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Chambly: "J'étais très froid", Planté raconte sa sortie de retraite inattendue

Vincent Planté (Chambly)

Vincent Planté (Chambly) - ICON SPORT

Retraité depuis 2017 et désormais entraîneur des gardiens de Chambly, Vincent Planté a été contraint d'entrer en jeu après une avalanche de blessures, samedi en Ligue 2 face à Amiens. Il raconte ce retour inattendu.

Une scène inhabituelle et cocasse s'est déroulée samedi soir en Ligue 2. Chambly, qui joue son maintien, mène 2-0 sur sa pelouse contre Amiens quand le gardien titulaire Xavier Pinoteau se blesse. Alors que le club fait face à une cascade de blessures, c'est l'entraîneur des gardiens camblysiens Vincent Planté, 40 ans, 115 matchs de Ligue 1 et retraité des terrains depuis 2017, qui est contraint de rentrer en jeu. Un retour remarqué.

Quatre ans après, vous êtes de retour sur les terrains, ce n’était pas forcément prévu ?

Non, ce n’était pas ce qui était prévu, ça fait quatre ans que je suis à Chambly. J’ai toujours pris une licence au cas où, surtout au niveau de l’association, de la réserve et de l’équipe C. Aujourd’hui, les blessures de nos quatre gardiens ont fait que j’ai dû rentrer sur le match.

Vous étiez déjà sur la feuille de match contre Clermont (0-1), cette fois, vous êtes rentré en jeu. Vous vous attendiez à ce que ça se produise ?

Non. Mais à partir du moment où le coach me dit que je suis sur la feuille de match en tant que numéro 2, je me prépare toujours à rentrer. J’espérais ne pas rentrer, car cela voulait dire qu’il y avait une blessure ou une suspension d’un de nos gardiens. Je me suis préparé en conséquence, cela fait déjà quelques semaines que de temps en temps je m’entraîne avec le groupe.

Donc en plus de faire entraîneur des gardiens, vous participez aux séances ?

Oui oui, bien sûr, parce que des fois le coach a besoin de quatre gardiens. Nous, à Chambly, on n'a pas de centre de formation. Les jeunes gardiens sont parfois à l’école, ou les plus anciens sont en train de travailler, donc c’est moi qui fais parfois le numéro 4 sur les séances.

Et comment vous êtes-vous senti en rentrant sur la pelouse à la mi-temps ?

Très froid (il rigole). Mais ça n’a pas été trop long de reprendre les habitudes, vu que ça fait quelques semaines que je m’entraîne. Si j’avais appris jeudi que Simon était blessé, ça aurait été un peu plus difficile. Là, il y avait un peu de rythme. En tant qu’entraîneur des gardiens, je me dois de garder un certain physique.

Les quatre gardiens blessés ont-ils des blessures graves ?

Pour Xavier (Pinoteau), on ne sait pas encore. Il a ressenti une pointe au mollet. On va attendre un examen complémentaire pour savoir la nature et la gravité de la blessure. Pour Simon (Pontdeme), c’est une grosse entorse de la cheville, il est encore en phase de reprise. Pour Kylian le Roy (numéro 3), c’est une rupture au niveau de la hanche, donc une fin de saison. Et pour Victor Gassman, notre u19 qui était numéro 4, il s’est fracturé le poignet, donc fin de saison aussi.

C’est possible de vous revoir dans les buts mardi contre Guingamp ?

Sincèrement, je ne sais pas du tout, je ne préfère pas m’avancer. Xavier Pinoteau va être un peu juste, Simon est en train de revenir. Est ce qu’il sera disponible mardi ? Ce sera au coach de le décider.

Un clean sheet pour votre retour, on a connu pire …

Un demi-clean sheet, car ce n’est qu’une mi-temps, il ne faut pas l’oublier (rires). La première période, c’est Xav qui l’a faite. C’est sûr que ça fait toujours plaisir, il faut surtout féliciter les joueurs qui ont très bien défendu. Pour eux, ça ne devait pas être forcément évident de se retrouver avec moi dans les buts, je rentre je suis froid... Il a 40 ans le papy, donc il faut faire attention.

Vous vous êtes fait chambrer sur votre rentrée ?

Mes proches ont été surpris et plutôt contents de voir que je jouais. Et le staff me chambre déjà quand je suis dans les buts à l’entraînement...

Avec cette victoire, vous relancez encore plus la course au maintien ?

Il va y avoir une grosse fin de saison à jouer avec beaucoup de suspens et des confrontations directes dès mardi, que ce soit nous contre Guingamp ou Caen contre Dunkerque. Il faut continuer à faire ce qu’on a fait sur le match d’hier. Ce match-là va valoir cher, tout est encore possible.

Par Adrien Lejeune