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US Open : les raisons de croire au nouveau Monfils face à Djokovic

Qualifié pour la deuxième demi-finale en Grand Chelem de sa carrière sans avoir lâché le moindre set, Gaël Monfils défie Novak Djokovic vendredi pour une place en finale. En douze confrontations, jamais le Français n’a battu le Serbe sur le circuit principal. Mais il n’a jamais semblé aussi proche du numéro 1 mondial.

L’effet Tillström

Les semaines passent et la tendance se confirme. Gaël Monfils, tout juste 30 ans, semble avoir trouvé le bon équilibre au sein de son entourage. L’homme qui a accompagné ce renouveau s’appelle Mikael Tillström, ancien bon joueur suédois. Monfils l’a appelé en octobre dernier. Et la mayonnaise a pris. Tillström a su trouver les mots pour canaliser l’énorme potentiel du Français, si frustrant d’inconstance depuis ses débuts. On l’a senti dès l’Open Australie. Monfils le confiait : « Je suis mieux ». Tout en restant discret sur son nouveau fonctionnement. On loue depuis des semaines sa détermination, son implication. Tillström n’a pourtant pas transformé Monfils en une bête de foire obnubilée par la fonte et des séances à rallonge. Les entraînements restent agrémentés d’un peu de fun. Mais il a trouvé le bon équilibre.

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La forme de sa vie

Gaël Monfils en demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem, on n’avait pas vu ça depuis huit ans et un dernier carré à Roland-Garros. Si la Porte d’Auteuil est son jardin, New-York et son ambiance pop-corn collent à son tempérament. Depuis le début de la quinzaine, le Français n’a lâché aucun set. Un enchaînement qui prolonge deux derniers mois au sommet, seulement battu lors de ses 21 derniers matches par Kei Nishikori et… Novak Djokovic. Le Français pointera (au moins) au 8e rang mondial lundi. A la Race, il est solidement installé à la 5e place. Le voilà quasiment qualifié pour le Masters. Physiquement, il rayonne. Sa balle est lourde et sa couverture de terrain impressionnante. Des qualités tennistiques auxquelles il faut allier un mental inoxydable.

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L’incertitude Djoko

Le bilan de leurs confrontations est impitoyable. Djoko (29 ans) mène (12-0) face à son aîné tricolore sur le circuit principal. Monfils a pourtant déjà vaincu le Serbe. C’était en 2004, lors d’un tournoi Future, la 3e division du tennis, à Bergame. Si l’on s’en tient aux chiffres, Monfils n’a donc aucune chance. Mais on ignore tout de la forme réelle de Djoko. Pour en arriver là, le numéro 1 mondial a battu un record. Jamais en Grand Chelem un joueur n’avait bénéficié de trois retraits (un forfait, deux abandons) pour rallier les demi-finales. Djokovic a passé 6h26’ sur le court à New-York et disputé 84 jeux. Idéal pour soigner ses bobos au bras et au poignet mais plus difficile pour se mettre dans le rythme. A ces incertitudes s’ajoute le degré d’implication du Serbe, moins dominateur depuis la victoire qu’il attendait tant à Roland-Garros. Après une séquence d’archi-domination, Djoko semble avoir besoin de retrouver un peu d’appétit.

Maintenant ou jamais

On n’imagine pas Monfils ne plus jamais battre Djoko, alors pourquoi pas maintenant ? Il y a bien sûr un brin d’auto-persuasion là-dedans. Et même si Monfils voit en Djokovic un meilleur tennisman que lui, à la manière d’un Lucas Pouille face à Rafael Nadal, il doit se persuader que c’est possible. Même si ça sera dur. « Généralement, Gaël se fait asphyxier tout de suite. Il n’arrive pas à tenir sa cadence. Il n’arrive pas tenir Djoko éloigné de sa ligne. Je ne suis pas sûre qu’il ait le tennis pour gêner Djoko, estime Sarah Pitkowski, membre de la Dream Team RMC Sport. Mais s’il y a bien un moment où le faire ça serait là. Quand tu perds systématiquement contre le même joueur mais que tu es proche au classement, à un moment, la roue doit tourner. » Vendredi ?

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la rédaction