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Le Graët : "Rien de dramatique avec Platini"

Au lendemain de la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la Fifa, Noël Le Graët est revenu sur son choix de voter en faveur du Suisse. Malgré la tempête liée à l’affaire de corruption et contre l’avis de Michel Platini.

Noël Le Graët, le football sort-il grandi de ce congrès de la Fifa ?

Si les gens font la paix, oui. Il peut y avoir encore quelques jours de friction. Les hommes étant ce qu’ils sont, il peut y avoir des petites phrases. En tout cas, je souhaite que l’UEFA et la Fifa s’entendent bien. J’ai toujours remarqué que quand les institutions étaient en phase, même si elles n’ont pas toujours les mêmes projets, c’était mieux pour l’opinion publique et pour le sport.

Avez-vous été embêté pour voter vendredi ?

Oui, mais c’est la vie. A un moment, il faut choisir. J’étais parti avec l’idée de voter Blatter. Et j’ai voté Blatter. En avez-vous parlé avec Michel Platini ? Bien sûr. Je suis ami avec Michel Platini, on était ensemble à Joeuf l’autre jour. Il aurait préféré que je ne prenne pas cette position, mais il n’y a rien de dramatique. Je préfère de garder ma ligne de conduite plutôt que de faire semblant.

Va-t-il encore mettre la pression à Sepp Blatter, comme juste avant le début du congrès ?

D’accord, mais il ne s’est rien passé. Quand je suis arrivé en Suisse, il n’y avait pas de congrès, l’UEFA ne votait pas, on allait haranguer… Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il y a eu le congrès, l’UEFA a voté, il n’y a pas eu de question. On peut raconter ce qu’on veut, c’était une assemblée d’un calme invraisemblable. Il y a eu 98% de votes favorables sur tous les sujets. Je n’ai jamais vu ça. J’aimerais bien avoir des assemblées comme celle-là.

Pensez-vous qu’il y aura d’autres moments difficiles dans les prochaines semaines ?

Sûrement. C’est un sport mondial. La Fifa, ce n’est pas un organisme normal. Elle délègue énormément. Il y a 209 pays, qui font des appels d’offres de droits TV ou de marketing au nom de la Fifa, ou pas. C’est extrêmement compliqué. Qu’il y ait une enquête sérieuse, je suis tout à fait OK. J’aime bien quand c’est transparent. S’il y en a d’autres qui ont mis la main de pot, il faut qu’ils soient punis, c’est logique.

Sepp Blatter peut-il être menacé par la justice en tant que président de la Fifa ?

Je ne crois pas. S’il avait mis la main dans le pot, étant donné la haine d’un certain nombre de personnes depuis des années, il serait déjà en prison. Je pense qu’il a été sûrement négligeant dans l’analyse, pas suffisamment vigilant. Mais que lui ait participé, je n’y crois pas trop.

Les sponsors peuvent-ils pousser Blatter à partir ?

Je pense que Blatter est costaud, d’abord. C’est un homme intelligent. Le football est un phénomène mondial invraisemblable. Aujourd’hui, il y a un continent ou un demi-continent qui est touché par cette affaire. L’Europe de l’Ouest est sévère. Je l’ai dit depuis longtemps. On oublie l’Afrique. Voilà pourquoi je suis hésitant, parce que je travaille beaucoup avec l’Afrique dans le football. Je serais peut-être élu plus facilement à la CAF (Confédération africaine) qu’à la Fédération ou à l’UEFA. Quand on regarde ce que pense le football africain de la Fifa, qui est favorable au développement du foot, il y a beaucoup d’hésitations. L’UEFA devrait quelquefois, pas se calmer, mais essayer de regarder comment fonctionnent les petits pays.

la rédaction avec JRe et TSL