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Meunier répond à ses haters: "Qu’est-ce que vous avez à faire de votre vie?"

Dans une interview accordée à la RTBF, Thomas Meunier dénonce le cyberharcèlement commis par des supporters sur les réseaux sociaux. Le latéral belge du Borussia Dortmund s'en prend aussi au laxisme des plateformes.

Thomas Meunier et les réseaux sociaux, une longue histoire de désamour. Dans le collimateur de certains supporters du Paris Saint-Germain pour son attitude, souvent critiqué pour ses performances au Borussia Dortmund, le latéral droit est désormais de plus en plus apostrophé à cause des déboires physiques d'Eden Hazard.

De nombreux internautes le tiennent pour responsable des blessures à répétition de l'ailier du Real Madrid, à cause d'un choc survenu lors du match de Ligue des champions avec le PSG. Alors à ses détracteurs, Thomas Meunier a lâché dans une interview publiée ce samedi par la RTBF: "Qu’est-ce que vous avez à faire de votre vie?"

"C’est impossible de rester insensible. Si ça ne touchait que moi je pense que j’arriverais à manager ça sans trop de souci. Mais mes proches voient aussi ce qui se passe. Et ça les affecte eux. Donc s’ils sont touchés, moi aussi je le suis", confie le joueur de 29 ans.

"Je reçois des messages qui m’insultent sur internet je m’en fous. Mais eux, ça les touche, dit-il aussi. Ils se disent: comment est-ce possible? De se connecter le matin à 8h30 et le premier message que t’écris c’est "va te faire..." Des fois je me dis: qu’est-ce que ces gens ont à faire dans leur vie? Est-ce qu’ils ont tant de problèmes que ça pour en vouloir à la terre entière? Et donc comme ça affecte mes proches, c’est ça qui est plus dérangeant".

"Que ces grandes multinationales fassent quelque chose"

Thomas Meunier pointe aussi la responsabilité des plateformes, dont les problèmes de modération sont bien connus: "Facebook n’est plus un site pour retrouver des potes. C’est devenu un exutoire. Twitter à la base c’est pour l’actu. Maintenant, il y a des gens qui se suicident parce qu’ils sont victimes de cyberharcèlement. (...) Tout ce que je peux dire, c’est qu’il faudrait que ces grandes multinationales qui possèdent ces réseaux sociaux fassent quelque chose pour les jeunes qui ne vont grandir qu’avec ça et qui auront des problèmes dans le futur suite à ça".

Cet avis est partagé par Thierry Henry qui, la veille, a annoncé son retrait des réseaux sociaux en signe de protestation. "À partir de demain matin, je me retirerai des réseaux sociaux jusqu'à ce que les personnes au pouvoir soient en mesure de réglementer leurs plates-formes avec la même vigueur et la même férocité qu'elles le font actuellement lorsque vous enfreignez le droit d'auteur", a écrit l'entraîneur français, scandalisé par "le volume considérable de racisme, d'intimidation et de torture mentale" que les victimes de cyberharcèlement subissent.

https://twitter.com/julien_absalon Julien Absalon Journaliste RMC Sport