RMC Sport

Ligue 2 : les 24 heures surréalistes de Chambly, cluster de Covid-19 et contraint de jouer

L'ancien demi-finaliste de la Coupe de France, Chambly, a réalisé une prestation honorable à Clermont (0-1) après un voyage en bus pendant lequel un joueur et l'entraîneur ont été testés positifs, et la menace d'une exclusion de leur hôtel samedi matin.

Samedi peu avant 21 heures, le coup de sifflet final de M. Lepaysant a délivré Chambly d'un week-end cauchemardesque. Durement touché par le variant britannique du Covid-19, le club de l'Oise a été contraint de jouer à Clermont (0-1) après 24 heures surréalistes.

Vendredi midi, le chargé de communication camblysien Maxime Malory, annonce que 11 joueurs ont été testés positifs et ne tourne pas autour du pot : "c'est un vrai cluster". Dans l'Oise, on espère encore le report de la rencontre même si les joueurs sont déjà en route vers Clermont.

Menacés d'être expulsés de leur hôtel

Pire, le 11e cas positif vient d'être confirmé... dans le bus de l'équipe. L'entraîneur Bruno Luzi est également contaminé, et symptomatique. Tous les ingrédients semblent réunis pour reporter la rencontre mais en face, un adversaire qui va jouer les troubles-fêtes : le protocole sanitaire de la LFP.

Tant que vingt joueurs sur trente sont testés négatifs (donc dix cas positifs), le match peut se jouer, dit le texte. Mais le décompte s'arrête, curieusement, 48 heures avant le coup d'envoi.

Chambly doit donc continuer sa route et la LFP refuse de comptabiliser le 11e joueur positif pour une querelle de tests : le club de Ligue 2 a utilisé un test antigénique, la Ligue veut un PCR.

Arrivés à Clermont, les hommes du président Fulvio Luzi se heurtent à un autre problème : leur hôtel. Pas très enthousiaste au vu de la situation sanitaire, l'établissement est prêt à écourter le séjour des Camblysiens avant de faire marche arrière. "On remercie l'hôtel Novotel de Clermont qui voulait au départ nous foutre dehors par peur du Covid mais qui nous a permis de rester", a salué Fulvio Luzi après le match.

Jusqu'au bout, le président camblysien aura attendu un signe de la LFP, après des contacts noués samedi matin. "On ne nous a pas rappelés, on est habitués, nous sommes Chambly. J'en veux à une personne qui s'est mal comportée et qui a fait du mal au football. Elle va m'entendre dès lundi matin", a prévenu le président de l'ex-demi finaliste de Coupe de France.

"16 guerriers" sur le terrain

Sur le terrain, les Camblysiens doivent faire avec les moyens du bord : dix joueurs pros, cinq jeunes et... Vincent Planté. Pour la première fois depuis sa retraite en 2017, l'entraîneur des gardiens couche son nom sur la feuille de match, comme remplaçant. Face à Clermont, candidat à la montée, on ne donnait pas cher de la peau du 18e de Ligue 2.

Mais, pleins de solidarité, les "16 guerriers", selon l'expression du club, tiennent tête aux Auvergnats et concèdent une courte défaite (0-1). "J'ai utilisé mes mots. J'ai dit aux joueurs de poster les c.... sur la table. Nos familles s'inquiètent pour nous. Ça reste un match de foot. La vie est plus importante qu'un match de foot", raconte Vincent Planté, chargé de la causerie en l'absence de Bruno Luzi.

En face, Pascal Gastien avait du mal à se réjouir. "On n’aurait pas dû jouer ce match. On nous a fait prendre des risques. Malgré le règlement, je pense que les circonstances étaient particulières. On fera des tests dès mardi en plus de ceux prévus jeudi", a déclaré l'entraîneur clermontois en conférence de presse.

La crainte d'une contamination à Clermont

Car les Auvergnats peuvent légitimement s'inquiéter. Et si le variant anglais, redoutablement contagieux, était resté au stade Gabriel Montpied. L'adversaire précédent des Camblysiens, Sochaux, compte déjà trois joueurs positifs.

"Il ne faut pas avoir fait Sciences Po pour comprendre que c’est nous qui avons refilé ces cas à Sochaux. [...] La vraie crainte c’est de contaminer cette équipe de Clermont et de les empêcher de poursuivre correctement leur Championnat ", regrettait Maxime Malory, le chargé de communication de Chambly.

Le protocole sanitaire de la LFP risque lui aussi d'être dans le viseur après ce week-end rocambolesque. Samedi, les rugbymen clermontois auraient dû se déplacer à Agen. Mais leur match a été reporté. Motif ? Au moins cinq joueurs de l'ASM étaient positifs au Covid... loin des 11 cas recensés à Chambly.

SSa