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Bordeaux: manifestation des supporters en colère contre la direction de Longuépée

Après le désengagement financier de King Street, le propriétaire américain du club, les supporters des Girondins se sont massés au coeur de Bordeaux pour réclamer du changement et le départ de Frédéric Longuépée, ce samedi.

Les supporters des Girondins ont répondu à l’appel. Ce samedi après-midi, ils étaient nombreux à s’être rassemblés pour manifester leur colère, deux jours après le retrait financier du propriétaire américain du club, King Street, qui a valu au club d’être placé sous la protection du Tribunal de commerce de Bordeaux. Massé sur la place Pey-Berland, au cœur de la ville, ils réclament la démission du président Frédéric Longuépée et appellent à sauver l’institution.

"Le pronostic vital" du club engagé

Ce sont les Ultramarines 1987, groupe d'ultras historiques, qui ont appelé au rassemblement dans l'après-midi. "Le pronostic vital de notre club tant aimé est aujourd'hui engagé, affirme le communiqué. Nous appelons toutes les personnes meurtries par cette descente aux enfers [...] à nous rejoindre place Pey-Berland. Nous y mèneron l'acte 2 de "Nous les Girondins". Une manifestation de colère, d'orgueil mais aussi de dignité."

Sur place, des centaines de fans ont brandi des drapeaux et des fumigènes et entonné des chants à la gloire de l'équipe, donnant à la manifestation une ambiance de virage du Matmut Atlantique. La cible principale des supporters a été, comme depuis plusieurs semaines, Frédéric Longuépée. Le visage du président a été imprimé sur des centaines de feuilles, barrées de la mention "Wanted- 40 000€" et brandies par la foule. La colère était aussi sonore, avec de nombreux chants "Longuépée démission" entonnés à l'unisson.

"Bien sûr que c’était important d’être là, le club est en danger plus que jamais. Il fallait qu’on soit là réunis pour montrer que l’âme du club, c’est nous, a justifié Thibaut, supporter de longue date, sur RMC. Parmi nous, il y en a qui avaient prédit ce qui allait se passer, qui savaient très bien que le montage financier tenait pas. Des responsables politiques, Alain Juppé et Nicolas de Tavernost se sont entêtés et ils nous laissent dans un merdier pas possible. Il va falloir reconstruire pierre par pierre."

Tavernost et Juppé aussi hués

Les manifestants ont aussi exprimé leur ressentiment à l'encontre de Nicolas Tavernost, le propriétaire de M6 qui a vendu les Girondins aux investisseurs américains, et d'Alain Juppé, le maire de la ville, tous deux accusés d'avoir "laissé tomber le club". Après une heure de chants, la manifestation s'est finalement dispersée.

Cette situation de crise intervient au pire moment sportivement pour Bordeaux, actuellement englué à la 16e place de la Ligue 1 et qui voit la zone rouge se rapprocher dangereusement, avant un déplacement crucial à Lorient, dimanche (15h). Deux repreneurs potentiels se seraient déjà manifestés auprès de la ville pour un rachat du club, mais son avenir reste plus incertain que jamais.

CP