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Un an après, Arteta et Arsenal n'ont pas avancé

Nommé fin décembre 2019, l'entraîneur espagnol a connu un début de mandat idéal avec deux titres mais le début de saison catastrophique des Gunners le met sous pression avant le Boxing Day.

Difficile de reprocher à Mikel Arteta un manque de constance dans ses idées. À son arrivée sur le banc d'Arsenal, le 20 décembre 2019, le protégé de Pep Guardiola promettait de "donner jusqu'à la dernière goutte de sang" pour les Gunners.

Un an plus tard, mi-décembre, devant les mauvais résultats de son club, il a filé la métaphore devant les journalistes: "Nous ne gagnons pas les matches. Il faut (savoir) exposer son torse et dire 'frappez-moi, vous en avez le droit'".

Son mandat avait pourtant commencé fort avec deux trophées, une FA Cup et un Community Shield. Mais le début de saison catastrophique des Gunners, 15e de Premier League après 14 matches (du jamais-vu depuis 1975), a tout effacé.

Une entente d'abord idyllique avec son groupe

Pour son premier passage devant les micros en tant qu'entraîneur des Gunners, Arteta promettait "d'impliquer tout le monde" au club.

L'ex-adjoint de Pep Guardiola à Manchester City avait notamment remobilisé un Granit Xhaka à couteaux tirés avec les supporters après sa sortie électrique contre Crystal Palace en octobre 2019. "Je lui ai dit à quel point je l'aimais et ce que j'attendais de lui", confiait alors Arteta. 

Remotivés, les Gunners étaient allés chercher une Coupe d'Angleterre, leur premier trophée depuis trois ans, face à Chelsea en finale (2-1), puis un Community Shield aux tirs au but contre Liverpool.

L'entraîneur espagnol a su tisser un lien avec son groupe, à l'image de Pierre-Emerick Aubameyang qui a prolongé son contrat mi-septembre. "Deux choses ont fait que je suis resté ici. La première est le coach", expliquait l'attaquant gabonais à Canal +, mettant en avant les longues discussions entre les deux hommes sur le projet d'Arsenal.

Jeu poussif et coach agacé

L'harmonie créée par Arteta n'a pas survécu au début de saison. Absent des listes de joueurs éligibles en Premier League et en Ligue Europa, Mesut Özil est au placard et son agent a allumé le coach espagnol. "Il n’a pas échoué avec Özil. Il n’a pas été juste avec lui, honnête et transparent", estime Erkut Soglut.

Pendant que l'international allemand patiente, les Gunners patinent en attaque. Arrivé avec la réputation flatteuse d'un manager nourri aux idées de Guardiola, Arteta conduit l'une des pires attaques de Premier League: 12 buts en 14 matches.

Très décevants, Nicolas Pépé et Willian ont entraîné dans leur chute Alexandre Lacazette et Pierre-Emerick Aubameyang. L'international gabonais, souvent exilé sur l'aile gauche, n'a marqué que trois fois en Premier League, contre 22 la saison passée.

Adepte du 4-2-3-1, l'entraîneur espagnol est passé en 3-4-3 pour aider une défense également en difficulté. C'est avec ce système qu'il a résisté à Liverpool lors du Community Shield. Mais depuis deux mois rien ne marche: le retour à quatre défenseurs puis à trois n'a pas donné de résultats.

Déjà sur un siège éjectable ?

À en croire son directeur sportif Edu, Arteta n'est pas menacé. "Le club a besoin de stabilité", a martelé le Brésilien, avant la défaite contre Burnley (0-1). Mais Pep Guardiola est tout de même venu à la rescousse de son protégé... après l'avoir laminé en Coupe de la Ligue (4-1).

"C'est juste une question de temps, il va y arriver, promet le coach de Manchester City. Pour moi, ils feraient une grosse erreur s'ils pensent à le virer."

Sur le bord du terrain, Arteta semble de plus en plus agacé. Furieux des expulsions de Nicolas Pépé contre Leeds et Granit Xhaka contre Burnley, il a qualifié "d'inacceptable" l'attitude des deux joueurs . Fin novembre, il s'est aussi lancé dans une chasse à la "taupe" après qu'une bagarre entre David Luiz et Dani Ceballos ait été révélée par le site The Athletic.

Une attitude bien éloignée de la vision prônée il y a un an: "Nous devons construire une culture qui doit soutenir le reste, si vous n'avez pas la bonne culture dans les moments difficiles, cela va vaciller."

La "culture" est aujourd'hui mise à mal et l'entraîneur espagnol devra redresser la barre pendant les fêtes, à commencer par la réception de Chelsea samedi lors du "Boxing Day".

SSa