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Le Graët favorable à l'arrêt des matchs pour racisme, pas pour homophobie

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football, a demandé aux arbitres de ne plus arrêter les matchs en cas de chants, banderoles ou insultes homophobes.

Noël Le Graët, président de la Fédération française de football, a pris une décision forte au sujet des chants ou banderoles homophobes dans les stades. Agacé par l’arrêt des matchs, le dirigeant a fait passer la consigne aux arbitres (qui dépendent de la FFF) de ne plus agir de la sorte. 

"C’est une erreur (d'arrêter les matchs en cas d'acte homophobe), a-t-il expliqué sur France Info. J’arrêterais un match pour des cris racistes, ça c’est clair. Je ferais arrêter un match - et j’ai donné des instructions - pour une bagarre, des incidents et s’il y a un danger quelque part dans les tribunes. Le service de sécurité des clubs doit contrôler les personnes qui rentrent sur le terrain, il y a des services pour faire en sorte que les banderoles disparaissent dans les meilleures conditions et rapidement. Ne venez pas au stade avec des banderoles, c’est aussi simple que ça. On peut venir au match pour supporter son équipe mais il est absolument interdit moralement de rentrer avec des banderoles. On va faire en sorte que les gens ne puissent pas rentrer."

En a-t-il discuté avec Maracineanu? Il répond du bout des lèvres

A-t-il demandé aux arbitres de ne plus arrêter les matchs? "Vous m’avez bien compris", a-t-il confirmé en assurant très timidement en avoir discuté avec la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, qui s’est emparée de ce sujet. "Je suis à mon poste, je prends les décisions qui me semblent les bonnes dans l’intérêt du football et contre l’homophobie, a-t-il expliqué. Je ne veux pas de conflit avec la ministre."

"Il n’y aura plus de banderole"

"Considérer que le football est homophobe, c’est un peu fort de café regrette-t-il encore. Je ne l’accepte pas. Je trouve ça anormal de dire ça d’un sport qui a 2 millions de licenciés, qui fait en sorte d’éduquer, qui a un nombre maximum d’éducateurs. On n’a absolument aucun problème. Que quelques spectateurs aient exagéré, je ne l’accepte pas. On va faire en sorte que cela disparaisse. Le jeu, c’est quelque chose de compliqué, de beau. Pour quelques personnes que je n’apprécie pas, il n’y aura plus de banderole mais arrêter le match, non."

Le racisme et l'homophobie, "ce n'est pas la même chose"

Il fait aussi un distinguo entre le racisme et l’homophobie. "Ce n’est pas la même chose, confie-t-il. Du racisme, il n’y en a plus. En Italie, ils ont beaucoup de mal. Ce qui nous a gênés ces derniers temps, ce sont les banderoles. L’homophobie, c’est un problème national. Si ce n’était que le football, je laisse ma place pour le régler. Il faut laisser le football à sa place. (…) Le rejet racial dans le football est impardonnable."

NC