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Équipe de France: des résultats au rendez-vous, un jeu à améliorer... le bilan des Bleues après les poules

Qualifiées pour les quarts de finale de l'Euro 2022, les Bleues ont rempli un premier contrat en terminant en tête d'un groupe à leur portée. Plusieurs enseignements sont à tirer en vue de l'affrontement face aux Pays-Bas, samedi (21h).

L'Équipe de France a tenu son rang. Favorite du groupe D composé de l'Italie, de la Belgique et de l'Islande, les Bleues se sont qualifiées sans difficulté pour les quarts de finale de leur septième Euro. À quelques jours du grand rendez-vous face aux Pays-Bas (samedi à 21 heures), voici les enseignements à tirer du premier tour.

• Un bilan comptable presque parfait

Avec un groupe largement à sa portée, la France devait faire le plein d'un point de vue comptable. Après deux victoires contre l'Italie (5-1) et la Belgique (2-1), les joueuses de Corinne Diacre ont frôlé la perfection mais ont été freinées par l'Islande après 100 minutes de jeu et un pénalty contestable (1-1). Sans conséquence, puisque les Tricolores avaient déjà assuré leur ticket pour les quarts de finale dès le deuxième match face aux Belges. Comme en 2013 et 2017, l'équipe de France verra donc le top 8 européen après avoir terminé en tête de son groupe, le tout sans perdre un seul match.

• Un jeu perfectible

Si tout va bien d'un point de vue comptable, la manière reste encore perfectible. Si brillantes pendant 45 minutes face à l'Italie lors du premier match, les Bleues ont bafoué leur football face aux Belges et ont livré une partie inégale face à l'Islande, après un large turn-over de Corinne Diacre. Un point commun entre les trois premiers matchs: une entame tonitruante, ponctuée d'un but dans les dix premières minutes, avec Geyoro (9e) face aux Azzurre, Diani (6e) face aux Red Flames et Malard (après 43 secondes) face aux Islandaises.

Le point noir se situe en seconde période, où les coéquipières de Wendie Renard n'ont pas réussi à marquer le moindre but (contre huit dans le premier acte), et en ont encaissé deux (sur trois). "Le principal c’est de mettre un but de plus que l’adversaire", a tempéré Corinne Diacre après ce dernier match.

• Une défense à stabiliser

Avec aucun clean-sheet depuis le début du tournoi, la défense tricolore connaît des difficultés. Tandis que la capitaine Wendie Renard a joué les trois rencontres, elle a été associée deux fois à Aïssatou Tounkara et une fois avec sa coéquipière à l'OL, Griedge Mbock. Lors de la phase de groupes, la paire d'axiales a montré des fébrilités dans certaines interventions mais aussi dans les relances.

Des performances diamétralement opposées à d'autres cadors de la compétition, comme l'Allemagne et l'Angleterre, qui n'ont toujours pas encaissé de but. À titre de comparaison, les Bleues restaient sur cinq buts pris sur les 14 derniers matchs, en ayant notamment joué face à l'Allemagne, les Pays-Bas et le Brésil.

• Une attaque inspirée mais inefficace

Orpheline de Marie-Antoinette Katoto pour le reste de la compétition, l'attaque des Bleues regorge pourtant de bonnes réserves. Si Ouleymata Sarr a remplacé la Parisienne au pied levé lors des deux premiers matchs, c'est Melvine Malard qui a été choisie face à l'Islande pour occuper le poste de numéro 9. Véritable choix ou simple rotation d'effectif en vue du quart de finale ? L'avenir nous le dira.

Avec huit buts en trois matchs, dont cinq en 45 minutes face à l'Italie, l'attaque française est en forme et combine bien. Mais un défaut subsiste: le manque d'efficacité. Face à l'Islande, les occasions n'ont pas manqué pour faire le break. Certes, deux buts ont été refusés, dont un pour Geyoro sur une faute main contestable. Ce point noir a d'ailleurs été souligné par Corinne Diacre en conférence de presse.

"Il faudra être plus efficaces. Si on pouvait marquer sur chacune de nos occasions, je signe tout de suite… Après, c’est déjà important de se créer des occasions. Parfois dans le football, on se dit ‘on n’arrive pas à marquer’, mais sans occasion ce n’est pas possible. Nous on a l’avantage d’être une équipe qui va de l’avant, avec beaucoup de joueuses volontaires, et on se créé beaucoup d’occasions. Maintenant il faut être efficaces."

• Des joueuses ont marqué des points, d'autres moins

Les trois premiers matchs ont été l'occasion de voir 20 joueuses sur les 23 emmenées en Angleterre. Outre les gardiennes Mylène Chavas et Justine Lerond, seule Hawa Cissoko n'a pas encore disputé la moindre minute. Certaines d'entre elles ont marqué des points, à l'image de Clara Matéo. Remplaçante face à l'Italie, la joueuse du Paris FC a démarré les deux matchs suivants au poste de relayeuse et a montré sa capacité à faire briller ses coéquipières, en témoigne ses deux passes décisives.

Autre satisfaction côté tricolore: la prestation de Melvine Malard en pointe. Entrée en jeu sur le côté sur les deux premières rencontres, la Lyonnaise a marqué après 43 secondes de jeu lundi et a su exploiter le peu de ballon qu'elle a eu à se mettre sous la dent. Une efficacité maximale qui contraste avec Ouleymata Sarr, l'autre joueuse pouvant remplacer Katoto. L'attaquante du PFC a semblé en difficulté devant le but et a concédé le pénalty lundi.

En défense, Aïssatou Tounkara a de nouveau montré des signes de fébrilité face à l'Islande, notamment avec quelques relances hasardeuses. Parfois hésitante dans les duels, elle n'a pas dégagé une grande sérénité, amenant malgré elle toute la défense.

Analie Simon Journaliste RMC Sport