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Wimbledon: le père de Benoît Paire "l’a pris pour Neymar"

Benoit Paire

Benoit Paire - AFP

Benoît Paire a remporté mardi son premier tour face à un lucky loser. Et c’est un petit miracle, car il est resté allongé pendant 48 heures, victime d’une fissure au ménisque gauche, avant son entrée en lice à Wimbledon. La douleur a finalement disparu et le père du joueur français a même cru à une simulation digne de Neymar.

"Quand j’étais écroulé par terre, mon père croyait que je faisais du cinéma. Il me disait: 'Allez lève toi !'. Je suis peut-être une petite nature, c’est vrai, mais j’avais mal. Il m’a pris pour Neymar, il est addict à la Coupe du monde." On imagine très bien la scène dans la maison que Benoît Paire loue à proximité de Wimbledon. Au bord du forfait dimanche, l’Avignonnais s’est miraculeusement rétabli au point de franchir le premier tour mardi face à un lucky loser, l’Américain Jason Jung (7-5, 7-6, 6-4). 

Paire victime d’une fissure du ménisque

Habitué il y a encore quelques mois à "fissurer" dans sa tête quand un match tourne mal, Benoît Paire a vécu une autre fissure, bien plus handicapante. "Samedi, j’étais en train de marcher vers à la maison et mon genou gauche s’est bloqué, raconte-t-il. Le coup de poignard! Pendant deux jours, je ne pouvais plus marcher. J’ai passé une IRM, qui a révélé une fissure du ménisque. J’ai passé une première nuit horrible. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Dès que je me tournais, j’avais une douleur extrême."

Paire: "Face à Andy Murray, j’aurais déclaré forfait"

En discutant avec plusieurs médecins, dont Bernard Montalvan (ndlr, le docteur de l’équipe de France de Coupe Davis), il a espéré que la douleur s’estompe. "Une telle fissure - a priori ancienne -, ça peut passer après 48 heures car le genou n’avait pas enflé, explique-t-il. Et effectivement, mardi, je n’ai pas eu mal du tout." 

Le Français peut également remercier Andy Murray, son adversaire initial. "Si j’avais dû jouer Andy sur le Central, j’aurais déclaré forfait. Mais il s’est retiré avant moi…, a concédé Paire. Et avec ce nouvel adversaire, j’ai voulu tenter le coup. J’ai été solidement strappé pour solidifier le genou et ça a tenu..."

Paire blessé mais mieux dans sa tête

Maintenant, Benoît Paire n’a aucune certitude que l’évolution de la lésion. "On m’a dit que Thierry Champion avait joué avec une fissure au ménisque genou…, a enchaîné le Français. La douleur peut se déclencher de nouveau. Et là, c’est arrêt de suite et petite opération. J’ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête…"

Mais "Ben" le vit plutôt bien. Car les fissures au niveau du cerveau ont disparu. "Je me sens évoluer, j’ai franchi un cap, assure-t-il. Je ne me force pas à ne pas m’énerver. Je me dis que j’ai perdu du temps avant. J’ai été con de m’énerver pour rien. Le match face à Federer à Halle (ndlr, il s’est procuré deux balles de match) m’a aussi donné beaucoup de confiance."

Eric Salliot