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JO 2021 (haltérophilie): non-médaillée, Laurel Hubbard est devenue la première athlète transgenre aux Jeux

Première femme transgenre à participer aux Jeux olympiques, Laurel Hubbard n’aura pas réussi à monter sur le podium chez les +87 kilos. Avec trois échecs sur trois tentatives à l’arraché, l’haltérophile néo-zélandaise a terminé dernière.

Elle n’était pas LA star féminine annoncée des Jeux, statut réservé à Simone Biles ou Naomi Osaka. Mais son passage était très attendu. Première athlète transgenre à participer à une épreuve individuelle aux Jeux olympiques, Laurel Hubbard était engagée ce lundi à Tokyo dans l’épreuve féminine d’haltérophilie pour les plus de 87 kilos. Une première historique qui intriguait les médias, sans doute avides d’une possible polémique en cas de médaille: les organisateurs avaient reçu deux fois plus de demandes que de sièges disponibles en tribune de presse pour cette session! Mais le résultat n’aura pas été à la hauteur de la curiosité.

Avec un échec à 120 kilos puis deux à 125, la Néo-Zélandaise de quarante-trois ans a été la seule des dix concurrentes à ne pas soulever la moindre barre à l’arraché. Ce qui a privé celle qui n’était pas favorite pour une médaille de la possibilité de poursuivre le concours avec l’épaulé-jeté. Dernière, Hubbard aura eu l’occasion d’assister au sacre de l’impressionnante Chinoise Wenwen Li, déjà recordwoman du monde de la spécialité depuis avril et qui a signé à vingt-et-un ans un record olympique (140 kilos) à l’arraché avant de refaire de même à l’épaulé-jeté (180 kilos) pour s’offrir le record olympique global (320 kilos).

Si la Néo-Zélandaise a suscité autant d’intérêt, c’est que sa participation aux Jeux avait fait polémique. Hubbard a longtemps participé à des compétitions masculines, où elle n’a jamais atteint le plus haut niveau malgré quelques titres chez les juniors, avant de prendre un break de son sport il y a vingt ans pour entamer sa transition car la lutte interne pour son identité de genre était devenue "trop lourde à porter". Elle avait repris l’haltérophilie en 2012, cinq ans après sa transition, et ses résultats depuis quatre ans – deuxième des Mondiaux en 2017, victorieuse des World Masters Games en 2017, des Jeux du Pacifique en 2019 et des championnats du Commonwealth et d’Océanie en 2017 et 2019 – avaient entraîné de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux comme chez ses concurrentes.

Ni porte-drapeau, ni porte-voix

Discrète dans les médias, dont le comité olympique néo-zélandais la protégeait depuis son arrivée à Tokyo pour que son épreuve reste le seul focus autour d’elle, cette "personne très discrète" (dixit la secrétaire générale de ce comité, Kereyn Smith) avait annoncé dès 2017 ne pas se sentir comme un porte-drapeau ou un porte-voix des athlètes transgenre et refusait d’endosser ce statut. Soutenue par ceux qui défendent les droits des femmes transgenre à concourir dans les compétitions féminines, elle a aussi dû subir l’avis de nombreuses autres voix questionnant le fait qu’elle possédait un avantage déloyal sur ses rivales en profitant des avantages physiques de son développement corporel masculin du passé.

Pour rappel, le Comité international olympique avait laissé chaque fédération sportive décider de ses propres règles pour l’inclusion ou non des athlètes transgenre et Hubbard avait rempli les critères de l’International Weightlifting Federation, l’instance mondiale de sa discipline, qui avait plus souvent dû faire face ces dernières années à des polémiques sur le dopage ou la corruption. Il y a quelques jours, des officiels du CIo ont déclaré qu’ils adopteraient de "nouvelles lignes directrices" sur la participation des femmes transgenre aux Jeux car la version actuelle, adoptée en 2015, est désormais "dépassée". Cela permettra peut-être de s’éviter quelques polémiques.

https://twitter.com/LexaB Alexandre Herbinet Journaliste RMC Sport