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Coville : « Techniquement, mentalement et physiquement dans le rouge »

Thomas Coville

Thomas Coville - AFP

Invité du Super Moscato Show, ce mercredi sur RMC, Thomas Coville a évoqué ses ambitions pour la Route du Rhum qui démarre ce dimanche de Saint-Malo et dont il fait partie des favoris dans la classe Ultime. Pour cette course, le skipper de Sodebo s’est préparé… en haute montagne.

Thomas, comment appréhendez-vous votre première compétition sur ce bateau ?

On ne s’est pas beaucoup confronté aux autres et on n’en avait pas trop envie. On était dans un timing assez serré pour reconstruire ce bateau. On a repris le Geronimo d’Olivier de Kersauson pour en faire un bateau compétitif. On n’avait que deux ans pour le faire. Ça paraît beaucoup, mais en même temps c’est très court pour le construire et le mettre au point. Finalement, on n’avait pas tellement envie de donner des informations à nos concurrents pour qu’ils sachent où on en est. Dimanche, à 14h, on sera fixé.

Vous êtes réputé pour être l’un des skippers qui travaillent le plus physiquement. Est-ce impossible de maîtriser un aussi gros bateau sans être au top ?

Je pense que c’est possible de le faire quand on n’est pas dans une forme optimale physiquement. La preuve, Loïck Peyron va le faire. Mais c’est un atout indéniable pour aller plus vite. C’est tout simplement pour mettre plus de chances de mon côté que je m’entraîne et c’est aussi parce que, très honnêtement, c’est mon hygiène de vie. J’aime ça. Je fais tous les sports un peu cardio : vélo, course à pied mais aussi beaucoup de montagne. Il y a un mois, je me suis offert un sommet très technique qui s’appelle l’Aiguille Verte (en Haute-Savoie, ndlr) et qui culmine à 4300m. C’est un sommet beaucoup plus compliqué que le Mont-Blanc et ça demande un engagement. C’est de l’alpinisme, avec les crampons et les piolets, pour 15 à 20 heures d’efforts. C’est un peu comme nous (les skippers, ndlr) : on se met techniquement, mentalement et physiquement dans le rouge en même temps. Là, tu es encordé à un guide mais si tu te rates, tu l’emmènes et tu es mort.

Vous êtes cité comme l’un des grands favoris de la course. Etes-vous d’accord avec cela ?

Dans cette course, je pense que tout le monde a envie de gagner. C’est une course très ouverte pour une fois car, à un moment de la course, chacun aura sa chance. Il y a des bateaux plus gros que Sodebo, comme par exemple celui de Yann Guichard (Spindrift 2) qui fait 40 mètres. Le nôtre n’en fait « que » 32.