RMC Sport

Super League: l’immense pactole que vont toucher les participants

Pour attirer une large partie des grands clubs européens historiques, la Super League devrait leur injecter 3,5 milliards d’euros directement dans les caisses, une somme (beaucoup) plus importante que celle générée par la Ligue des champions. Et bien moins régie par un principe méritocratique.

Si le Bayern Munich et le Paris Saint-Germain ont refusé de prendre part à la Super League, nouvelle compétition européenne semi-fermée visant à supplanter la Ligue des champions, ce n’est pas le cas de trois Espagnols (Real Madrid, FC Barcelone, Atlético de Madrid), trois Italiens (Juventus Turin, AC Milan, Inter Milan) et six Anglais (Liverpool, Manchester United, Manchester City, Chelsea, Tottenham et Arsenal). Qui ont saisi-là l’opportunité de faire considérablement gonfler leurs revenus.

>> La crise de la Super League en direct: toutes les infos

En faisant directement concurrence à la C1, ces douze clubs dissidents s’exposent à de lourdes sanctions de l’UEFA et au désamour des amoureux du football. Qui s’insurgent à tout va d’un nouvel acteur majeur qui pourrait mettre en danger les principes de solidarité et de redistribution du football européen.

Car le fonctionnement est le suivant: en faisant s’affronter entre elles les plus grosses cylindrées du continent, la Super League promet de proposer un spectacle de très haut niveau, d’attirer les foules, et de générer de colossaux revenus via le sponsoring et les droits de diffusion. Un dernier point valable seulement si l’opinion publique et les fans consentent bien à suivre la compétition et à la faire vivre grâce à l’argent dépensé dans la billetterie et les abonnements TV et/ou internet…

Aux fondateurs l’énorme part du gâteau

En attendant, la nouvelle organisation européenne a déjà promis une "croissance économique substantielle" basée sur un système de répartition des recettes qui verrait les quinze clubs "fondateurs" (ces douze + trois pas encore connus) capter 32,5% du price money total quel que soit le résultat, 32,5% serait distribué à part égalitaire, 20% sur le mérite sportif et 15% sur la notoriété.

Désireuse d’expliciter un cadre à son volet financier, la Super League a annoncé que les clubs participant à sa super-compétition seront soumis à "un cadre de dépenses régulé". C’est-à-dire à un contrôle de la masse salariale (plafonnée à 55% des revenus du club) par le bien-nommé "groupe de durabilité financière", sorte de fair-play financier emmiellé.

Et qu’en contrepartie, ceux-ci recevront "un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid". 3,5 milliards, soit trois fois plus que la Ligue des champions, qui ne redistribue "que" 2 milliards d’euros chaque année aux 32 équipes prenant part à la compétition... Un joli pactole pour bien débuter l’aventure, un montant financé par l’intermédiaire de la plus grande banque américaine, JP Morgan, selon diverses sources.

dossier :

La Super League

Romain Daveau Journaliste RMC Sport