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Open d’Australie: la justice ordonne la libération immédiate de Djokovic

La justice australienne a ordonné la libération immédiate de Novak Djokovic de son lieu de rétention pour immigrés, ce lundi. Mais le gouvernement australien peut toujours annuler le visa du Serbe.

Novak Djokovic pour sortir de l’hôtel pour immigrés dans lequel il séjournait depuis cinq jours. Le juge de la Cour de circuit fédérale Anthony Kelly a en effet ordonné la libération immédiate du numéro un mondial de sa détention, ce lundi lors de l’audition en appel du Serbe. Ce dernier avait été interdit d’entrer sur le sol australien, jeudi dernier lors son arrivée à l’aéroport de Melbourne pour ne pas avoir présenté les preuves suffisantes pour justifier son exemption médicale délivrée afin de participer à l’Open d’Australie.

Le juge Kelly a déclaré à l'audience que la décision d'annuler le visa temporaire était "déraisonnable", devait être annulée et que le défendeur (le ministre de l'Intérieur) devait prendre "toutes les mesures nécessaires pour libérer immédiatement le demandeur". L'avocat de Djokovic, Nicholas Wood, SC, a confirmé que la star du tennis était actuellement physiquement avec l'équipe juridique à un endroit pas confirmé.

"Qu’aurait-il pu faire de plus?", a demandé le juge

Lors des débats retransmis publiquement et en ligne - ce qui a donné lieu à des débuts chaotiques - le juge avait donné espoir au clan Djokovic en interrogeant: "Qu’aurait-il pu faire de plus?". Les avocats du Serbe avaient fait appel de trois motifs arguant que la décision d'annuler le visa était illogique, irrationnelle ou légalement déraisonnable, et qu'il s'était vu refuser l'équité procédurale.

Ils ont assuré que Djokovic remplissait les critères d'une exemption médicale temporaire de la vaccination contre le Covid car il avait été infecté en décembre. Les avocats ont fait référence aux conseils du Groupe consultatif technique australien sur la vaccination (ATAGI) selon lesquels les personnes infectées peuvent différer la vaccination jusqu'à six mois après une "maladie aiguë" en tant qu'exemption temporaire en raison d'une "maladie médicale grave". Ils affirment aussi que le Serbe n'a pas eu suffisamment de temps pour répondre à la décision.

Dans son argumentaire, le gouvernement a estimé qu'une infection antérieure au Covid n'est pas considérée comme une contre-indication médicale pour une vaccination le virus en Australie. Les avocats du ministre de l'Intérieur déclarent que les directives du Groupe consultatif technique australien sur la vaccination (ATAGI) indiquent: "Les personnes ayant une confirmation en laboratoire d'une infection passée peuvent commencer leur programme de vaccination... dès qu'ils se sont remis de l'infection symptomatique". Ils insistent sur le fait que Djokovic était bien rétabli et qu'il n'y avait aucune "suggestion de maladie aïgue".

Le gouvernement peut toujours annuler son visa

Les avocats du ministre avaient également soutenu qu'il n'y a pas eu d'injustice en accordant à Djokovic moins de temps que prévu car il n'y avait "aucune preuve" de ce que Djokovic aurait pu faire en contactant ses avocats, "qu'il avait contactés auparavant". "Le demandeur a eu longtemps l'occasion de fournir des informations aux agents des forces frontalières au cours de la soirée." Ses arguments n’ont pas suffi à convaincre le juge qui a débouté le gouvernement de l’annulation du visa du numéro un mondial. L’affaire n’est pas terminée pour autant puisque l’avocat du gouvernement a rappelé que l’Etat fédéral pouvait encore ordonner l’expulsion de Djokovic.

NC