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Equipe de France: Zidane successeur de Deschamps? Pourquoi c'est le sens de l'histoire

Pour Noël Le Graët, Zinedine Zidane sera "l'homme de la situation" en équipe de France une fois que Didier Deschamps aura bouclé sa mission. Au vu de son passé en sélection, de sa réussite avec le Real Madrid et de ses ambitions, rien ne semble pouvoir empêcher Zidane d'endosser ce costume de sélectionneur des Bleus.

Il en est convaincu. Dans un entretien accordé mercredi à Canal+, Noël Le Graët a affirmé qu’il verrait bien Zinédine Zidane prendre la suite de Didier Deschamps. "Le jour où Didier partira, décidera de partir ou ne sera pas renouvelé, si Zidane est disponible, à ce moment-là, il sera l'homme de la situation", a confié le président de la Fédération française de football. En poste depuis 2012, Deschamps a récemment prolongé jusqu’en 2022. Le timing pourrait être bon puisque le contrat de Zidane au Real Madrid expirera également à cette date. Le voir s’installer sur le banc des Bleus après la Coupe du monde au Qatar, qui se déroulera du 21 novembre au 18 décembre, aurait tout d’une suite logique.

Zidane déjà candidat en 2012

En décembre dernier, Deschamps avait lui-même désigné son ancien coéquipier sous le maillot bleu comme son possible successeur. "Le prochain sélectionneur pourrait être Zizou. A un moment ou un autre, ce sera lui", avait-il confié dans les colonnes du Monde. Appuyé par Le Graët et Deschamps, fort de son expérience acquise au Real Madrid et du solide palmarès qu’il s’est construit (trois Ligues des champions et une Liga, entre autres), mais également au vu de son prestigieux passé en sélection, Zidane apparaît aujourd’hui comme le candidat le plus crédible pour endosser le costume de sélectionneur de l’équipe de France dans deux ans. Un rôle dont il rêve depuis qu’il a troqué les crampons pour les costumes trois-pièces.

Zidane et Deschamps en mai 2019
Zidane et Deschamps en mai 2019 © AFP

En juillet 2012, après l’élimination des Bleus en quarts de finale de l’Euro, ZZ avait déjà essayé de convaincre Le Graët de lui donner sa première expérience sur un banc de touche, comme révélé dans le livre Champions du monde 98, Secrets et pouvoir. "La place était libre à l’époque. Il avait manifesté son intention de diriger un jour l’équipe de France. Je lui ai dit que c’était trop tôt, qu’il lui fallait une expérience de club", avait confirmé Le Graët au micro de RMC Sport. Celui-ci avait préféré miser sur Deschamps, dont le CV d’entraîneur était déjà bien rempli après ses passages à Monaco, Turin et Marseille. Souvent questionné sur le sujet, Zidane s’est rarement exprimé sur son désir de prendre en charge l’équipe de France. Il avait toutefois ouvert la porte en 2014 au micro de RMC: "Si je continue d’être entraîneur et que j’ai la possibilité de prendre un jour l’équipe de France, pourquoi pas? Mais ce sont les résultats qui feront que j’en aurai la possibilité ou pas."

Les Français favorables

Discours encore plus clair en 2015 sur le plateau du Canal Football Club: "Je vais le dire clairement: ce serait bien de pouvoir un jour entraîner l'équipe de France. Mais il y a un entraîneur en place qui fait un boulot formidable. J'ai cet objectif et cette ambition. J'ai le temps. Mais pourquoi pas un jour entraîner l'équipe de France?" S’il reste depuis discret sur cette ambition et ne revendique rien, d’autres ont donné leur avis sur la question. "Zidane sélectionneur des Bleus? Pourquoi pas. Il a démontré ses qualités d'entraîneur, et ça a été un grand joueur. Avec Didier Deschamps, ils ont certaines similitudes. Ce sont d'anciens joueurs, qui ont beaucoup gagné, qui ont fait des belles carrières et qui sont très expérimentés. Ils ont aussi cette tranquillité tous les deux pour aborder les événements importants", avait souligné en 2017 le défenseur des Bleus Raphaël Varane, qui peut observer de près au Real le travail de coach de Zidane.

Blaise Matuidi s’était lui aussi montré enthousiaste il y a trois ans, sans trop en dire par volonté de ne pas mettre Deschamps en porte-à-faux. "Il fait de très bonnes choses à Madrid. Il a prouvé qu’il était un grand entraîneur. L’avenir nous le dira", avait commenté l’actuel milieu de terrain de la Juventus. Occupant du poste entre 2004 et 2010, Raymond Domenech posait le même regard dans un entretien au Monde en 2016: "C’était cousu de fil blanc qu’il deviendrait un jour l’entraîneur du Real. Comme il est évident qu’il sera l’entraîneur de l’équipe de France. Il n’y a pas plus légitime que lui pour remplacer Didier Deschamps."

Dans l’opinion publique, l’idée de voir Zidane succéder à Deschamps semble également faire consensus. En juin 2018, dans un sondage RMC Sport / Harris Interactive, 91% des Français estimaient que l’ancien numéro 5 du Real ferait "un bon sélectionneur" de l’équipe de France. Un an et demi après, difficile d’imaginer que sa cote de popularité se soit écroulée. Nombre de supporters tricolores n'attendent sans doute qu'une seule chose: voir l'histoire d'amour entre Zidane et les Bleus reprendre son cours.

Rodolphe Ryo