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Roland-Garros: avec le Covid, la chasse aux autographes se complique

Rafael Nadal

Rafael Nadal - ICON SPORT

Chasse aux autographes, aux selfies… Avec la crise sanitaire, c’est devenu de plus en plus dur d’approcher les joueurs à Roland-Garros. Certains y arrivent malgré tout, mais pour repartir avec un souvenir de Roger Federer ou Rafael Nadal, il faut prendre son mal en patience. Sur les courts d'entraînement, les fans ne désespèrent pas.

Le court numéro 3 est le repère des chasseurs d’autographes, à Roland-Garros. Souvent beaucoup d'attente à l’entrée, signe que Roger Federer ou Rafael Nadal sont à l'entraînement. Alors forcément, pour trouver une place dans les tribunes, où la jauge est limitée, c’est un peu la course. Les fans les plus expérimentés ont leur technique. C’est le cas de Céline, casquette et masque à l’effigie de l’Espagnol.

Sa journée commence toujours par la même routine: "Je sais qu’il s'entraîne vers 11h donc je cours de droite à gauche pour aller le voir sur le court avant qu’il n’y ait plus de place". Une technique suivie par Pascale, placée au premier rang, juste derrière la chaise des joueurs du court numéro 3: "Je suis là depuis 10 heures, il faut s’y prendre de bonne heure. Il faut être prêt à sécher sur place avec ce soleil et cette chaleur".

Une fois que les joueurs arrivent, des applaudissements, des "Rafa", "Roger" et beaucoup de sourires. Souvent une grosse demi-heure d'entraînement où les supporters peuvent profiter, admirer leur idole. Un court moment mais de quoi garder de beaux souvenirs. Nicolas, casquette de Federer sur la tête, a pu voir le Suisse pour la première fois: "Il reste une légende vivante du tennis, c’est une occasion en or de le voir jouer aujourd’hui. Alors je profite et si je pouvais avoir son autographe, je serais content".

"On a du gel hydroalcoolique !"

Mais cet autographe, ou selfie, reste le Graal le plus compliqué à avoir. Avec le Covid, les joueurs sont plus réticents, ne signent plus et quittent souvent le court à coup de "désolé je ne peux pas". Ce jour-là, Roger Federer, aux 20 titres du Grand Chelem, ne s’est pas arrêté, ni Jo-Wilfried Tsonga, avec qui il s'entraînait. Légère déception pour Victor, venu avec une grosse balle de tennis et l’espoir d’avoir la signature du joueur: "C’est terrible, il ne s’est pas arrêté. Mais on les a vu s'entraîner c’était déjà bien, après les autographes c’est du bonus. Je suis content, j’ai quand même réussi ma journée".

Il a tenté le tout pour le tout, avec une dose d’humour et de tchatche: "On a du gel hydroalcoolique", crie le supporter. Belle tentative, mais en vain. Ahmed, assis à quelques mètres, n’a même pas demandé quoi que ce soit. Dès le début, il a questionné Severin Luthi, l'entraîneur du Suisse: "Je lui ai demandé si Roger signait des autographes mais dans les règles du tournoi, ce n’est pas autorisé. Je peux comprendre, avec les mesures sanitaires, pour se protéger, les joueurs ne souhaitent pas utiliser des stylos".

Avec Nadal, une balle ou une photo mal cadrée en récompense

Alain, chasseur d’autographes, était justement venu, depuis Perpignan, avec une pochette remplie de photos, certaines signées et d’autres non. L’objectif du jour était d’obtenir un souvenir du Suisse. Raté. Alors il s’est rabattu sur l’entrainement de Rafael Nadal: "K’ai réussi à avoir une balle, je suis content. J’ai tenté la casquette mais avec le Covid, c’est compliqué". Il n’est pas le seul à être reparti avec une balle. François, fan de Nadal, vient tous les ans le voir: "Carlos Moya (entraîneur de Rafael Nadal) m’a donné la balle à la fin de l'entraînement. J’aurais bien aimé une photo avec lui mais une balle avec laquelle il a joué, c’est déjà super sympa".

D’ordinaire, l’Espagnol aurait pris plus de temps pour poser grand sourire avec les supporters. Covid oblige, il pose de loin, seul, et les fans le photographient. Reste quand même une chanceuse, Céline. Elle a eu son premier selfie avec le numéro 3 mondial. Ses "Rafa, Rafa, s’il te plait", ont été entendus: "Je suis heureuse, j’ai la photo, il s’est arrêté. Elle n’est pas très bien centrée, il est un peu loin mais on est tous les deux dessus, c’est super". Parce que maintenant, une photo avec Rafa, c’est avec un masque sur le visage et à quelques mètres de distance…

Léna Marjak