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Tournoi des Six Nations: les clés du match Italie-France

La France, qui n'a plus perdu contre l'Italie depuis le 3 février 2013, entame le Tournoi des Six Nations 2021 ce samedi (15h15) par un déplacement chez nos voisins transalpins, où elle entend affirmer son nouveau statut.

[Actualisation]

Les Bleus ont déroulé pour leur entrée en lice dans le Tournoi des VI Nations, avec un large succès 50-10 en Italie. 

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>>> ce qu'il faut retenir de la victoire des Bleus

Poser les bases du Grand Chelem

Candidat annoncé à la victoire finale, le XV de France se rend en Italie ce samedi (15h15), à Rome, avec l’ambition d’y décrocher un premier succès qui lui servirait de rampe de lancement dans ce Tournoi des Six Nations. Sur la route du Mondial 2023 en France, qu’elle entend aborder couverte d’un nouveau statut dans deux ans, la sélection de Fabien Galthié doit encore changer de dimension. Et pour cela, il y a des étapes à franchir. 

Apprendre à gagner vite et bien, avec la manière, contre une sélection italienne qui tâchera surtout d’éviter la cuillère de bois, serait un premier pas. Le reste viendra naturellement. L'Italie, qui participe au Tournoi des Six Nations depuis 2000, n'a remporté que douze succès en 105 matchs. Elle reste sur 27 défaites consécutives, depuis sa dernière victoire en date, en 2015 en Écosse (22-19). Sa dernière victoire à domicile remonte à 2013 contre l'Irlande (22-15). 

Jalibert doit se muer en chef d’orchestre

En l’absence de Romain Ntamack, victime d’une fracture de la mâchoire, le soliste Mathieu Jalibert aura la charge de la conduite du jeu de l’équipe de France dans ce Tournoi. Une responsabilité qu’il se dit prêt à assumer, tout en conservant son intuition. "Je pense qu’avec l’enchainement des matchs en Bleu, j’ai pris plus confiance, a-t-il expliqué à RMC Sport. Je pense que je suis un peu plus leader que je ne l’étais avant de faire cette Automn Nations Cup. Quand je suis revenu en club, j’ai vraiment eu cette sensation d’avoir pris du poids dans l’équipe et pour mon poste, c’est ultra-positif. J’ai l’impression d’être plus écouté. Dans mon jeu, j’ai progressé sur ma gestion du match. Souvent, j’ai tendance à beaucoup attaquer. Désormais, j’essaie de trouver le juste milieu entre bien attaquer, jouer au pied et trouver les solutions en attendant que l’équipe adverse nous en donne."

Contre l’Italie en ouverture, Jalibert honorera sa 9e sélection et enchaînera une nouvelle titularisation à l’ouverture après avoir été à la baguette lors des trois derniers matches de la Coupe d’automne des nations, souvent avec brio contre l’Angleterre. Le Girondin "monte en puissance", estime Galthié: "Il est avec nous depuis le début de l'aventure, dès le Tournoi 2020. Il a eu la possibilité de jouer la Coupe d'automne des nations. Il est prêt: comme cette équipe, il a pris de l'expérience, en club et en équipe de France. Il arrive à enchaîner les entraînements avec nous et monte en puissance. Il trouve sa place et apporte son talent."

Assimiler une nouvelle animation sans Vakatawa

Si le Tournoi va débuter en Italie et qu’il est prévu qu’il suive son cours normalement jusqu’au bout, Fabien Galthié a dû gérer quelques imprévus dans la préparation de cette compétition, notamment l’absence de trois de ses titulaires inamovibles, dont le trois-quarts centre Virimi Vakatawa. L’insaisissable joueur du Racing 92, considéré comme l’un des meilleurs centre du monde, laisse donc l’équipe de France orpheline de ses qualités d’explosivité et de perforation, de sa capacité à assurer la continuité du jeu derrière un duel gagné ou après un plaquage, sans compter sa férocité en défense. 

Arthur Vincent est le premier choix de Galthié pour pallier l’absence de Vakatawa et sera associé à Gaël Fickou, auquel sera dévolu le rôle de perforateur en Italie. Arthur Vincent, présent sans discontinuer dans le groupe de Galthié depuis qu’il y est arrivé, a fait son trou dans un autre registre offensif. "C’est plus un centre polyvalent qui peut jouer au poste de premier comme de second centre. Il est capable d’être un accélérateur comme un régulateur. Il s’adapte à son dix", louait son sélectionneur avant l’Italie.

Gommer l’indiscipline

Et si le facteur x de l’équipe de France était un arbitre ? Jérôme Garcès, arbitre de la finale de la dernière Coupe du monde, a été appelé au chevet des Bleus pour soigner les maux de l’équipe de France, qui tiennent en un mot: indiscipline. Malgré sa deuxième place lors du Tournoi des Six Nations 2020, derrière l'Angleterre, le XV de France est l'équipe à avoir concédé le plus de pénalités (55 au total) et le plus de cartons jaunes (4) dans cette édition.

Car si les Bleus de Fabien Galthié déploient un rugby très plaisant, ils souffrent aussi d'une indiscipline chronique qui leur coûte: à l'automne, ils ont ainsi été sanctionnés à seize reprises contre le pays de Galles (victoire 38-21) et l'Angleterre (défaite 22-19 a.p.), quatorze fois face à l'Irlande (victoire 35-27). 

Alors Garcès, manager technique des arbitres du secteur professionnel à la Fédération française de rugby (FFR), a intégré le staff et aide les Bleus dans ce secteur "avec des petits détails", distille des "conseils" concernant "la communication" durant les matchs et "l'engagement", racontait l'entraîneur des avants William Servat.

La combativité et l'engagement des joueurs du XV de France dans les rucks n'excusent plus toutes les fautes observées aux yeux de Galthié, lequel semblait pourtant s'en accommoder en octobre dernier. Le XV de France espère trouver un difficile équilibre entre la volonté d'étouffer l'adversaire et celle de ne pas lui faire de cadeaux. Dans tous les sens du terme.

QM