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Les entraîneurs français vent debout contre les critiques de Longoria

Depuis son interview où il a constaté que la France "exportait" peu d'entraîneurs, Pablo Longoria se fait reprendre de volée par plusieurs techniciens de Ligue 1, dont Rudi Garcia et Antoine Kombouaré.

L'interview a été publiée lundi, mais elle continue, quatre jours après, à faire couler beaucoup d'encre. Interrogé par le quotidien espagnol El Pais au sujet de la faiblesse actuelle de la Ligue 1 en coupe d'Europe, le président de l'OM Pablo Longoria a critiqué l’absence de "modèle" dans le football français, constatant notamment que "c'est l'un des pays qui exporte le moins d’entraîneurs". Une prise de position qui lui est maintenant reprochée par plusieurs coachs du championnat de France.

Kombouaré et Antonetti allument Longoria

La question est devenue un quasi incontournable des conférences de presse en marge de la 33e journée de Ligue 1, qui a lieu ce week-end: "Qu'avez-vous pensé des propos de Longoria sur les techniciens tricolores ?" Interrogé à ce sujet, Antoine Kombouaré n'y est pas allé par quatre chemins. "C'est qui Pablo Longoria ? Et depuis quand il est président ?", a ironisé l'entraîneur nantais, dans une séquence un peu lunaire. "Je ne lui réponds pas, j'ai un travail à faire. Je n'ai pas entendu et je n'ai pas envie de savoir ce qu'il dit, ça ne m'intéresse pas."

Son de cloche similaire pour Frédéric Antonetti, qui a été particulièrement virulent envers l'Espagnol. "Qu’est-ce qu’il a fait lui dans sa vie ? Je veux bien écouter Ancelotti, Tuchel, Kovac, les grands joueurs qui ont connu des grands championnats, tout ça j’accepte. Mais Longoria... Un dirigeant de Valence l’a traité de lâche et de menteur, je ne serais pas très fier qu’on dise ça sur moi, s'est emporté le coach messin. Lui, il sait faire un entraînement? Qu’est-ce que vous voulez discuter avec des gens comme ça?"

Des réussites à l'étranger pour Kovac et Gasset

Du côté de Monaco, avec Niko Kovac, et surtout de Bordeaux, avec Jean-Louis Gasset, on préfère mettre les réussites tricolores en avant: "Le président de Marseille n’a pas vu qu’au Real Madrid l’entraineur (Zinédine Zidane) était français... Didier Deschamps a réussi à la Juventus, Rudi Garcia à la Roma. On a quelques bons exemples et nous on est derrière eux." Garcia, justement, a été un peu plus bavard sur la question. "Très honnêtement, il n'y a pas moins de qualité chez les entraîneurs français que chez les étrangers. Il y a des très bons partout et notamment en France", a-t-il salué.

Le coach de l'OL a aussi souligné l'existence d'entraîneurs français ayant été "fabuleux" par-delà les frontières: "Denoueix, Montanier, Wenger, Houllier ou Zidane". " Ce n'est pas non plus pour rien que les meilleurs jeunes au monde sont en France et ne sont plus, pour beaucoup, dans le championnat de France. C'est aussi parce qu'ils savent tout faire", a-t-il ajouté. Il estime en revanche que la France peine à mettre ses techniciens avant. " J'en ai déjà parlé à l'Unecatef, on devra être meilleurs dans le lobbying pour mettre en avant la qualité des entraîneurs français et être plus soutenus par les médias. En Italie, je vois qu'il y a une sorte de protection des entraîneurs locaux et ça leur donne beaucoup de force pour s'exporter à l'étranger."

Un manque de réseau pour Fournier et Genesio

Un constat qu'avait déjà fait Bruno Genesio, jeudi. "Je pense que nous, entraîneurs français ne sommes pas suffisamment solidaires face à ça", regrettait le coach rennais. "Il y a plein d’exemples de coachs français qui font très bien leur travail et qui ne sont pas mis en avant, parce qu’ils n’ont pas la carte. C’est-à-dire, peut-être le look, la façon de parler, le fait d’avoir des relations avec un certain réseau."

La veille, le premier entraîneur à allumer la mèche avait été Raymond Domenech, dans un communiqué publié sur le site de l'UNECATEF. L'éphémère technicien nantais y regrettait que Longoria "reprenne le flambeau de la critique envers les entraîneurs français chère à tous nos détracteurs". Hubert Fournier, DTN de la FFF, s'est lui dit "surpris" des propos de Longoria, tout en reconnaissant qu'il avait "raison sur notre manque de rayonnement, même si la raison principale n'est pas le manque de compétence, mais le manque de réseau".

Par Corentin Parbaud