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Rémy Grosso: "Je m’étais dit que le train était passé"

Rémy Grosso - AFP

Rémy Grosso - AFP - -

Quasiment deux ans et demi après sa première et unique sélection, Rémy Grosso a signé un retour réussi contre l’Italie. L’ailier Clermontois, qui pourrait à nouveau être à nouveau titulaire face à l’Angleterre samedi, se confie à RMC Sport.

Rémy Grosso, deux ans et demi après votre première sélection (contre le Canada à la Coupe du monde 2015), vous avez été rappelé contre l’Italie. Comment l’avez-vous vécu?

Cela a été une surprise mais surtout un immense plaisir de pouvoir regoûter à une sélection. Après des années un peu compliquées, c’était une récompense pour moi de toucher du doigt l’équipe de France. J’étais resté sur la frustration de la première sélection qui n’avait pas pu découler sur d’autres matchs. Je savais que je n’étais pas très loin et que Guy Novès comptait sur moi pour les premiers rassemblements mais j’avais dû me faire opérer. Je m’étais dit que le train était passé. Avec Castres, on avait dû arrêter notre histoire commune et j’avais rejoint Clermont. Mais avec un peu se persévérance et travail j’ai pu revenir. 

A Clermont vous avez dû aussi vous battre pour gagner votre place…

Cela n’a pas été compliqué car je savais où je mettais les pieds. C’est une grosse machine avec un très gros effectif et des joueurs qui ont des repères. J’y suis allé sans pression. Je voulais saisir les opportunités qu’on allait m’offrir. C’est ce qui s’est passé et j’ai pu jouer rapidement et prendre mes marques. J’ai profité des aléas et des blessures pour saisir ma chance. Ce n’est pas acquis mais je suis content du temps de jeu que j’ai eu en club.

Malgré les mauvais résultats de Clermont, vous avez réussi à élever votre niveau avant le Tournoi notamment lors de cette défaite contre Montpellier…

Oui, je sais quoi faire quand je suis sur le terrain avec Clermont. J’ai des repères après plusieurs mois passés avec ce groupe. Cela se ressent sur le terrain. Malgré les défaites, je prends du plaisir et je sens que j’ai la confiance du staff. J’ai envie de leur rendre. 

Cela s’est confirmé en équipe de France avec cette bonne prestation contre l’Italie…
Oui, cela s’est bien passé. J’ai simplement essayé de faire ce que je fais tous les week-ends. C’est-à-dire être disponible pour l’équipe et d’essayer d’amener de l’avancée avec un minimum de déchet et d’impacter physiquement. J’essaie de bouger et de ne pas rester sur mon aile. Collectivement, nous avons su répondre présent mais tout n’a pas été parfait. Si j’en ai l’opportunité je devrai élever mon niveau de jeu.

Que représente pour vous un match contre l’Angleterre?

Ce serait beau. On ne nous donne pas tous les jours l’opportunité de jouer une des meilleures nations mondiales. Ce serait un grand plaisir et une responsabilité à assumer. Personnellement, ce serait aussi un vrai test forcément en se frottant aux meilleurs joueurs. J’ai la chance de jouer la Coupe d’Europe avec mon club mais ça serait cette fois un ton au-dessus.

Peut-on parler d’un rêve de gamin?

Oui, ça l’était déjà de jouer en équipe de France mais c’est vrai que ce serait particulier de jouer un Crunch contre les Anglais. On ne va pas dire que ce sont nos ennemis mais il y a une forte rivalité entre deux nations. Ça serait un vrai plaisir au Stade de France.

Vous évoquiez cette rivalité. Certains de vos partenaires ont déjà affirmé qu’ils n’appréciaient pas vraiment les Anglais…

Dans l’hémisphère nord, tout le monde aime détester les Anglais. C’est le bon élève et le premier de la classe. Ils ont parfois ce côté un peu prétentieux mais ils réussissent ce qu’ils font. Ce serait bien de leur mettre des bâtons dans les roues. Demandez aux Irlandais, aux Gallois et aux Ecossais, ils vous diront la même chose. Tout le monde a envie de les battre.

Est-ce le bon moment pour battre l’Angleterre qui reste sur une défaite en Ecosse?

Je ne sais pas. L’objectif est de l’emporter mais je ne sais pas si c’est le bon moment. Ils sont peut-être agacés après la défaite en Ecosse et vont vouloir remonter leur niveau de jeu. On va déjà se focaliser sur nous. Et on sait qu’ils vont venir pour gagner.

Avez-vous la Coupe du monde dans un coin de votre tête?

(Rire) C’est trop loin pour moi. Mon passé me rappelle à la raison. Je ne suis pas pessimiste et je préfère avoir des objectifs à court terme. Je ne pensais pas à la Coupe du monde 2019 il y a un mois et c’est toujours le cas.

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Jean-François Paturaud