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Sport à l’école: "En France, c'est limite dégradant d'être fort en sport", dénonce Mayer

Dans une interview au Figaro, le vice-champion olympique du décathlon Kevin Mayer a évoqué le rang infime qui est accordé au sport dans le système éducatif français.

Kévin Mayer s’attriste de constater le peu de valeur et de reconnaissance qui sont accordées aux sportifs en France, et notamment aux jeunes qui souhaiteraient se démarquer à travers la pratique d’un sport pour s’élever socialement et réussir dans la vie. Un choix trop peu encouragé à son goût dans le processus d’apprentissage à l’école. "En France, c’est limite dégradant d’être fort en sport, regrette le vice-champion olympique de décathlon à Tokyo dans une interview au Figaro. Tout ce qui est fait en France pour encourager les gens à faire du sport l’est pour la santé, ce qui est très bien, mais rien ne nous encourage à nous mettre en avant par le sport."

Mayer: "Faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent exister par le sport"

A l’occasion d’une cérémonie en l’honneur des médaillés des Jeux de Tokyo, le président de la République Emmanuel Macron était revenu sur la passe d'armes estivale entre certains sportifs médaillés et Jean-Michel Blanquer, ministre des Sports, qui avait vu dans le succès des sports collectifs français aux JO de Tokyo un succès de l'Education physique et sportive (EPS), s'attirant les critiques de certains champions. "On ne forme pas de futur champion à l'école mais on peut y faire naître des vocations", avait alors nuancé le chef de l'Etat. Kevin Mayer ne partage pas du tout cet avis.

"À l’école, tout est fait pour faire comprendre aux enfants qu’il vaut mieux avoir une bonne note en mathématiques qu’en sport. Et encore, quand on est nul en sport, on obtient quand même des notes correctes alors qu’en maths les professeurs n’hésitent pas à mettre des 2 ou des 3 sur 20. En sport, pour avoir 2 sur 20, il faut courir le 100m en dix minutes. A l’école, la culture de la gagne en sport est tout simplement inexistante. L’opinion publique critique certains sportifs français qui ne donnent pas tout aux Jeux, mais on ne leur a jamais appris à le faire. Le problème est dans l’éducation sportive. Il faut faire comprendre aux enfants qu’ils peuvent exister par le sport."

Entre difficulté d’organiser le contenu des séances et temps de classe incompressibles, le sport peine encore à se faire une place de choix dans l’emploi du temps des enfants et la hiérarchie des disciplines à l'école, et ce dès le plus jeune âge. En lien avec le ministère de l’Education nationale de la Jeunesse et des sports, les fédérations sportives ont mis en place des conventions pour réduire la distance, encore trop grande, entre le sport scolaire et le monde sportif.

Selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale, relayés dans une enquête de Ouest France, environ un élève sur cinq est licencié dans une fédération sportive scolaire. Mais les restrictions liées à la pandémie ont fait fondre le nombre de pratiquants, tombé à un peu plus de 600.000 en UNSS (collège et lycée) l’année passée, soit une baisse de 40 %.

QM