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Equipe de France: ceux qui ont marqué des points, ceux qui en ont perdu avant l'Euro

A quelques semaines de l'annonce de la liste des joueurs retenus pour l'Euro 2021, certains Bleus se sont illustrés lors des premiers matchs de qualification pour la Coupe du monde 2022. D'autres auraient pu ou dû faire beaucoup plus.

Trois matchs disputés en huit jours, sept points pris et à la clé la première place du groupe D. Plutôt efficace à défaut d'être flamboyante, l'équipe de France est bien lancée dans les qualifications de la Coupe du monde 2022. Après un premier accroc contre l'Ukraine (1-1) au Stade de France, les champions du monde ont bien géré leurs déplacements au Kazakhstan (2-0) et en Bosnie-Herzégovine (1-0). A quelques mois de l'annonce de la liste pour l'Euro (11 juin-11 juillet), qui devrait tomber le 17 ou 18 mai prochain, certains joueurs ont profité de ce marathon de matchs pour marquer des points auprès de Didier Deschamps. D'autres ont pu constater qu'il leur faudrait redoubler d'efforts dans les prochains semaines pour espérer faire partie des 23 élus (ou plus si l'UEFA autorise une liste élargie).

Dembélé est sorti du lot

Il est très certainement le grand gagnant de ce rassemblement. Même s'il n'a été titulaire que lors du deuxième match à Noursoultan. Très attendu pour son retour en sélection, plus de deux ans après sa dernière convocation, Ousmane Dembélé a répondu présent. Après son entrée en jeu face à l'Ukraine, le Barcelonais a confirmé son état de forme actuel en marquant au Kazakhstan d'une belle frappe du droit en première période. Au-delà de son but, son troisième avec les Bleus, il a affiché beaucoup d'envie et de détermination, y compris dans son repli défensif. Sa polyvalence, son côté imprévisible et sa faculté à pouvoir éliminer un adversaire sur un dribble en font assurément un joueur à part. Difficile aujourd'hui d'imaginer l'Euro se disputer sans lui.

Lemar convaincant dans un rôle hybride

Lui aussi rappelé par Deschamps après une longue absence, Thomas Lemar n'a sans doute pas marqué autant les esprits que Dembélé. Mais il a su se montrer. Aligné contre le Kazakhstan et la Bosnie dans un rôle hybride de milieu gauche très intérieur, comme l'avait été Blaise Matuidi lors du Mondial en Russie ou plus récemment Adrien Rabiot face au Portugal en Ligue des nations, l'ancien Monégasque a été précieux. Par son activité, sa qualité technique et sa capacité à prendre des risques dans l'avant-dernière passe. Certes, son influence aurait pu être encore plus importante. Et Deschamps aurait sans doute voulu le voir créer encore davantage. Mais il sait qu'il tient avec Lemar, en passe de s'imposer à l'Atlético, un élément qui peut aussi bien apporter côté gauche que dans le cœur du jeu, notamment face à des blocs bas et regroupés. S'il continue sur sa lancée en club, il pourra croire en ses chances d'être à l'Euro. Surtout si Deschamps opte pour une liste élargie en raison du contexte sanitaire et des potentiels cas positifs au coronavirus.

Digne, une doublure crédible

Cela pourrait aussi faire les affaires de Lucas Digne. Derrière Lucas Hernandez, devenu incontournable depuis la Coupe du monde, le latéral gauche d'Everton se retrouve en concurrence avec Ferland Mendy. Mais il semble avoir une longueur d'avance. C'est lui que Deschamps a titularisé au Kazakhstan quand Hernandez a eu besoin de souffler. Comme à son habitude, il a été convaincant derrière et volontaire dans son couloir, multipliant les appels sans toujours être bien servi par ses partenaires. Il a confirmé qu'il était une doublure plus que crédible à ce poste.

Un nouveau statut pour Rabiot

Au milieu de terrain, on aurait aimé revoir le Adrien Rabiot de Portugal-France, celui qui avait sorti en novembre l'une de ses prestations les plus abouties en sélection. Il avait alors mis tout le monde d'accord en se montrant aussi impliqué à la récupération que juste offensivement. Son apport a été bien plus neutre lors de ce rassemblement. Titulaire contre l'Ukraine et la Bosnie, lancé à l'heure de jeu au Kazakhstan, le Turinois aurait pu faire beaucoup plus, lui qui peut être décisif comme l'a rappelé sa passe décisive pour Antoine Griezmann à Sarajevo. Mais avec un tel temps de jeu, il est évident que son statut a changé ces derniers mois et que Deschamps compte bel et bien sur lui pour l'Euro. Comme pour Paul Pogba et N'Golo Kanté, sa place est quasi certaine.

Mendy va devoir batailler

Cela paraît bien moins évident pour certains éléments, comme Ferland Mendy. Alors qu'il a envoyé Marcelo sur le banc au Real Madrid, l'ancien Lyonnais doit pour le moment se contenter d'être un troisième choix chez les Bleus. A gauche comme à droite. Il n'a pas eu droit à une seule minute en trois matchs, même au Kazakhstan lorsque Deschamps a fait tourner en défense en alignant Lucas Digne, Clément Lenglet, Kurt Zouma et Léo Dubois. Ce dernier n'a toutefois pas été étincelant et c'est donc peut-être de ce côté que Mendy a une carte à jouer.

Ndombélé aurait pu faire plus

Tanguy Ndombélé, lui, a eu l'occasion de s'illustrer sur le synthétique de Noursoultan. Il n'y est pas franchement parvenu. Le milieu si tranchant et percutant de Tottenham a laissé place à un joueur au rendement trop limité. S'il a cherché à fluidifier l'entrejeu des Bleus avec simplicité et efficacité, il lui a manqué un brin de folie pour sortir du lot dans un secteur très concurrentiel. Un secteur où il ne faut pas oublier certains joueurs comme Eduardo Camavinga, déjà sélectionné à trois reprises, ou Boubacar Kamara, pas encore appelé chez les A mais auteur à titre individuel d'une très belle saison avec l'OM.

Des Espoirs décevants

Très attentif aux performances des Espoirs, Deschamps aura tout le temps d'analyser leurs prestations durant la phase de groupes de l'Euro qui vient de s'achever. Et il risque d'être déçu. Si les Bleuets se sont qualifiés pour les quarts de finale, le duo Camavinga-Kamara n'a pas été à la hauteur d'un tel rendez-vous. Tous les deux titulaires lors de la défaite inaugurale contre le Danemark (1-0), ils ont quelque peu perdu la confiance de leur sélectionneur Sylvain Ripoll. Le Rennais n'est entré qu'en fin de match lors des deux matchs suivants, alors que le Marseillais est carrément resté sur le banc. Pour Kamara comme pour Camavinga, il faudra réussir une fin de saison en boulet de canon en club pour espérer être retenu par Deschamps pour l'autre Euro. Celui des grands.

RR