RMC Sport

Roland-Garros: Carlos Alcaraz, le phénomène espagnol comparé à Nadal

Né en 2003, Carlos Alcaraz est déjà au 3e tour de Roland-Garros ce samedi face à l’Allemand Jan-Lannard Struff. Le tout après avoir survolé le tableau de qualifications et fait tomber la tête de série 28 Nikoloz Basilashvili au 2e tour en trois sets secs. Portrait de celui que l’on imagine déjà gagner Roland-Garros un jour.

T-shirt sans manches, muscles des bras saillants, énergie palpable depuis les tribunes et des "vamos" qui résonnent dans Roland-Garros. Impossible de ne pas penser à Rafael Nadal lorsque l’on aperçoit Carlos Alcaraz sur un court. Pas sur le style de jeu ; il est droitier, bien plus offensif que son aîné à son âge ; mais sur son attitude de guerrier, l’impression de puissance qu’il dégage et surtout qu’il n’a peur de rien du haut de ses 18 ans.

"Mon grand rêve est d’être un jour numéro un mondial"

Carlos Alcaraz est né le 5 mai 2003 à Murcie. Les tournois juniors, il en dispute peu et se tourne rapidement vers le circuit senior. Il remporte son premier match dans un tournoi Challenger (2ème division du tennis) à seulement 15 ans à Alicante. A 16 ans, il remporte son premier match sur le circuit ATP à Rio. 406ème mondial à ce moment-là, il bat un autre Espagnol, Albert Ramos-Vinolas, 41ème. Un combat de 3h36 remporté 7/6 4/6 7/6.

Alcaraz est ensuite à 18 ans, le plus jeune joueur à entrer dans le Top 100 depuis Borna Coric en 2014. Un jeune homme talentueux et ambitieux. "Mon grand rêve est d’être un jour le numéro un mondial. J’aimerais pouvoir gagner tous les Grands Chelems", avait -il déclaré au quotidien espagnol AS à 17 ans. Son coach connait bien tout cela. Juan Carlo Ferrero, vainqueur à Roland-Garros en 2003, numéro 1 mondial la même année. Il s’en occupe dans son académie à Alicante.

"J'ai eu une bonne carrière, mais il peut faire encore mieux, explique-t-il à l’ATP. Il faut travailler chaque jour pour y arriver. Il sait que la route est longue (…) Il faut continuer à grandir et ne jamais être satisfait, car il y a encore beaucoup à faire."

Bourgue : "Cela a été assez violent, j’ai eu le sentiment qu’il m’a marché dessus"

Matthias Bourgue, 197ème mondial, se souvient bien de lui lorsqu’il a croisé sa route. Il l’a affronté en août 2020 au Challenger de Trieste au premier tour. "Je vois que je joue un qualifié (…) Je vois les qualifs, et il y a un mec que je ne veux pas jouer, c‘était lui. Je le vois jouer, je me dis : pourvu que cela ne soit pas lui. J’étais tendu la veille, ça allait être super dur, il joue hyper bien, tellement précoce."

Sur le terrain cela se confirme : victoire d’Alcaraz 6/3 6/3. Le jeune homme de 17 ans fait preuve d’une expérience déconcertante. "Le match commence et j’ai l’impression que cela fait 15 ans qu’il est sur le circuit, raconte Bourgue. Il a déjà tout compris au jeu, aux émotions, Cela a été assez violent, j’ai eu le sentiment qu’il m’a marché dessus." Son jeu ? Puissant, complet, physique parfois brutal le tout avec un mental en acier.

"Il a une énorme grinta, une rage folle, cela m’avait impressionné, explique Bourgue. Il frappe fort la balle. Même dans ses choix tactiques, dans sa manière de jouer, je me suis tout de suite dit : il a tout compris à la terre battue. En sortant, j’ai appelé mon entraineur et je lui ai dit : il va gagner au moins deux fois Roland et il fera cinq ou six demies." Impossible à ce moment-là de ne pas penser à Rafael Nadal qui à 19 ans remportait son premier Roland-Garros. Les deux hommes se sont d’ailleurs affrontés il y a moins d’un mois pour une victoire 6/1 6/2 du numéro 3 mondial.

Lui préfère balayer cette comparaison après sa victoire au 1er tour. "Quand Rafa a gagné son premier match ici, il a ensuite gagné le tournoi, alors je ne peux pas me comparer à lui, c’est impossible."

Ilias Grandjean