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Riolo: La Super League et les hypocrites...

La création de la Super League européenne a été annoncée dans la nuit de dimanche à lundi. Elle comprend pour l'heure 12 clubs fondateurs et vient mettre à mal la Ligue des champions et l'UEFA. Analyse de Daniel Riolo sur les raisons d'une situation aussi chaotique.

Cette fois, c’est parti et ils ne reculeront plus. Dès septembre, la Super League verra peut-être le jour. C’est en tout cas ce que sous-entend le communiqué officiel tombé à minuit. La guerre est déclarée et il est encore trop tôt pour savoir comment ça va se passer et qui va gagner. Je le dis et je le répète, être pour ou contre la Super League est un débat qui ne m’intéresse pas. C’est un débat plein de passion de bas étage. Ça hurle et ça crie sans réflechir et surtout sans se demander comment on en est arrivé là.

On se lamente d’un modèle américain qui n’est pas le nôtre, mais on vend nos clubs aux Américains. On se plaint d’une élite, d’un club de riches qui veulent jouer entre eux. Mais quand on a supprimé la C2, quand on a invité le deuxième du championnat, puis le troisième, puis le quatrième, qui a hurlé? On s’est juste battu pour être dans les deux, puis dans les trois et on a pleuré parce qu’on n’a pas eu quatre places. 

On ne veut pas d’une élite resserée. 20 plutôt que 32. Mais on se lasse des matchs de poules et on est bien obligé de s’avouer que la compétition commence vraiment en huitième de finale.

On aime le foot des petits, pas celui des gros, n’est ce pas? Foutaises et mensonges. La Ligue Europa sans club français fait un quart de page loin dans le journal. Quand les Français se font taper en C3, on dit même que c’est pas grave, parce qu’on ne la joue pas vraiment. On s’inquiète du fait que personne n’a acheté les droits de la Ligue Europa pour les saisons à venir?

"La Ligue 1? Combien elle vaut aujourd'hui?"

On n’aime pas l’élite, mais on programme des matchs de Coupe de France à 14h en semaine. Plus aucun diffuseur ne se bat pour acheter les droits. On a supprimé la Coupe de la Ligue parce que personne n’en voulait! Je dois vraiment reparler de ce qu’il s’est passé avec notre Ligue 1? Combien elle vaut aujourd’hui au fait? Si les grands défenseurs de notre foot des terroirs et chapelles, de nos derbies, veulent bien se pencher sur les audiences des matchs de L1, ils risquent de tomber à la renverse.

Et on parle des matchs de l’équipe de France qui n’intéressent plus personne? La vérité, c’est que le foot est dévalué partout. La Ligue des champions est le principal vecteur d’émotions aujourd’hui. Mais là aussi, les audiences sont en baisse.

L’UEFA pleure, hurle et menace. Mais qu’ont-ils fait? Comment se sont-ils organisés pour lutter? En proposant une réforme absolument absurde avec 36 clubs et une formule incompréhensible? Ceux qui ne veulent pas de la Super League vont vraiment préférer la compétition suisse? Que chacun reste dans ses postures et son indignation bon marché. Je ne marche pas. 

"Une formule claire et nette"

Alors, vu le tableau, comment être étonné de cette bombe qui vient d’exploser à la tronche du foot mondial? 12 clubs, bientôt 20. Une formule claire et nette. Lisible. 15 fondateurs et cinq équipes qui se renouvellent. Un quart en somme. On est sûr que chaque année, depuis 10 ans, la Ligue des champions actuelle proposait un renouvellement plus important? Sur ces cinq équipes, le mérite sportif sera déterminant et c’est mieux qu’une invitation à la tête du client.

On parle de clubs avides de pognon. Parce que ce n’est pas déjà le cas avec la Ligue des champions? On était dans le mécénat, la philantropie. J’ai raté un truc? En réponse, la Super League indique qu’un cadre de dépenses régulé sera mis en place. Des revenus de solidarité seront dégagés.

Ni pour ni contre, bien au contraire, disait Coluche. Finalement, face à cette journée historique pour notre foot, je suis plutôt en colère. Les postures, les hypocrisies, les offusqués, tout ça me fatigue. Quitte à être nostalgique, rendez-moi mes trois Coupes d’Europe de quand j’étais petit et laissez moi tranquille. 

dossier :

La Super League

Daniel Riolo