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Le Barça a recruté Griezmann... sans avoir l'argent pour le faire

Le directeur général du FC Barcelone, Ferran Reverter, s'est longuement exprimé ce mercredi sur la situation financière du club catalan, et sur la mauvaise gestion de la direction précédente. En expliquant notamment que le Barça n'avait pas l'argent nécessaire pour recruter Antoine Griezmann à l'Atlético de Madrid à l'été 2019.

Plus de secrets (ou presque) ni de faux espoirs. Alors que le Barça est dans une situation économique très compliquée, la direction du club catalan a décidé de jouer cartes sur table, et de s'exprimer avec une certaine franchise sur le sujet. Ce mercredi, le directeur général du club, Ferran Reverter, a ainsi donné une longue conférence de presse pour décrire - chiffres à l'appui - l'ampleur du problème, et pointer les erreurs de gestion de l'ancienne direction de Josep Maria Bartomeu, sur laquelle il mène une enquête malgré la suppression (volontaire?) de nombreux documents.

"Ce que je peux confirmer pour le moment, c'est que la gestion a été désastreuse, a taclé Reverter, selon des propos relayés par Mundo Deportivo. Il n'y avait aucune planification, c'était de l'improvisation totale." Notamment dans le cas du transfert d'Antoine Griezmann.

Deux emprunts pour financer l'arrivée du champion du monde

Deux ans après que l'attaquant français est passé de l'Atlético au Barça, contre le paiement de sa clause libératoire de 120 millions d'euros, Reverter a révélé que le club n'avait absolument pas la trésorerie pour réaliser une telle opération. "Dans le cas de Griezmann, ils ont réalisé le soir du transfert qu'ils n'avaient pas l'argent pour payer", a-t-il lâché. Du coup, Bartomeu et son équipe ont dû trouver en urgence cette gigantesque somme, en se faisant prêter d'un côté 85 millions d'euros par un fonds de placement, et de l'autre 35 millions par une banque. Histoire de creuser, un peu plus, la dette du club, et de faire grimper avec les intérêts le montant total du transfert...

Dans le même registre, Ferran Reverter a expliqué que le transfert de Philippe Coutinho avait coûté au Barça 16,6 millions d'euros de frais, en plus des 120 millions versés à Liverpool pour l'achat du Brésilien en janvier 2018.

Le DG blaugrana s'est en revanche montré moins alarmiste sur les conséquences économiques du départ de Lionel Messi cet été. "Nous regardons de près comment cela nous affecte, a-t-il glissé. Nous avons notamment suivi les ventes de maillots dans les premières semaines. Et étonnamment, d'autres maillots tels que De Jong ou Memphis se sont mieux vendus, ce qui a compensé sur cet aspect-là. Mais l'impact de son départ se mesurera surtout avec les sponsors."

Si la saison s'annonce difficile, sur tous les plans, Reverter se veut optimiste quant à la capacité du Barça à générer de nouveau des bénéfices en 2022, et de renforcer son équipe durant l'hiver. Ou du moins de ne pas l'affaiblir. "Les prolongations de Pedri et Ansu Fati sont en bonne voie, a-t-il assuré. Avec les derniers départs, nous avons une marge de plus de 20 millions d'euros par rapport au fair-play financier, donc le club pourra recruter s'il le souhaite. Mais le travail n'est pas terminé, et il faut continuer à baisser la masse salariale."

C.C.