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Barça: ça a donné quoi, Xavi entraîneur au Qatar?

Présenté comme le grand favori pour succéder à Ronald Koeman sur le banc du Barça, l'Espagnol Xavi Hernandez est toujours sous contrat avec Al-Sadd (Qatar), qu'il entraîne depuis l'été 2019. Et avec qui il s'est déjà construit un beau petit palmarès.

Voilà des mois qu'il esquivait les questions sur le sujet, qu'il tentait de gagner du temps, pour acquérir un peu plus d'expérience, et aussi pour débarquer dans un climat plus sain. Mais cette fois, Xavi (41 ans) se retrouve face à son destin. Alors que le Barça a fini par limoger Ronald Koeman mercredi soir, après un nouveau revers contre le Rayo (1-0), la presse catalane présente ce jeudi l'ancien milieu de terrain blaugrana comme le successeur désigné du Néerlandais. Joan Laporta - un peu frileux au début - en aurait fait son choix numéro 1, Xavi lui-même serait intéressé, et Al-Sadd aurait convenu de faciliter son départ.

Car depuis l'été 2019, Xavi Hernandez est l'entraîneur du club qatarien, basé à Doha, et propriété du cheikh Mohammed ben Hamad al-Thani. C'est là-bas qu'il avait fini sa carrière de joueur, avant d'embrasser, dans la foulée, une carrière de coach. Qui a plutôt bien démarré...

Une domination à l'échelle nationale

Commençons par les chiffres, d'abord. Depuis sa prise de fonctions, Xavi a vécu 89 matchs dans le costume d'entraîneur d'Al-Sadd. Pour un bilan de 61 victoires (soit 69% de succès), 12 nuls, et 16 défaites, avec 245 buts marqués et 112 encaissés. Autrement dit: il a beaucoup plus gagné qu'il n'a perdu. Logique, lorsque l'on pilote le plus gros club qatari.

La première saison de Xavi sur le banc, en 2019-2020, a été celle de l'apprentissage. Davantage préoccupé par le jeu que les résultats, le Catalan a perdu quelques matchs précieux en championnat, et a vu son équipe terminer à la 3e place, derrière le rival Al-Duhail, et Al-Rayyan. Quelques supporters avaient ainsi demandé sa démission. Mais il a très vite corrigé le tir.

En 2020-2021, Al-Sadd a terminé champion avec 13 points d'avance sur Al-Duhail, sans perdre le moindre match en 22 journées (19V, 3N), de quoi valoir à l'ancien équipier de Leo Messi le trophée de meilleur entraîneur de l'année. Et depuis le début de l'exercice 2021-2022, Xavi et ses troupes sont leaders avec 7 succès en 7 journées. Ce qui veut dire que sa dernière défaite en Qatar Stars League remonte... à mars 2020.

En ce qui concerne la Coupe de l'Emir, Xavi affiche 100% de succès. Il a remporté le titre en décembre 2020 contre Al-Arabi (2-1), avant de récidiver la semaine passée en battant le Al-Rayyan de Laurent Blanc aux tirs au but (1-1, 5-4 tab). Ajoutez à cela deux Qatar Cup (2020, 2021), et une Super Cup (2019), et vous aurez un bilan presque parfait à l'échelle nationale. Où le niveau n'est certes pas le plus élevé, et la concurrence assez limitée.

Un bilan mitigé en Ligue des champions asiatique

A l'échelon continental, c'est à dire en Ligue des champions de l'AFC, le tableau est moins rose. En 19 rencontres de C1 asiatique, le Mister Xavi affiche 8 victoires, pour 5 nuls et 6 défaites.

Sa première campagne (2019) est en fait la plus réussie. Alors qu'Al-Sadd était déjà qualifié pour les huitièmes de finale lors de son arrivée sur le banc, Xavi a conduit son équipe jusqu'en demie, où il a été battu sur le fil par les Saoudiens d'Al-Hilal (1-4, 4-2), futurs vainqueurs de la compétition.

En 2020, Al-Sadd s'est en revanche fait sortir dès les huitièmes par les Iraniens de Persépolis (1-0). Et en 2021, l'équipe de Xavi n'est même pas sortie de la phase de poules, piégée de justesse au petit jeu des meilleurs (ou plus mauvais) deuxièmes. Pas forcément une honte, dans la mesure où aucun autre club du Qatar n'a fait mieux en Ligue des champions depuis sa prise de fonctions, et où ces dix dernières années, la compétition a été dominée par les clubs d'Asie de l'est (Corée du Sud, Japon, Chine).

Xavi a aussi eu l'occasion de diriger son équipe lors de la Coupe du monde des clubs, en décembre 2019 au Qatar. Mais Al-Sadd avait été battu au deuxième tour par les Mexicains du CF Monterrey, sans avoir l'occasion de se mesurer à Liverpool ou Flamengo.

Un mélange de "stars" expérimentées, et de jeunes joueurs locaux

En ce qui concerne le jeu, l'Al-Sadd de Xavi Hernandez (mais ce n'est pas une surprise vu les résultats) est souvent décrite par les observateurs locaux comme l'équipe pratiquant le football le plus agréable et le plus offensif. S'il a longtemps joué en 4-2-3-1 à ses débuts, voire en 4-1-4-1, le Catalan a fait évoluer son schéma préférentiel ces derniers mois, et privilégié une défense à trois. Un indice pour le futur du Barça? Pas forcément, non. Plus une preuve que le technicien, malgré son expérience relativement courte, sait s'adapter aux joueurs à disposition.

Xavi peut en l'occurrence compter sur plusieurs éléments venus de l'étranger, notamment l'ancien Marseillais André Ayew (6 buts en 7 matchs), l'attaquant algérien Baghdad Bounedjah (8 buts en 7 matchs), le milieu brésilien Guilherme, ou son compatriote Santi Cazorla, arrivé de Villarreal à l'été 2020.

Ce qui n'empêche pas le technicien de s'appuyer sur plusieurs jeunes joueurs locaux, comme le gardien Meshaal Barsham (23 ans), le défenseur central Tarek Salman (23 ans), le milieu Mohammed Al-Bayati (22 ans), et surtout l'ailier Akram Afif (24 ans), peut-être le meilleur joueur qatarien actuel. Sachant que le Barça compte beaucoup sur La Masia pour sortir de la crise, c'est un bon début.

https://twitter.com/clementchaillou Clément Chaillou Journaliste RMC Sport