RMC Sport

La pique de Vincent Gérard à Macron après son coup de pression à l’Elysée

Invité sur RMC ce mercredi, Vincent Gérard, gardien de l’équipe de France de handball championne olympique à Tokyo, regrette l’opportunisme du gouvernement sur les médaillés, demande plus de moyens pour le sport à l’école et tique sur le coup de pression aux sportifs du président Emmanuel Macron en vue de Paris 2024.

Les sportifs français montent au créneau face aux politiques depuis la fin des Jeux olympiques. Le basketteur Evan Fournier avait regretté l’opportunisme de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale et des Sports. Teddy Riner, légende du judo, s’était étonné de l’objectif élevé de médailles fixé pour les Jeux olympiques de Paris 2024 avant que Kévin Mayer, vice-champion olympique de décathlon, ne regrette le manque de mise en avant du sport à l’école. Un autre champion a pris la parole, ce mercredi matin dans l’émission Apolline Matin sur RMC: Vincent Gérard, gardien de l’équipe de France de handball sacrée à Tokyo l’été dernier.

Lui aussi regrette le manque de moyens alloués aux sports à l’école et aux fédérations en raillant la communication d’Emmanuel Macron, lors de la réception des médaillés olympiques à l’Elysée. Le président de la République avait jugé le bilan des médailles en-deça des attentes et réclamé une razzia à Paris en 2024 (90 médailles).

"Je ne sais pas si c’était le moment de nous tancer parce qu’il n’y avait que des médaillés devant lui"

"Je ne sais pas si c’était le moment de nous tancer parce qu’il n’y avait que des médaillés devant lui, c’est-à-dire que des gens qui avaient gagné, souligne le gardien du PSG Handball. On peut se fixer des objectifs, on peut annoncer viser 150 médailles mais la réalité, c’est que ça ne se fait pas d’un claquement de doigts. Ça demande des efforts des athlètes, de la détection. Qui dit effort, dit moyens."

Pour lui, ils ne sont pas suffisants pour répondre à ces objectifs élevés. "Quand j’entends que nous devons mettre les moyens, ce n’est pas maintenant qu’il faut le faire, c’était il y a 7 ans, comme l’a dit Teddy Riner, poursuit-il. Ceux qui seront champions en 2024, on les connait déjà. On peut les aider, les accompagner mais on ne va pas les sortir du panier trois ans avant."

L’ancien joueur de Montpellier dénonce aussi le manque d’actions mises en place pour la pratique sportive à l’école. "Mon message n’est pas de dire qu’on doit créer des champions à l’école mais qu’on ne doit pas se servir des résultats du sport collectif pour dire que c’est l’école qui avait créé ces champions, précise-t-il en référence aux propos de Jean-Michel Blanquer dénoncés par Evan Fournier. Ce n’est pas le rôle de l’école, ni des enseignant d’EPS à qui on ne donne pas forcément les moyens de pratiquer leur métier dans des bonnes conditions."

"La France ne respecte pas les préconisations de l'OMS"

"Ce n’est pas suffisamment aidé en termes d’infrastructures d’organisation de classe, poursuit-il. Les enseignants ne peuvent pas pratiquer leur métier dans des conditions optimales. Ce qui m’a agacé, c’est de se servir des bons résultats des sports co français pour vendre une politique sportive à l’école. Clairement, tout ne va pas bien quand on regarde les infrastructures. On ne respecte pas les préconisations de l'OMS (7h d'activité physique/semaine, ndlr) en primaire, au collège et au lycée. Je ne parle même pas des universités."

Il regrette enfin les politiques qui "abiment le système" des cursus sports-études. "On passe de 2.000 CTS (conseillers techniques sportifs, ndlr) à 1600, illustre-t-il. Ils sont là pour établir la politique sportive, pour détecter les jeunes et les former au plus haut niveau."

NC