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Roland-Garros: pourquoi les résultats des Français sont aussi catastrophiques

Pourquoi les joueurs français tombent aussi vite à Roland-Garros cette année? Un problème de physique, de mental et d'absence de relève? Un peu de tout ça couplé aux répercussions du coronavirus. Mais des jours meilleurs sont attendus, positive la FFT.

A l'attaque du cinquième jour de Roland-Garros, ce jeudi, une main suffit pour compter le nombre de Français encore en lice. Ils ne sont plus que cinq: quatre dans le tableau féminin, un chez les hommes. A ce rythme, la traditionnelle phrase "il n'y aura pas de Français en deuxième semaine" pourrait être prononcée de manière plus précoce qu'habituellement. Cela vaut surtout pour les hommes où les chances du dernier rescapé Hugo Gaston semblent bien minces face à Stan Wawrinka au 3e tour. Chez les femmes, Caroline Garcia, déjà qualifiée pour le 3e tour, Alizé Cornet, Clara Burel et Fiona Ferro tenteront de sauver l'honneur. Mais ce ne sera pas chose aisée pour un tennis français dans le creux de la vague sur ces internationaux de France pour plusieurs raisons. 

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Des cadres en perdition

L'expression est autant séduisante qu'un peu galvaudée mais aucun des "Quatre nouveaux Mousquetaires" incarnés par les talentueux Jo-Wilfried Tsonga, Gaël Monfils, Richard Gasquet et Gilles Simon n'a passé le 2e tour du Grand Chelem parisien depuis 2004. Tsonga était forfait, Gasquet diminué et Monfils en manque de souffle après un début de saison pourtant prometteur. Simon est tombé face à Shapovalov. Les autres valeurs sûres (sans compter Pouille, aussi forfait) n'ont pas fait mieux à l'instar de Benoît Paire ou de Pierre-Hugues Herbert, malgré un match héroïque face à Zverev.

Un problème de mental?

Le sujet est tabou et agace les joueurs. Mais la manière de perdre de certains joueurs français lors de ce Roland-Garros interroge forcément sur le manque de mental pour retourner des matchs serrés en faveur des Français. Chez les hommes, aucun Tricolore n'est sorti vainqueur d'un combat entre cinq sets sur ce tournoi. Quentin Halys est tombé face à à l'Américain Marcos Giron (7-5, 3-6, 6-7, 7-5, 8-6). Idem pour Jérémy Chardy face au qualifié autrichien Jurij Rodionov (3-6, 4-6, 7-6, 6-4, 10-8) et pour Corentin Moutet, battu après un combat de plus de 6h contre l'Italien Lorenzo Giustino (0-6, 7-6, 7-6, 2-6, 18-16). Héroïque, Pierre-Hugues Herbert a aussi lâché face à l'Allemand Alexander Zverev (2-6, 6-4, 7-6, 4-6, 6-4).

Et d'état d'esprit?

Le contexte très spécial de ce Roland-Garros presque sans public enlève un soutien de poids aux Français. Mais aussi une certaine pression puisqu'il n'était pas rare d'entendre les Bleus se plaindre de l'exigence des spectateurs. A entendre Benoît Paire, cette édition en année de coronavirus ne compte pas ou peu. "Elle ne veut rien dire cette saison, a-t-il expliqué mercredi. Il y a des mecs, bien sûr, qui sont très préparés et on sait qu’ils vont bien jouer. Et il y en a aussi qui n’ont pas fait grand-chose. Moi, je n’ai pas fait grand-chose. Gaël, ça a été particulier. On a repris dans des conditions extrêmes. Ce n’est pas non plus la fin du monde. On n’est pas tristes hein. Là, moi je vais rentrer chez moi, je suis très content, alors que d’habitude, je suis effondré quand je perds à Rolland. Donc il faut juste s’arrêter, se calmer. L’année prochaine, on verra. Et si l’année prochaine, ils font tous une mauvaise saison, on dira peut-être que c’est la fin. Mais il ne faut pas tirer des enseignements trop vite sur cette saison."

Où est la relève?

Alors que la génération des "Mousquetaires" approche de la fin de la carrière, la relève peine encore à se montrer. La Fédération française de tennis (FFT) se montre pourtant optimiste pour les années à venir. Le directeur technique national (DTN), Pierre Cherret, convient que du retard a été pris mais défend le virage opéré "il y a trois ans". Cela correspond à l'élection de Bernard Giudicelli à la présidence de la FFT et peut s'entendre comme un argument de campagne à l'approche du nouveau scrutin.

"Allez voir les juniors quand on avait quatre garçons en quarts de finale de l'Open d'Australie (Harold Mayot, Giovanni Mpetshi Perricard, Timo Legout et Arthur Cazaux) trois en demies (Mayot, Legout et Cazaux) et deux en finale (victoire de Mayot face à Cazaux), énumère le DTN. On est sur un vrai cursus de formation, c'est extrêmement important. Diane Parry et Clara Burel (encore engagée à Roland) ont été n°1 mondiales juniors. C'est cette génération qui va arriver. Je vous invite à suivre les 2003 et 2004 qu'on va lancer. On lance de plus en plus jeune les enfants sur le circuit juniors, ils prennent cette expérience. Notre système part de là. Je suis confiant parce qu'on a mis en place ce cursus de formation et on le voit sur les résultats avec les juniors." Des jours meilleurs sont donc promis.

NC