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PSG: C'est quoi exactement, le fair-play financier?

Après ses énormes dépenses de l'été, le PSG essaye de rentrer dans les clous du fair-play financier. RMC Sport vous explique les règles de cette mesure approuvée par l'UEFA en 2009 et pourquoi elle gêne tant le club de la capitale.

Quel est le but?

C'était une des grandes mesures promises par Michel Platini quand il était à la tête de l'instance européenne. Le Comité exécutif de l'UEFA a approuvé en 2009 le concept de fair-play financier, en vigueur depuis 2011. En clair, les clubs ne peuvent dépenser plus que ce qu'ils gagnent. Les objectifs sont: "introduire plus de discipline et de rationalité dans les finances des clubs de football ; faire diminuer la pression exercée par les salaires et les transferts, et limiter l'inflation ; encourager les clubs à prendre part à la compétition en comptant uniquement sur leurs revenus ; encourager les investissements sur le long terme dans le secteur de la jeunesse et des infrastructures ; protéger la viabilité du football européen sur le long terme ; s'assurer que les clubs honorent leurs dettes en temps et en heure." Bref, avoir un football sain et une concurrence équilibrée. 

Pourquoi le PSG est particulièrement visé?

Ces règles ont un effet pervers: elle empêche les nouveaux entrants (comme les Qataris au PSG ou les Emiratis à Manchester City) d'investir massivement pour rattraper leur retard sur les grands clubs installés depuis plus d'un siècle (Real Madrid, FC Barcelone, Bayern Munich...) PSG et Manchester City ont d'ailleurs déjà été condamnés, notamment à des restrictions sur le marché des transferts et pour le nombre de joueurs inscrits pour les Coupe d'Europe.

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En quoi les "nouvelles règles" peuvent gêner le PSG?

Pour rentrer dans les clous du fair-play financier, le PSG planche sur trois axes, en plus de la vente de joueurs. Il s'agit d'augmenter les revenus billetterie, ceux liés aux droits TV et ceux des contrats de sponsoring avec des marques internationales non qatariennes. C'est sur ce dernier point que l'UEFA attend le PSG au tournant. Depuis 2015 et jusqu'au terme de la saison 2017-2018, les propriétaires de club ou une partie liée peuvent éponger des pertes de 30 millions d'euros maximum par an (contre 45 entre 2013 et 2015).

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L'UEFA entend par partie liée le fait qu'un "propriétaire d'un club injecte de l'argent par le biais d'un contrat de sponsoring avec une société avec laquelle il a des liens". Paris doit donc augmenter ses revenus avec des marques non qatariennes pour que l'UEFA ne considère pas qu'il a contourné les règles. En 2014, l'UEFA avait par exemple jugé surévalué le contrat passé avec l'office de tourisme du Qatar et l'avait sanctionné d'une amende de 60 millions d'euros (dont 20 ferme), d'un encadrement de sa masse salariale et d'une restriction de joueurs inscrits pour jouer la Ligue des champions.

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Quelles peuvent être les sanctions?

Déjà épinglé par l'UEFA, le PSG n'a pas écopé de la sanction la plus lourde. Et heureusement, car l'instance européenne peut frapper très fort. Voici le barème des sanctions:

a) la mise en garde
b) le blâme
c) l'amende
d) la déduction de points
e) la rétention de recettes provenant d’une compétition de l’UEFA
f) l'interdiction d’inscrire de nouveaux joueurs dans des compétitions de l’UEFA
g) la restriction du nombre de joueurs qu'un club peut inscrire pour participer aux compétitions de l'UEFA, y compris la limitation financière des coûts globaux des prestations en faveur du personnel pour les joueurs inscrits sur la liste A aux fins des compétitions de l'UEFA
h) l'exclusion de compétitions en cours et/ou de compétitions futures
i) le retrait d’un titre ou d’un mérite.

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Alexandre Alain Journaliste RMC Sport