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Manchester United-Atalanta: Solskjaer plus que jamais sous pression

Malgré les arrivées estivales de Cristiano Ronaldo, Raphaël Varane et Jadon Sancho, Manchester United réalise une première partie de saison très moyenne. Si bien qu'un mauvais résultat ce mercredi soir contre l'Atalanta en Ligue des champions fragiliserait un peu plus la position d'Ole Gunnar Solskjaer, avant le choc contre Liverpool dimanche.

Qu'ils semblent loin, le démarrage en fanfare, le succès initial contre Leeds (5-1), le doublé de Cristiano Ronaldo pour sa première contre Newcastle (4-1), et ce sentiment d'une équipe enfin lancée. Alors que l'automne s'est abattu sur le North West, que l'exercice 2021-2022 en est à peu près à son quart, Manchester United, comme trop souvent ces dernières années, se retrouve dans une crise de résultats.

Avec trois défaites et un nul sur leurs cinq derniers matchs, les Red Devils - déjà éliminés de la Coupe de la Ligue - ne sont aujourd'hui que sixièmes de Premier League, à cinq longueurs du leader Chelsea, et troisièmes de leur groupe F de Ligue des champions, à égalité de points avec leurs bourreaux de la première journée, les redoutables Young Boys de Berne. Autant dire qu'au moment de recevoir l'Atalanta ce mercredi soir, quatre jours avant un choc contre Liverpool en championnat, "Man U" a la pression. Et un homme tout particulièrement: son coach, Ole Gunnar Solskjaer.

Les supporters veulent sa tête, Carragher aussi

Depuis sa prise de fonctions en décembre 2018, jamais le technicien norvégien n'est parvenu à convaincre sur le long terme. Annoncé à de multiples reprises sur la sellette, toujours avant un match "capital" pour son avenir, l'ancien supersub a pourtant résisté aux critiques et aux vents contraires. Mais cette fois, les vents sont devenus tempête.

Sur Twitter, le hashtag #OleOut (Ole, dehors) s'est retrouvé ces derniers jours dans les principales tendances au Royaume-Uni. Derrière ces six lettres, nombre de supporters mancuniens ont fait part - avec plus ou moins de véhémence - de leur exaspération, de leur ras-le-bol. Au-delà des résultats, il est reproché à Solskjaer ses choix tactiques, comme la titularisation d'Harry Maguire lors du naufrage contre Leicester samedi (4-2), son incapacité à donner un style affirmé à l'équipe, ou plus globalement à la faire progresser.

Avec les arrivées de Jadon Sancho, Raphaël Varane et surtout Cristiano Ronaldo cet été, le Norvégien a pourtant vu son effectif être renforcé. Mais cela ne s'est pas traduit sur le pré. Au-delà de ses cinq buts en huit matchs, le quintuple Ballon d'or - pour ne parler que de lui - donne surtout l'impression d'être un problème tactique en plus pour son coach, qui ne trouve pas la clé. Solskjaer en a-t-il seulement la capacité? C'est toute la question.

Même à la télévision britannique, où le technicien a longtemps bénéficié du soutien de ses nombreux copains consultants, capables de superbes numéros d'équilibristes en critiquant l'équipe sans le critiquer lui-même, le ton a changé. Lundi, c'est une sortie de Jamie Carragher, ancienne gloire de Liverpool, qui a été particulièrement remarquée. "Cette équipe n'est pas une mauvaise équipe, c'est au contraire une bonne équipe, avec une collection de bonnes individualités. (...) Mais le seul trophée que peut jouer United cette saison, c’est la Cup ou la Ligue Europa, a taclé l'ex-défenseur sur Sky Sports. Et même si le club remportait l’un de ces titres, ça ne changerait rien, il lui faudrait remplacer Ole Gunnar Solskjaer. Manchester United a besoin d'un meilleur entraîneur. C'est un constat. Il n'a pas le niveau des autres top managers de Premier League."

Un contrat jusqu'en 2024

Invité mardi à réagir à ces propos, l'intéressé a tenu à afficher une certaine sérénité. "On s'est amélioré chaque saison, on a vu des progrès, on a vu notre développement, s'est-il défendu. Cette année, on a fait signer des joueurs qui augmentent les attentes, mais les autres équipes aussi en ont recruté. Nous sommes dans le même bateau que les autres grosses équipes. Après, évidemment qu'il y a de la pression sur nous et sur moi."

Sa situation contractuelle peut toutefois lui permettre de relativiser, car il n'a échappé à personne que la direction des Red Devils a prolongé cet été Solskjaer... jusqu'en 2024. Autrement dit: un licenciement coûterait très cher au club. "J'ai mes valeurs, ma façon d'entraîner, a-t-il poursuivi. J'ai confiance en moi, le club a confiance en moi actuellement." Pour ce qui est du board de Manchester United, c'est possible. Pour ce qui est des joueurs, c'est moins sûr...

Après la défaite contre Leicester le week-end dernier, Paul Pogba - sans jamais pointer son coach - a semblé un brin fataliste. "Nous devons changer quelque chose, a lancé le milieu de terrain français, sans donner l’impression de trop y croire. On ne comprend pas, c’est frustrant, mais il va falloir découvrir les raisons de cet échec très rapidement pour lutter avec les autres. (...) Nous devons retrouver la bonne mentalité, la bonne tactique." Et lundi, c'est l'émission El Chiringuito, en Espagne, qui assurait que Cristiano Ronaldo avait demandé au club de prendre contact avec Zinedine Zidane.

Face à la bande de Gian Piero Gasperini, ce mercredi à Old Trafford, Solskjaer aura l'occasion, peut-être la dernière, de faire taire les critiques. Il devra aussi faire mentir les stats. Car avec le Norvégien sur le banc, Manchester United a perdu 58% de ses matchs de Ligue des champions (7 sur 12). Aucun entraîneur ayant dirigé un club anglais au moins dix fois dans la compétition n'affiche un pire bilan.

https://twitter.com/clementchaillou Clément Chaillou Journaliste RMC Sport