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Tour des Flandres: AG2R dénonce l’exclusion de Schär pour un jet de bidon

Michael Schär

Michael Schär - @IconSport

L'équipe AG2R Citroën a dénoncé le traitement injuste réservé par la direction de course du Tour des Flandres à Michael Schär, disqualifié pour avoir jeté un bidon en dehors de la zone prévue. Une sanction jugée disproportionnée.

Après la polémique du bidon distribué trop tard à Julian Alpahilippe en septembre dernier sur le Tour de France (ce qui lui avait coûté alors une pénalité et le maillot jaune de leader), c'est cette fois la polémique du bidon jeté au mauvais endroit.

Michael Schär (AG2R Citroën) a été disqualifié du Tour des Flandres ce dimanche après avoir jeté un bidon en dehors des zones de collecte, en direction de spectateurs au bord de la route. Un geste interdit depuis le 1er avril par l'UCI. Les arbitres ont donc appliqué le règlement à la lettre pour la toute première fois. Le coureur, prévenu par une moto de commissaires de course, s'est tout de suite rendu compte de son erreur, ce qui n'a pas empêché la décision d'être entérinée.

"Le premier coureur qui allait jeter un bidon, on n'allait pas le rater, mais ils ont manqué de lucidité, ça ne méritait pas une exclusion, a réagi Julien Jurdie, directeur sportif d'AG2R Citroën après la course. Ce n'est pas comme si le règlement existait depuis six mois ou un an et qu'on nous tapait dessus tous les week-ends. C'est la première fois. Il sort de deux changements de vélo énervé à cause d'ennuis mécaniques, on arrive dans un endroit stratégique où il doit bosser pour Greg Van Avermaet, on change de vélo, il jette un bidon auprès de spectateurs, donc c'est clair qu'on était très surpris."

La mise en garde de Van Avermaet

Julien Jurdie n’en revenait pas lorsque la décision lui a été annoncée à la voiture des directeurs sportifs. "Le directeur de course est venu vers nous. En plus, il a commencé à me parler en flamand, mais je ne comprenais pas, on croyait que c'était pour demander un renseignement sur Mikki Schär, et quand on a compris qu'il fallait arrêter notre coureur, on a cru que c'était un gag. On s'est dit: 'On n’est pas le 4 avril, mais le 1er avril'. On trouve cette sanction très sévère. Il va falloir trouver des solutions parce que, sur certaines courses, il n'y aura pas beaucoup de coureurs à l'arrivée."

L'Américain Kyle Murphy fut le premier coureur sanctionné en application de ce règlement samedi, lors du GP Indurain, en Espagne. La sanction est différente en fonction des courses. Si le coureur est disqualifié sur les classiques, les sanctions évoluent dans les courses par étapes, et vont de 30 secondes de pénalité jusqu’à deux minutes, dernier avertissement avant que le coureur soit mis hors course.

"Les coureurs font leur possible pour faire entrer tous les déchets dans leurs poches, a commenté un coéquipier de Michael Schär, le Belge Greg Van Avermaet, troisième derrière Asgreen et Van Der Poel. Un bidon en Belgique, en Flandres, quand il y a des supporters, il faut leur donner. Il faudra faire très attention. Arrêter une course comme ça, c'est dommage."

Arnaud Souque