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Coupe du monde: le zéro pointé des équipes africaines (mais certaines nous ont fait vibrer)

Alors que la phase de groupes du Mondial se termine, il ne reste plus aucun pays africain en lice. L'Egypte, le Maroc, le Nigeria, la Tunisie et le Sénégal sont éliminés avant les 8es de finale. Un bilan forcément en deça des promesses initiales.

La statistique parle d'elle même: pour la première fois depuis 1982 - soit 36 ans - aucune nation africaine ne sera présente lors de la phase à élimination directe d'une Coupe du monde. Un constat inquiétant et décevant pour les cinq pays engagés. D'autant que tous, hormis peut-être l'Egypte, peuvent nourrir des regrets. Tour d'horizon.

L’Egypte: un Mondial à oublier

La bande à Mohamed Salah était attendue en Russie. Pour leur troisième participation au Mondial, les Pharaons avaient une vraie chance de sortir du groupe A, composé de la Russie, l’Uruguay et l’Arabie saoudite. Si la Céleste paraissait intouchable pour la première place, prendre la deuxième position devant la Russie semblait dans leurs cordes. Les Egyptiens ont déchanté dès le deuxième match. Malgré le retour de leur star - absente contre l’Uruguay - la formation d’Hector Cuper a été bien trop timide face au pays hôte pour entretenir l’espoir. L’ultime revers contre l’Arabie saoudite ne sera qu’une confirmation: le finaliste de la Coupe d’Afrique des nations n’avait pas les épaules. L’Egypte devait montrer l’exemple aux autres nations africaines, les faibles performances et la polémique Kadyrov - qui a secoué Mo Salah - l’ont enterré.

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Le Maroc: éliminé avec panache

Placés dans un groupe parmi les plus relevés de cette Coupe du monde, les Marocains terminent leur aventure russe avec un point au compteur. Un nul 2-2 glané contre l’Espagne au terme d’une superbe rencontre qui peut laisser des regrets aux hommes d’Hervé Renard. Car au final, plus que la VAR, les Lions de l’Atlas vont regretter longtemps ce but contre-son-camp dans les dernières minutes face à l’Iran (1-0). Au terme d’une partie spectaculaire parfois, engagée tout le temps, la maladresse de Bouhaddouz fait basculer le Maroc vers une mission quasi-impossible. Obligés de vaincre le Portugal ou l’Espagne pour s’en sortir, le Maroc a vendu chèrement sa peau mais manque de réussite. L’idée de jeu et la combativité restera dans les esprits. Les Marocains auraient sans doute espéré mieux.

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Le Nigeria: si près des 8es

Les Nigérians étaient en 8e de finale. C’était quasi-acté. Jusqu’à la 86e minute du troisième et dernier match face à l’Argentine et une reprise de Rojo sur un centre parfait de Mercado… Les Super Eagles de Gernot Rohr ont failli renverser Lionel Messi, mais failli seulement. Le gros coup n’était pas loin. Après une défaite inaugurale assez cruelle contre la Croatie (0-2), la victoire face à l’Islande (2-0), grâce notamment à une très belle deuxième période, avait remis les Nigérians sur de bons rails. Encore jeune, l’effectif a toujours du temps pour grandir. Ahmed Musa et consorts reviendront sûrement. Le temps de glaner un peu d’expérience. Et d’oublier ces quatre dernières minutes...

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La Tunisie: un groupe trop difficile

À l’image des Marocains et (un peu) des Nigérians, les Tunisiens n’ont pas hérité d’un groupe simple. Passer devant la Belgique ou l’Angleterre, le challenge était sérieux. Mais les Aigles de Carthage ont sans doute vus l’espoir s’envoler au bout du temps additionnel face aux Three Lions (1-2). La faute à un Harry Kane présent, comme souvent, au bon endroit au bon moment. Courageux, les hommes de Nabil Mâaloul ne méritaient peut-être pas cette défaite. Au contraire de leur match loupé face aux Belges (2-5), nettement plus inquiétant. Sa victoire contre le petit poucet du groupe - le Panama (2-1) - sera le seul lot de consolation.

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Le Sénégal: une fin si cruelle

Eliminés pour une histoire de cartons jaunes. Le coup est rude pour Aliou Cissé et ses hommes, même si le sélectionneur sénégalais a fait preuve de beaucoup de classe après cette élimination étrange. À égalité avec quatre points, la même différence de buts générale et particulière ainsi que le même nombre de buts marqués, c’est au fair-play que le Japon s’est qualifié. Trois fois rien, en somme. Sadio Mané et consorts peuvent regretter de ne pas avoir trouver la faille face aux Cafeteros (0-1). Comme d’avoir concédé ce nul face au Japon alors qu’ils tenaient le match en main (2-2). Pour leur deuxième Coupe du monde, les Lions ne ré-éditeront pas leur performance de 2002, où ils avaient lâché prise en quart de finale.

C.P.