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Roland-Garros: Federer, un retour et des questions

Roger Federer va entamer son parcours à Roland-Garros ce lundi sur le Central, face à Denis Istomin. Un retour sur la terre battue parisienne qui ravit le public. Mais qui pose aussi question.

Il est de retour deux ans après. Roger Federer va de nouveau fouler la terre battue de Roland-Garros ce lundi, face à Denis Istomin sur le Central. Mais à bientôt 40 ans, ses apparitions se font rares sur le circuit. Surtout depuis le début de la pandémie et deux opérations du genou droit qui l’ont contraint à s’éloigner des terrains pendant une bonne partie de l’année 2020. Il a rejoué pour la première fois sur terre battue à Genève, avec une défaite à la clé. L'ocre est une surface exigeante... avec quelles ambitions et moyens le Suisse vient-il à Paris?

Grosse période de travail dans l’ombre  

Très discret depuis son arrivée à Roland-Garros, il n’est pas venu en conférence de presse avant le début du tournoi contrairement à son habitude. Pas d’apparition superflue non plus. Le co-recordman de victoires en Grand Chelem (20 titres) a travaillé à l’abri des regards. On a pu notamment l’observer pendant une séance de deux heures jeudi avec Aslan Karatsev en fin de journée scrutée par les jeunes ramasseurs de balles du tournoi.

Difficile donc de savoir où en est vraiment Roger Federer sauf pour Gaël Monfils qui s’est entrainé avec lui en Suisse pendant un week-end: "Ce que j’ai vu en un week-end, c’était déjà extraordinaire. La différence de son déplacement, sa qualité de frappe, le rythme, avait énormément évolué. Il va être difficile à aller chercher pour pas mal de monde ici." David Goffin a aussi eu le plaisir de partager une session d’entrainement avec le Suisse à Roland-Garros plus récemment: "On s’est entraîné deux petites heures avec une bonne intensité. C’était un très bon entraînement. J’étais content de voir qu’il était plutôt en forme et affûté, à 100%."

Avec Wimbledon et les Jeux olympiques en tête  

Un peu plus tôt dans l’année, Federer l’avait annoncé. Ses objectifs prioritaires de la saison étaient clairs: Wimbledon et les Jeux olympiques de Tokyo. C’est entre autres en vue de ces deux tournois que le Suisse participe à Roland-Garros. Pour faire "de la caisse physique" et du jeu en situation de compétition, avant la saison sur gazon. Ce qui lui a souvent été bénfique dans sa carrière.

Mais peut-il encore gagner un Grand Chelem? C’est la grande question, et l’enchainement des matchs au meilleur des trois manches donnera peut-être une réponse pour Nicolas Escudé, directeur technique national: "Il est là et c’est toujours un plaisir de le voir. Cela va être forcément compliqué pour lui cette année. Après il n’a pas un tirage si mauvais que ça quand on voit les premiers tours qu’il aura à affronter cela peut être une mise en train. Et voir surtout comment il va pouvoir récupérer car c’est surtout là que la question se pose à savoir l’enchainement des matchs."

Pour David Goffin, le Suisse voit plus loin que la Porte d’Auteuil: "Il vient ici pour prendre de la confiance et je suis sûr qu’il a Wimbledon en tête. J’espère qu’il pourra encore gagner sept matches pour pouvoir gagner un Grand Chelem", confie le Belge. Tout le monde l’attend avec impatience sur le court Philippe-Chatrier pour clôturer la session de journée ce lundi face à Dens Istomin. Pour enfin savoir.  

Anthony Rech