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Equipe de France: pourquoi Deschamps a rappelé Benzema

Le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps a expliqué son choix de faire appel à Karim Benzema parmi les 26 joueurs qui disputeront l’Euro 2020 cet été (11 juin-11 juillet).

Le contre-pied que l’on n’attendait pas il y a encore quelques heures s’est bel et bien produit. Contre toute attente, Didier Deschamps a sélectionné Karim Benzema (28 ans, 81 sélections) pour l’Euro 2020, alors qu’on pensait les deux hommes irréconciliables. L’attaquant du Real Madrid, mis à la porte de l’équipe de France depuis sa mise en examen dans l’affaire de la sextape, fin 2015, puis les déclarations tapageuses qui ont suivi sa non-sélection pour le précédent championnat d’Europe, en 2016, va retrouver l’équipe de France plus de cinq après l’avoir quittée.

Avant le match face au Kazakhstan en mars dernier, Didier Deschamps balayait encore d'un revers de la main les questions sur le cas Benzema posées par les journalistes locaux, les journalistes français ayant eux lâché l'affaire depuis les cinglantes réponses qui avaient accompagné le retour de Rabiot. L’affaire semblait entendue, Benzema ne reviendrait pas tant que Deschamps serait maintenu au poste de sélectionneur. Tous avaient tort. Mais comment expliquer que le vent ait tourné de la sorte en faveur de Benzema ? Difficile d’imaginer que le patron des Bleus ait agi sur un coup de tête.

Deschamps: "On s’est vu, on a discuté longuement"

"Je n’ai pas la capacité, personne ne la, ni Karim non plus, de changer quoi que ce soit. Le plus important, c'est aujourd'hui et demain, a confié Didier Deschamps avec des mots apaisés, en direct sur TF1 et M6. Il y a eu des étapes importantes, une très importante. On s’est vu, on a discuté longuement. C'était l'étape la plus importante. J’ai eu une longue réflexion par rapport à plein de choses pour en arriver à prendre cette décision-là. Je ne vais pas vous dévoiler un mot de notre discussion. Il en avait besoin, j’en avais besoin. On aspire toujours à avoir le climat le plus apaisé possible même si par expérience, la moindre étincelle peut avoir des conséquences importantes."

Outre ce que pourrait expliquer ce long entretien qui a eu lieu entre les deux hommes, des raisons sportives ont peu à peu pris le pas dans les réflexions qui nourrissaient le débat du staff autour de la liste depuis plusieurs semaines. Sans compter les appels du pied répétés de l’entourage du joueur en faveur d’un retour, avec, en creux, ce message envoyé à Deschamps, que Benzema n’a jamais eu le moindre problème avec son sélectionneur. Sur le plan sportif, la sélection de Benzema apparaît logique au regard de ses prestations depuis le début de la saison.

Benzema, tout à gagner

Mais l’attaquant des Bleus porte le Real Madrid depuis plusieurs années désormais. Dès lors, pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de le rappeler ? Ce revirement de situation peut s’expliquer par l’état de la concurrence à la pointe de l’attaque. Les Bleus ont été champions du monde sans Karim Benzema, sur la lancée d’un Euro 2016 très réussi. Mais l’équipe ne tourne plus aussi bien depuis, et les solutions fiables au poste d’avant-centre ne sont pas légion.

Didier Deschamps est un pragmatique, il a envie de gagner. Et c’est avec les meilleurs, capables de tirer le groupe vers le haut, qu’il pourra y parvenir. Depuis mars, Anthony Martial s’est blessé et n’a plus rejoué avec Manchester United. Quant à Olivier Giroud, il s'assoit sur le banc le plus souvent avec Chelsea, quand il est sur la feuille de match. La situation de l’ancien joueur d’Arsenal s’est dégradée depuis l’arrivée du technicien allemand Thomas Tuchel, qui le fait encore moins jouer que ses prédécesseurs.

Karim Benzema s’est imposé naturellement comme un choix de plus en plus évident aux yeux du sélectionneur, qui a prouvé par le passé, avec Adrien Rabiot notamment, qu’il était capable de pardonner. Tout l'enjeu sera de trouver une place dans le onze à Karim Benzema, qui a beaucoup à prouver, et certainement aussi à se faire pardonner. Mais également tout à y gagner s’il confirme, comme on le devine depuis plusieurs années avec le Real Madrid, qu’il a gagné en maturité.

QM