, où il avait enlevé le premier set, le Murcien a chèrement vendu sa peau. Sur le court où il s’était fait étriller 6-1, 6-1, 6-1 en 2008, le 21e mondial a poussé le maître de l’ocre au jeu décisif des deux premières manches. Deux tie-breaks dominés de la tête et des épaules par le Majorquin (7-2 et 7-3), qui a ensuite bouclé le dernier set 6-4.

« Je suis content de l'avoir emporté car Nicolas fait une très bonne saison. Etre de nouveau en demi-finale, c'est superbe », a confié Nadal, un an après son élimination dès les huitièmes contre le Suédois Robin Söderling, qu’il pourrait retrouver dimanche en finale. Sans Federer et Djokovic, effacés du tableau en deux jours, sa voie vers un cinquième sacre parisien semble chaque jour un peu plus royale.

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S.C.