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OM: Gaudin ne croit pas à la vente du Vélodrome… et fait une allusion au Qatar

L’ancien maire de Marseille Jean-Claude Gaudin a évoqué, ce samedi sur BFMTV, ses souvenirs de l’OM et l’actualité du club, qui vit une saison mouvementée.

Neuf mois après avoir quitté son fauteuil de maire de Marseille, qu'il a occupé pendant 25 ans, Jean-Claude Gaudin publie ses mémoires dans un ouvrage de 500 pages intitulé "Maintenant, je vais tout vous raconter". L’ancien édile a reçu Apolline de Malherbe pour BFMTV dans sa maison natale. Il aura été question, au cours de cet entretien, de 50 ans de vie politique. Et de football, le club de la ville, l’Olympique de Marseille étant un sujet de première importance dans la cité phocéenne.

"Mon père était un fanatique de foot, moi pas du tout, explique Jean-Claude Gaudin. Sauf qu’en 1995, l’OM est rétrogradé, à mon avis injustement. Tapie s’en va, il n’y a plus les feux d’artifice et les paillettes... Il n’y a plus tout ce qui caractérise sa personnalité. Il n’y a plus que les dettes. Et le tribunal dit: 'Il faudrait faire une société d'économie mixte et ce serait bien qu’elle soit présidée par le maire'. Et donc, je deviens président de l’OM. Et là, je vais me lier d’amitié avec des joueurs de cette époque-là."

Gaudin: "Le Vélodrome ? Il faudra ajouter 100 millions au prix de vente"

Le club remonte en 1996, et déjà, l’élu sent que le job n’est pas fait pour lui. "Ma hantise, à l’époque, c’était de signer les chèques des joueurs. Pour moi, c’était des sommes faramineuses. Les chèques d’aujourd’hui, c’est ahurissant, mais bon, c’est comme ça." Du temps où il occupait le poste de maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin était beaucoup plus attaché au stade Vélodrome, qu'il a toujours refusé de céder.

"J’ai toujours considéré que le stade, comme le Vieux-Port de Marseille ou Notre-Dame-de-la-Garde, appartenaient à tous les Marseillais. Et que, par conséquent, il ne fallait pas y toucher. Si le maire décide de vendre le stade, il faudra aussi qu’au prix de vente, on ajoute 100 millions d’argent public. Parce qu’il y a eu, au moment où l’a transformé pour en faire un stade neuf qui plaît à tout le monde, 47 millions de la ville, 30 millions du conseil départemental, 20 millions de la communauté urbaine, 12 millions de la région. Cela fait en gros 100 millions d'euros qu’il faudra ajouter au prix de vente."

Gaudin: "Ce n'est pas le Paris Saint-Germain ici !"

La donne pourrait changer avec le nouveau maire de Marseille Benoît Payan, qui avait réaffirmé le mois dernier sur RMC son souhait de vendre le stade Vélodrome à l’OM, mais, il est vrai, pas à n’importe quel prix. "Et il va le trouver où l’acquéreur du stade Vélodrome ?, s’inquiète Jean-Claude Gaudin. Des Aulas, vous croyez qu’il y en a beaucoup ?" "Si c’est pour franchir la Méditerranée pour aller trouver dans quelques autres pays puissants un acquéreur pour le stade, je ne crois pas que ça plaise beaucoup aux Marseillais, appuie-t-il dans une référence à peine voilée au Qatar. Je pense que ce n’est pas une bonne chose. Ce n'est pas le Paris Saint-Germain ici."

Entre crise sportive et institutionnelle où tout a fini par se mêler, l’Olympique de Marseille a vécu un douloureux épisode de très fortes tensions au cœur de la saison. Un conflit qui laissera des traces et dont l’OM cherche encore à se relever. "L’OM se relève quand ses joueurs, payés à prix d’or, acceptent de mouiller le maillot et de gagner, estime Gaudin. Quand l’équipe gagne, Marseille adhère. Quand ça se passe mal sur le terrain, là, les Marseillais, compte tenu de l’argent qu’on donne aux joueurs, ils ne sont pas contents. J’incite les joueurs à être le symbole: l’OM est un facteur d’intégration des populations. Dans la deuxième ville de France, où il y a une mosaïque extraordinaire, le seul endroit où vous arrivez à rassembler 40.000 à 50.000 personnes de toutes origines différentes, de toutes sociologies différentes, c’est le stade Vélodrome."

QM