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Coupe du monde 2022: l'ancien n°2 de la Fifa pointe un "revirement" de Platini vis-à-vis du Qatar

Jérôme Valcke, ancien numéro deux de la Fifa, estime dans un entretien au journal Le Monde que ce sont les Européens qui ont fait pencher l'attribution de la Coupe du monde 2022 pour le Qatar, évoquant "un revirement" de Michel Platini dans ce dossier.

Ancien secrétaire général de la Fifa, le Français Jérôme Valcke vide son sac sur la Coupe du monde 2022. Dans une interview parue mardi dans Le Monde, l'ancien numéro deux de l'instance dirigeante mondiale du football considère que le Qatar n'aurait pas pu décrocher l'organisation du tournoi sans l'aide de Michel Platini, à l'époque président de l'UEFA.

"Les votants européens ont fait pencher la balance. Si Michel Platini n’avait pas décidé d’aller au Qatar, le Qatar n’aurait pas eu la Coupe du monde", estime Jérôme Valcke, qui évoque ensuite un déjeuner supposément organisé le 23 novembre 2010 à l'Élysée avec l'ancien footballeur, le président Nicolas Sarkozy, le prince qatari héritier Tamim ben Hamad al Thani (devenu émir en 2013) et l'ancien premier ministre qatari Hamad ben Jassem al Thani.

"Je n’accuse pas Sarkozy ou Michel de corruption, mais il y a clairement eu un changement d’opinion des Européens. Il y a eu un revirement, un changement soudain chez Michel qui est lié à quelque chose. Soit une prise de conscience que le Qatar était le meilleur candidat, soit un déjeuner où tout ça a été discuté. Avant, Michel était pro-Etats-Unis", constate Jérôme Valcke, qui épargne au passage Sepp Blatter, président de la Fifa à cette période.

"Pas de preuve que quelqu'un ait touché quoi que ce soit du Qatar"

L'attribution du Mondial 2022 s'est déroulée le 2 décembre 2010, soit quelques jours après le déjeuner controversé. Le Qatar était en concurrence avec les États-Unis. Le scrutin a nécessité quatre tours, bien que l'émirat ait failli remporter la mise dès le premier suffrage.

"Les Qataris ont été offensifs dès le départ et ont fait la différence par rapport aux autres candidats grâce à leurs actions de promotion. Le Qatar a fait cent fois plus que les autres, qui ont abordé cette campagne de manière plus classique.. (...) Tous ceux qui ont voté pour le Qatar l’ont justifié pour des raisons politiques : le fait de donner le Mondial au monde arabe. Ce fut une décision politique et les aléas de l’organisation étaient moins essentiels aux yeux des partisans du Qatar", analyse Jérôme Valcke.

À propos des accusations de corruption, Jérôme Valcke assure avoir "cherché", mais observe que "personne n'a rien trouvé" et qu'il "n'y a pas de preuve aujourd'hui que quelqu'un ait touché quoi que ce soit du Qatar".

Platini ne veut pas réagir aux propos de Valcke

L'entourage de Michel Platini a fait savoir à l'AFP que ce dernier n'avait "aucune réaction" à ces déclarations: "Ces propos lui appartiennent et il n'est pas et n'a jamais été le confident de Michel Platini".

Une enquête de la justice française est ouverte pour "corruption active et passive" portant sur cette attribution controversée du Mondial 2022. Le déjeuner du 23 novembre 2010 est au cœur du dossier. Michel Platini, qui avait voté pour le Qatar, a été placé en garde à vue en 2019 dans ce dossier, avant de ressortir libre sans aucune charge retenue contre lui. Sepp Blatter a été entendu comme témoin par les enquêteurs français en novembre 2021.

https://twitter.com/julien_absalon Julien Absalon avec AFP Journaliste RMC Sport