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Cyclisme: Pinot ne croit plus en ses chances de gagner le Tour de France

Dans un long entretien à L'Equipe, le grimpeur de la Groupama-FDJ Thibaut Pinot s'exprime sur son retour à la compétition, ce mardi sur le Tour du Limousin. Semblant enfin remis de son mal de dos, le Français explique retrouver du plaisir sur le vélo mais ne veut pas entretenir le mythe d'une victoire sur le Tour de France.

On l'attendait depuis de longs mois. Ce mardi, l'impatience va laisser place au plaisir de le retrouver au départ du Tour du Limousin, sa première compétition depuis avril dernier.

Le grimpeur de la Groupama-FDJ Thibaut Pinot, remis de ses douleurs au dos qui l'ont handicapé sur le vélo, est prêt à effectuer son grand retour à la compétition. Reste à savoir dans quel état de forme il se trouvera et s'il pourra vraiment se mêler à la lutte pour des victoires de prestige.

"La chance de 2019, je ne suis pas sûr de la ravoir un jour"

Dans un long entretien accordé à L'Equipe, si la Français confesse sa volonté de "gagner des courses" et "se battre pour la victoire" - moteur de tout sportif de haut niveau - il tente de mettre à l'écart toute l'attente et la pression qui reposent sur ses épaules. Interrogé sur le fait de se sentir investi d'une mission, Pinot coupe rapidement court à celles et ceux qui voudraient le voir remporter le Tour de France.

"Pour moi, la chance de 2019, je ne suis pas sûr de la ravoir un jour, a estimé le leader de la Groupama-FDJ. (...) Beaucoup savent qu'elle est passée. Moi aussi je pense (...) Je ne suis pas sûr que d'ici la fin de ma carrière, la possibilité se représente."

Pinot "prêt" pour son grand retour

Aujourd'hui, le Franc-Comtois veut avant tout retrouver du plaisir après des semaines d'inquiétude, malmené par un dos qui l'a beaucoup fait souffrir, et cela depuis le Tour de France l'an passé. Le grimpeur de 31 ans révèle "avoir trop forcé", y compris en tentant de vouloir préparer la Vuelta dans la foulée. De quoi nourrir des regrets mais tout cela est derrière lui assure-t-il, même si une appréhension est toujours présente: "Dans ma vie quotidienne, j'ai toujours peur de faire un faux mouvement, de porter quelque chose qu'il ne faut pas et que ça redéclenche tout le bordel", dévoile-t-il.

Questionné sur la dernière édition de la Grande Boucle, Pinot explique qu'il l'a regardé mais qu'il n'a pas beaucoup apprécié les chutes et les parcours en début de Tour: "La moitié de ceux qui faisaient le général sont tombés. Pendant la première semaine, j'étais encore en colère contre tout ça. C'est vraiment remonté en moi. Mais j'ai l'impression qu'il n'y a rien à faire, les coureurs ne sont pas écoutés du tout."

Le Français espère une course moins nerveuse pour son retour ce mardi. Capable d'enchaîner de nouveau les kilomètres et les ascensions sans mettre sa santé en danger, Pinot, porte-étendard des "champions humains", adulé par les foules, sait quoi qu'il arrive que sa cote d'amour n'est pas prête de baisser.

CP