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Montpellier: l’arrivée de Franck Azéma au point mort

L’actuel manager de Clermont Franck Azéma, qui avait demandé à être libéré de ses deux dernières années de contrat en février dernier, n’est toujours pas fixé sur son avenir. Sa possible arrivée au MHR n’avance pas. Au contraire.

Que fera Franck Azéma à partir du 1er juillet? Personne n’a, pour le moment, la réponse. Pas même l’intéressé. Son départ de Clermont est officiellement acté par l’ASM depuis le 22 février. Ou presque… Ce jour-là, le club auvergnat annonçait, dans un communiqué, la demande de libération de son manager deux ans avant la fin de son contrat.

"Dans la mesure où la décision de Franck est de s’engager dans un nouveau projet, pour des raisons qui lui appartiennent, il n’est dans l’intérêt de personne de bloquer la situation et de perdre du temps, expliquait le club auvergnat. Nous avons pris en compte sa demande sous réserve que soient préservés au mieux les intérêts du club."

Après onze années passées en Auvergne, Franck Azéma était alors décrit comme éprouvé. Rincé. Selon plusieurs sources, celui qui a conduit Clermont au titre de champion de France 2017 et à la victoire en Challenge européen deux ans plus tard avait alors le sentiment que son message ne passait plus et qu’il fallait en tirer les conséquences.

A cette époque, il n’était alors pas question de rejoindre un autre club. L’idée du technicien était de faire un break en prenant pourquoi pas une année sabbatique. Ce n’est qu’un peu plus tard que Montpellier s’est intéressé à lui. Initialement, le MHR avait fait de Pierre Mignoni sa priorité. Mais son club du LOU avait mis son veto.

Rien n'a été signé entre Azéma et le MHR

A la recherche d’un nouvel homme fort pour la saison prochaine pour prendre les rênes sportives de son staff, le président Mohed Altrad s’est ensuite sérieusement penché sur le dossier Azéma. Il l’a encore confirmé à RMC Sport le 16 avril dernier: "Le job est pour Franck. Mais Franck ne peut pas le prendre. Et je ne peux pas lui donner tant qu’il n’est pas libéré. Juridiquement, on ne peut avoir deux contrats avec deux clubs différents."

A Clermont, certains croient savoir que Franck Azéma s’est déjà engagé au MHR. Ce n’est pourtant pas le cas même si les deux parties se verraient bien travailler ensemble. Rien n’a été signé. Et, visiblement, ce n’est pas près d’être fait… Le dossier est au point mort et la future arrivée de Jono Gibbes, libéré sans indemnité par La Rochelle, n’a rien changé.

Azéma: "Je ne vois pas d’évolution venir"

Les dirigeants clermontois réclameraient à leurs homologues héraultais plusieurs centaines de milliers d’euros pour libérer leur futur ancien manager. Notamment afin de payer les potentielles restructurations du staff inhérentes à l’arrivée d’un nouvel entraîneur en chef. Une somme jugée excessive par Mohed Altrad qui n’entend pas plier.

"En l’état actuel, c’est mort", ont indiqué pour RMC Sport plusieurs sources proches des deux clubs cette semaine. Franck Azéma, lui, est dans le flou. "Je ne vois pas d'évolution venir, disait-il jeudi lors du point presse clermontois. Oui, je suis inquiet, mais on en reparlera plus tard…" Car aujourd’hui les questions demeurent.

Si le technicien n’était pas libéré, que ferait-il à partir du 1er juillet à Clermont? La situation parait assez folle. Et si Azéma ne rejoignait pas Montpellier, qui prendrait les commandes du staff? Comme évoqué par RMC voilà deux semaines, Philippe Saint-André pourrait continuer sa mission. Altrad n’exclut pas cette hypothèse puisque le club s’est sportivement redressé ces dernières semaines avec une onzième place en Top 14 et une belle demi-finale de Challenge européen samedi à Bath. "PSA" devait retrouver son poste de directeur du rugby. Mais si Azéma ne venait pas, l’ancien sélectionneur pourrait continuer à porter le short au bord du terrain… C’est en tout cas le message actuellement délivré en interne au MHR lancé dans un sprint final surchargé.

Jean-François Paturaud