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Six Nations : les Bleus n’évitent pas le Grand Chelem anglais

Malgré son courage et le sans-faute de Maxime Machenaud, le XV de France n’a pas résisté aux Anglais ce samedi soir, en match de clôture du Tournoi des Six Nations (31-21). Le XV de la Rose s’offre un premier tournoi depuis 2011 et son premier Grand Chelem depuis 2003. Les Bleus de Guy Novès terminent cinquièmes.

La charnière française a-t-elle été performante ?

Oui. Ça partait pourtant plutôt mal avec la sortie sur blessure de François Trinh-Duc (13e). Si bien que la charnière française, la même qu’en Ecosse, a été remaniée avec l’entrée en jeu de Jules Plisson, plus inspiré en deuxième période qu’en première. Pendant que son coéquipier prenait ses marques, Maxime Machenaud a tenu le choc. Intéressant dans l’orientation du jeu sur les phases françaises, le joueur du Racing a surtout été impeccable au pied avec un sans-faute (sept pénalités réussies sur sept). C’est à ses pénalités que les Bleus doivent leur (maigre) salut et cet écart de seulement dix points.

Qui a imposé le défi physique ?

L’Angleterre, sans contestation possible. Dès qu’ils ont placé une accélération, les hommes d’Eddie Jones ont fait mal. Les Français ont eu du cœur et du courage, mais le médecin a souvent dû venir soigner les bobos causés par les phases anglaises, à quelques mètres de la ligne d’essai. Entre leurs gros gabarits comme Dan Cole, auteur du deuxième essai (20e), et la vitesse d’un Anthony Watson, venu de nulle part sur son côté gauche pour aplatir le troisième ballon (56e), on a vu une impitoyable équipe d’Angleterre. Eddie Jones a pourtant conservé à peu près les mêmes joueurs par rapport à l’équipe qui s’est fait sortir de son Mondial dès les poules. Mais les voilà transfigurés.

La mêlée française a-t-elle redressé la barre ?

Oui... mais seulement à l’heure de jeu. Très inquiétante face à l’Ecosse, la mêlée tricolore a cédé à plusieurs reprises, particulièrement du côté de Rabah Slimani. Et quand ils s’en sont sortis, les Bleus ont eu du mal à percer le rideau anglais pour vite progresser. Mais le rapport de force s’est presque inversé juste avant l’heure de jeu, lorsque Guy Novès a changé sa première ligne : Chiocci et Atonio ont fait du bien. En plus de redresser la mêlée, le premier a gratté des ballons quand le deuxième a fait mal dans l’impact. Tellement mal que Dylan Hartley, après une intervention licite, en a quitté le terrain sur civière. Dommage que Chiocci se soit mis à la faute sur un maul anglais en fin de match, laissant ses coéquipiers terminer à 14.

Peut-on dire que les Bleus ont coulé ?

Non. Et c’est essentiellement grâce à Maxime Machenaud, performant au pied. L’écart de cinq points à la pause est presque miraculeux. Au point d’avoir fait douter les Anglais en début de deuxième période. Mais c’est à peu près la seule satisfaction d’une équipe de France malmenée physiquement et une nouvelle fois indisciplinée. Entre les en-avants, comme celui de Goujon (36e), qui amènent des offensives anglaises ou les ballons chipés sur des relances françaises, comme sur ce raté de Spedding (54e), les Bleus ont commis trop d’erreurs. Les Anglais n’étaient pourtant pas si sereins au retour du vestiaire.

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- © AFP

La victoire de l’Angleterre est-elle logique ?

Oui. Parce qu’à chaque fois que le XV de la Rose a accéléré, il a fait mouche. L’équipe de France a fait preuve de courage mais pas de réalisme. Les Anglais n’ont eu qu’à attendre la faute tricolore ou un mauvais regroupement adverse pour partir à l’offensive. Avec le jus qu’ils n’ont pas eu à laisser dans les séquences défensives éreintantes qu’ont connues les Bleus. Transfigurés, les Anglais d’Eddie Jones ont été impressionnants durant tout le Tournoi. Au point de s’offrir un premier Grand Chelem dans ce Tournoi depuis 2003, quelques mois seulement après un cuisant échec dans leur Mondial.

Y a-t-il du positif à retenir pour Guy Novès ?

Oui. Beaucoup plus en tout cas qu’après la défaite en Ecosse. La détermination d’abord, celle d’une équipe malmenée mais qui n’a jamais complètement craqué. La charnière aussi, en tout cas en ce qui concerne Maxime Machenaud, impérial au pied et dans la sérénité. Atonio et Chiocci ont marqué des points en première ligne, en rééquilibrant la mêlée et en ayant plus d’impact dans le jeu des Bleus que Slimani et Poirot. On retiendra aussi la vitesse, l’équilibre et l’envie de Vakatawa, et la première mi-temps de Spedding. Les Bleus terminent à une décevante cinquième place. Mais après leur déroute en Ecosse, ils ont montré des progrès dans le jeu sur lesquels le nouveau sélectionneur pourra s’appuyer.