RMC Sport

Argentine-Australie : pourquoi les Pumas peuvent y croire

L’Argentine défie l’Australie, ce dimanche (17h) à Twickenham, avec l’ambition de se qualifier pour la première finale de Coupe du monde de son histoire. Le niveau de jeu cohérent et spectaculaire et les derniers résultats laissent croire à l’exploit.

A une mauvaise décision près, l’Argentine s’avancerait dimanche à Twickenham (17h) dans la peau du favori. Mais M.Joubert, arbitre sud-africain du quart entre l’Australie et l’Ecosse (35-34), a accordé une pénalité qui a offert la victoire aux Wallabies et qui lui a valu un sermon du World Rugby. S’ils seront bien outsiders, les hommes de Daniel Hourcade ne doivent, eux, leur présence qu’à eux-mêmes dans ce dernier carré de la Coupe du monde qu’ils retrouvent après 2007. L’Argentine a fait craquer l’Irlande en quart (43-20), confirmant qu’elle est l’une des nations qui impressionnent le plus depuis le début du Mondial. Au point de susciter un engouement rare au pays et auprès de Diego Maradona, qui fera peut-être sa réapparition et son show dimanche.

L’intégration au Rugby Championship en 2012 apporte considérablement à cette équipe qui affronte les trois meilleures nations du Sud (et du monde ?) deux fois par an. Et ça se voit. Troisième de la dernière édition allégée, les Pumas progressent inévitablement en accrochant des têtes prestigieuses à leur tableau de chasse encore léger. Parmi elles, celle de l’Australie en 2014 (21-17). Depuis, les Wallabies ont pris une cinglante revanche en juillet dernier (38-9) et ne comptent qu’une seule défaite lors des dix derniers duels. Mais la dynamique du moment parle en faveur des Argentins.

Quesada : « Ça sent encore bon pour les Pumas »

« C’est un régal de voir cette équipe jouer, se réjouit Gonzalo Quesada, entraîneur argentin du Stade Français. Ils ont gardé ces valeurs et cette identité qui est la nôtre depuis des siècles avec un état d’esprit, une conquête et une défense remarquables. Le système d’attaque est très bien travaillé avec un contenu et un projet de jeu qui font plaisir. Tout comme le travail dans les zones de rucks. Il y a un vrai enthousiasme. On peut sentir leur joie de jouer. » La tâche ne sera pas aisée pour autant face à des Australiens plus que jamais prévenus après leur mésaventure écossaise et qui peuvent compter sur leurs armes redoutables dans les rucks, Pocock et Hooper. « Ce sera encore très serré », promet Gonzalo Quesada.

Les principaux intéressés, eux, n’évoquent pas encore l’idée de rejoindre la Nouvelle-Zélande en finale pour le remake de leur match d’ouverture. Le plan s’annonce plus long. « On veut être là, en demi-finales, plus souvent, explique Juan Martin Fernandez Lobbe. On va essayer de garder notre travail, notre humilité pour rester là et avoir la chance d’être encore en demie en 2019. Sur les quatre prochaines années, on veut gagner plus de matches qu’en perdre dans le Rugby Championship. On ne va pas rougir d’être outsiders, on n’est pas favoris c’est sûr. » Gonzalo Quesada, lui, ne partage pas cet avis. « Ils peuvent aller encore plus loin, promet-il. Ça sent encore bon pour les Pumas. »