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Football Manager : la Ligue 1 en est "gaga"

Présent depuis quinze ans dans le paysage « vidéoludique », Football Manager est devenu un véritable phénomène de société. Et une drogue pour des millions de joueurs, y compris ceux de notre championnat de Ligue 1. RMC Sport a demandé à trois d’entre eux de nous raconter leur rapport avec le jeu.

« L’accélération ? Bon, ça va. Ah…le dribble, ils ne l’ont pas mis. Finition ? C’est vrai que je n’ai pas l’habitude de marquer des buts. L’agressivité ? 16… je me serais même mis 18 (rires). Ils m’ont mis attaquant ! Ah mais c’est pour la fin de match ça. ». Nous sommes jeudi à Montpellier, au centre d’entraînement Bernard Gasset. C’est la veille de la sortie mondiale de Football Manager 2016 et le latéral droit du MHSC, Mathieu Deplagne, vient de découvrir ses notes en avant-première.

« Au moins 8 heures par jour »

Comme beaucoup d’autres joueurs de L1, et notamment son coéquipier, le gardien remplaçant Jonathan Ligali, Mathieu Deplagne est un « Football Manager Addict ». « Ouais, depuis tout petit. Par période, je peux y jouer beaucoup, beaucoup. Dans l’avion, dans le bus, ça peut aller de la 1ère à la 38e journée en l’espace de deux heures. Pendant les mises au vert, ça peut aller loin. Au moins 8 heures par jour. » De quoi faire quelques belles épopées avec son club fétiche.

Pour Romain Danzé, « la première partie, c’est toujours avec le Stade Rennais ». Question de fidélité. Priorité aux petites équipes pour Mathieu Deplagne. « Je pense qu’il n’y en a pas beaucoup qui ont fait d’Evian une équipe de Ligue des champions et dauphin du PSG, assure le joueur de Montpellier. Après, pour moi, le sommet, c’est qu’on me demande à la Juve. C’est mon équipe fétiche. Là, je me dis, « c’est bon, je prends la Juve et après j’arrête ! ».

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« Je ne me recrute jamais, j’ai envie de gagner des matches ! »

Jonathan Ligali, lui, pourrait « nous parler pendant des heures de Football Manager. C’est un vrai sujet de conversation. Mon meilleur souvenir, c’était avec Metz. Je me faisais chambrer, je racontais mes tactiques, mes matches. Je suis arrivé en Ligue 1, j’arrivais de National et j’ai remporté la Coupe de la Ligue.» Avec Jonathan Ligali dans le but ? « Je sais que des fois je coûtais un petit peu cher (rires). A l’époque, je prenais le PSG. Je me prenais, j’étais remplaçant » confirme le portier héraultais.

En revanche, pas question de s’acheter pour Romain Danzé. « Je ne me recrute jamais. A mon avis, je ne fais pas partie des priorités de recrutement pour un autre club, lâche, hilare le joueur breton. Et puis j’ai envie de gagner des matches… » Cela ne l’empêche pas de surveiller son évolution dans le jeu. « Généralement, je reste pas mal d’années au Stade Rennais. Et quand je pars, je reste en France. » Mathieu Deplagne passe la frontière, lui. Direction la Belgique. « Dans le dernier, je finissais à Genk, précise le Montpelliérain. Après tout, pourquoi pas ? »

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« Ntep ? Je vais être obligé de m’en séparer… »

Et vendre ses petits camarades de club ? C’est non pour Mathieu Deplagne. Plutôt oui pour Jonathan Ligali, qui, plus jeune, voulait rameuter tous ses copains du centre de formation. Et à contrecœur pour Romain Danzé, faute d’un budget XXL au Stade Rennais. « Ca m’est déjà arrivé de craquer et de rajouter un peu de sous dans les caisses. Paul-Georges (ndlr, Ntep) ? Je crois que je vais être obligé de m’en séparer. De toute façon, il commence à être mécontent (rires). Il a des offres de club plus importantes que celle du Stade Rennais ».

Qu’à cela ne tienne. Se séparer de ses meilleurs éléments n’a pas empêché Romain Danzé de faire briller son club de cœur. « Ça m’est arrivé une fois de gagner la Ligue des champions. La Coupe de France ? Ouais je l’ai gagné. J’ai vaincu la malédiction (rires). Sur cette version, pour l’instant, je suis pas mal. Je vais me battre pour une qualif’ européenne. » Avec quel style ? Une touche proche de celle de son coach, Philippe Montanier ? « Non, j’ai mes idées » rejette Danzé, comme Jonathan Ligali. Et à en croire son coéquipier Mathieu Deplagne, avec le portier héraultais, le foot… c’est du béton.

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« Ligali ? C’est le Jean Fernandez de Football Manager »

« Jon, c’est le Jean Fernandez du jeu ! C’est le bétonneur de Football Manager. A chaque fois que je le vois jouer, je me régale, lâche, dans un rire, le défenseur montpelliérain. Il arrête le match toutes les deux minutes, il met le bus à chaque fois. C’est un fou furieux. » Tendance confirmée par l’intéressé. « Quand à l’extérieur, tu gagnes 2-1 et qu’arrive la 75e, tu fais redescendre ton attaquant, tu fais rentrer un milieu, tes latéraux, tu les mets ultra défensifs et ça te fait un bloc en béton. » Et ça gagne, visiblement. En revanche, l’histoire ne nous dit pas si Ligali a soufflé cette tactique à son coach, Rolland Courbis.

Alix Dulac (avec Julien Landry)