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Trois hommes et un coup fin

La course à la place de n°1 mondial est relancée après la quinzaine parisienne

La course à la place de n°1 mondial est relancée après la quinzaine parisienne - -

On le disait en difficulté : Nadal a remporté son sixième titre à Roland-Garros. On le disait déclinant : Federer a réussi l’un de ses plus beaux tournois à Paris. On le disait imbattable : Djokovic n’a pas passé les demi-finales. Retour sur une quinzaine qui pourrait tout changer dans la lutte pour la place de n°1 mondial.

Nadal, l’inoxydable
On l’attendait en finale, mais certainement pas pour soulever la Coupe des Mousquetaires. Battu par Djokovic à Madrid et à Rome, l’Espagnol est passé tout près de la correctionnelle d’entrée face à Isner. C’est contre Robin Söderling, son bourreau en 2009, qu’il se réveille en quarts. Après avoir marché sur Andy Murray en demies, il fait déjouer Roger Federer et conserve son titre. « J’ai essayé de le mettre en situation inconfortable, il fallait être patient », confiait l’Espagnol après-coup. Avis partagé par la victime. « Rafa te laisse jouer mais il te frustre parce qu’il défend très bien. » Guy Forget, capitaine français en Coupe Davis, est bluffé. « Il a un mental à toute épreuve. Il est dans le panneau du sponsor à cinq mètres de la ligne de fond de court, tu crois qu’il est mort, et il te sort un passing. » Six « Roland » comme Borg, dix tournois du Grand Chelem, une place de n°1 préservée de justesse… Le Majorquin débarque sur l’herbe le moral regonflé. « J’aborde le Queens et Wimbledon avec moins de pression, mais je vais me remettre au travail pour adapter mon jeu. » Dès ce mardi en double et mercredi en simple. On ne change pas un Nadal qui gagne.

Djokovic, le perdant
Il est le principal battu de cette quinzaine parisienne. Ses quatre succès sur Nadal, dont deux sur terre battue (le pré-carré de l’Espagnol), sa victoire à l’Open d’Australie, sa série vertigineuse de 41 matches sans défaite… Le Serbe se conjuguait au superlatif, jusqu’à ce qu’il croise Federer en demies. « Novak avait une énorme pression, il était le plus attendu de nous trois », explique le gentleman suisse. Une défaite qui coûte cher : le record d’invincibilité de McEnroe en 1984 (42 matches) reste debout, et la place de n°1 lui passe sous le nez. Discret depuis, Djokovic a reconnu qu’il avait vécu « les cinq mois les plus beaux de (sa) vie. » Forfait au Queens, le Serbe souffre d’une tendinite rotulienne (genou) qu’il soigne à Monte-Carlo. Nadal et Federer ont démontré qu’ils savaient se remettre d’une cuisante défaite. Au Serbe de montrer qu’il est aussi grand dans les moments difficiles.

Federer, le Phénix
Le Suisse était voué à traverser les Internationaux de France dans la peau du « has been ». Mais le vainqueur 2009 a parfaitement mené sa barque dans l’ombre du Serbe et de l’Espagnol, à tel point qu’il parvint en finale en n’ayant cédé qu’un seul set, contre Djokovic en demies. Magnifique contre le Serbe, l’ex-n°1 mondial a encore buté sur sa bête noire. Cinq matches, cinq défaites dont quatre pour le titre, et seulement quatre sets arrachés à l’Espagnol à Roland-Garros. « Je n’ai pas fait les points décisifs mais la victoire était dans ma raquette, c’est moi qui faisais un peu plus que lui », a estimé le Suisse. On a cependant vu un Federer plus combatif que par le passé. « J’ai moins subi qu’en 2008 », reconnaissait-il. Son succès contre Djokovic est aussi prometteur. « L’un des plus grands matches jamais vus à Roland-Garros », dira Patrice Dominguez, l’ex-DTN du tennis français. Et puis, Wimbledon arrive. « C’est là que tout a commencé », raconte Federer, sextuple vainqueur sur le pré londonien. Et ça recommencera peut-être à partir du 20 juin, dans deux semaines.