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Tour de France: 5 questions avant la première arrivée en montée à Orcières-Merlette

Une arrivée au sommet à Orcières-Merlette dès la 4e étape du Tour de France. C'est le menu proposé par les organisateurs avec cette montée finale d'un peu plus de 7 kilomètres à plus de 6% de pente moyenne. Avant ce premier rendez-vous au sommet, voici 5 questions que l'on se pose en attendant les nouveaux enseignements du jour.

Julian Alaphilippe va-t-il garder son maillot jaune?

"Un maillot jaune, ça se défend et ça se respecte", disait Julian Alaphilippe dès dimanche soir au terme de son coup de force à Nice, lors de la 2e étape. S'il a pu "économiser de l'énergie" ce lundi, le Français s'attend logiquement à être attaqué dans la montée d'Orcières-Merlette. Adam Yates, son plus proche poursuivant, n'est qu'à 4 secondes du général. S'il venait à distancer Alaphilippe dans la montée ou prendre des bonifications à l'arrivée, le Britannique récupérera la tunique de leader.

En jaune au soir de la 3e étape l'an passé avec sa victoire à Epernay, Julian Alaphilippe avait perdu son bien lors de la première arrivée au sommet de la Planche des Belles-Filles. Pourtant, le coureur de la Deceuninck avait surpris en surgissant dans les pentes terribles de la montée vosgienne. Mais troisième des favoris ce jour-là, Giulio Ciccone lui avait récupéré le maillot jaune à la faveur d'une échappée matinale non-maîtrisée par le peloton. Cette situation pourrait se reproduire à nouveau, même si son équipe a certainement retenu la leçon. 

Physiquement en tout cas, Julian Alaphilippe semble en mesure de rivaliser avec les favoris, voire de leur reprendre du temps en gagnant l'étape s'il est dans une excellente journée. La montée finale longue de 7,1 kilomètres à 6,7% de pente moyenne n'est pas insurmontable pour lui. Pour l'heure, il ne représente pas une menace pour la victoire finale et les équipes des principaux leaders chercheront surtout à se tester, sans forcément vouloir le mettre hors-jeu ni à répliquer impérativement en cas d'attaque de sa part.

Pinot, remis de sa chute? 

Thibaut Pinot s'est fait très peur lors de la première étape à Nice. Le protégé de Marc Madiot a glissé à 3 kilomètres de l'arrivée sur la Promenade des Anglais, comme beaucoup d'autres. Le bilan médical ne faisait état principalement que de traumatismes au niveau du genou et de l'épaule droite. En clair, aucune fracture, ce qui ressemblait déjà à une bonne nouvelle.

S'il s'est accroché dimanche dans le groupe des favoris, la montée du jour ne pourra pas lui permettre de se cacher, d'autant plus si les autres leaders se jouent la victoire d'étape. Mais s'il sera forcément un peu gêné par quelques douleurs, la confiance reste de mise dans le clan Groupama-FDJ. "On n'est encore qu'au début du Tour, et surtout, les séquelles de la chute sont encore fraîches, indiquait son directeur sportif Thierry Bricaud lundi soir au site de son équipe. On verra comment les organismes réagissent. A priori, ce n'est pas un terrain de jeu pour faire de gros écarts".

Des doutes à lever pour Roglic et Bernal

Course de préparation du Tour de France, le Critérium du Dauphiné donne toujours des indications. Avant d'abandonner sur chute, Primoz Roglic s'était montré impérial, en réglant à deux reprises les favoris dans des arrivées au sommet. Bandé au coude gauche et annoncé un peu diminué, certains observateurs estiment que le Slovène bluffe son monde. Vers la station d'Orcières-Merlette, le leader de la Jumbo-Visma sera obligé de dévoiler ses cartes voire de montrer ses faiblesses éventuelles. Ou de rappeler à tout le monde une nouvelle fois qu'il est bien l'homme à battre. 

A l'image de Primoz Roglic, Egan Bernal n'a pas terminé le Critérium du Dauphiné. Mais de son propre chef, prétextant au départ de l'avant dernière-étape des douleurs au dos pour sécher la fin de course. Problème: le Colombien a rapidement été aperçu à l'entraînement le même jour. Vainqueur sortant, Egan Bernal ne pourra pas brouiller les pistes à nouveau. Même si, pour l'un comme pour l'autre, ils attendront surtout d'autres rendez-vous pour s'expliquer. 

Les favoris vont-ils se découvrir?

Une arrivée au sommet dès la 4e étape du Tour de France a de quoi réjouir les suiveurs. Mais aussi d'effrayer peut-être certains favoris, estimant que la route est encore longue et le menu copieux jusqu'à Paris. Si on peut espérer des attaques, la configuration de l'étape se prête aussi à une explication dans les deux ou trois derniers kilomètres de l'étape, après un train soutenu en principe des Jumbo-Visma ou des Ineos Grenadiers.

Difficile de s'attendre donc à de gros écarts. Mais quelques outsiders ne sont qu'à 17 secondes du maillot jaune et auront peut-être l'ambition de faire coup double avec une victoire d'étape en prime. "Si j'ai des bonnes jambes, j'essaierai de faire quelque chose", a déjà promis le Slovène Tadej Pogacar (21 ans), encore inconnu du grand public mais prétendant à un podium à Paris. 

Quels rôles pour Bardet et Martin? 

Le sport oublie vite. Deux fois sur le podium du Tour de France en 2016 et 2017, Romain Bardet n'est plus cité cette année dans les favoris à la victoire finale. Le leader de la formation AG2R La Mondiale, qui rejoindra Sunweb l'an prochain, apparaît aussi dans un entre-deux avec la volonté de rester placé au général et la tentation de jouer les étapes. A lui désormais de prendre des risques, et pourquoi pas dès ce mardi.

Même constat pour Guillaume Martin, qui bénéficiera certainement de quelques libertés en cas d'attaque, même s'il a terminé 3e du dernier Critérium du Dauphiné. Pour son équipe Cofidis, c'est surtout une victoire d'étape qu'on attend depuis 2008. Au vu de la forme du moment, Guillaume Martin a le profil du leader qui ne voudra certainement pas attendre un "sprint" au sommet entre les favoris. 

Guillaume Lepère