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Athlétisme: l'agresseur de Wilfried Happio serait le frère d'une athlète engagée dans les championnats de France

Les championnats de France d'athlétisme ont été marqués ce week-end par l'incroyable agression de Wilfried Happio, avant son titre sur 400m haies. Selon nos informations, l'individu ayant frappé le hurdleur serait le frère d'une autre athlète engagée dans la compétition.

C'est une histoire assez incroyable, qui a agité les championnats de France d'athlétisme. Samedi soir, le hurdleur Wilfried Happio a été violemment agressé par un autre homme à l'échauffement. Un événement qui ne l'a pas empêché de conquérir le titre national quelques dizaines de minutes plus tard, et dont on commence à connaître le déroulé, comme - sans doute - les origines.

On rembobine. 18h40-18h55, ce samedi à Caen: une vingtaine de minutes avant le départ de la finale du 400m haies, Wilfried Happio s’échauffe sur un stade annexe, prévu à cet effet. Quelques instants après, il doit se rendre sur le stade Hélitas, où se déroule la compétition. Mais soudain, un homme fait irruption. Il a accès à ce lieu, ne s’est pas introduit de manière anormale. Il frappe l'athlète, avant d’être rapidement retenu et notamment ceinturé par le coach de Happio, Olivier Vallaeys. Des services de la ville sont sur place. Ils contactent rapidement les services de la police municipale qui arrêtent l’individu. Ce dernier est ensuite remis à la police nationale. Wilfried Happio est alors sous le choc mais veut concourir. Son coach et ses proches sont choqués. Décision est prise de le laisser s’aligner malgré tout.

Des micro-fractures osseuses au niveau du visage

A 19h15, il se présente donc sur la ligne de départ du 400m haies, œil gauche pansé et recouvert par un bandeau. Dans un premier temps, personne n’y fait trop attention. Sa course est historique pour lui: Happio bat son record personnel en 48'57'', remporte le titre et fait les minimas pour les Mondiaux de Eugene (Etats-Unis) cet été. L’athlète de 23 ans passe alors en zone mixte, face aux journalistes. Son nez est encore en sang. "Je n'ai pas envie de m'étaler dessus, l'affaire est en cours, des gens compétents s'en occupent, lâche-t-il brièvement. Pour parler de la course, avec un seul oeil c'est plus compliqué. Mais les sensations étaient bonnes."

Rapidement, la rumeur d’une agression enfle, confirmée par son entraîneur auprès de l’AFP. "Il y a eu un gros incident à l'échauffement. Quelqu'un s'est jeté sur lui et l'a tapé, glisse Olivier Vallaeys. Un mec qui venait de nulle part lui a demandé si c'était bien lui Wilfried Happio et s'est jeté sur lui. Moi je l'ai ceinturé. (...) Wilfried va bien. Mais je suis sans voix, c'est de l'agression pure. C'est scandaleux. Ce sont des méthodes de sauvage."

Wilfried Happio "va bien", mais il a tout de même le visage tuméfié. Il est donc emmené à l’hôpital dans la soirée par précaution. On lui diagnostique des micro-fractures osseuses au niveau du visage.

Une histoire entre Happio et une autre athlète à l'origine de l'agression ?

La nuit passe, des interrogations demeurent. Ce dimanche, le Français porte plainte. La Fédération française d’athlétisme et la ville de Caen font de même. L’homme interpellé samedi est mis en cause pour violence avec incapacité temporaire de travail.

Dès ce dimanche matin, RMC Sport annonçait que cet homme est un proche (le frère) d’une connaissance de Wilfried Happio. Selon nos informations, la connaissance en question pourrait être une athlète présente ce dimanche en compétition sur les championnats de France d’athlétisme. Il y aurait eu, il y a quelque temps, une "histoire" entre Happio et cette athlète. L’AFP évoque pour sa part un "différend".

Wilfried Happio est réapparu ce dimanche. En milieu d’après-midi, il monte sur le podium pour recevoir sa médaille après sa victoire. Il a le sourire mais porte une casquette noire et surtout de larges lunettes noires, qui ne permettent pas de distinguer ses blessures. En quittant le podium, il est entouré de son clan, de proches et de membres de l’équipe de communication. Certains journalistes le guettent mais Wilfried Happio ne s’exprimera pas. Le président de la Fédération française d’athlétisme, André Giraud, s’exprime de son côté. A la fin des compétitions, il se félicite de l’organisation, avant d’être questionné sur la sécurité de l’événement. "La sécurité était assurée, comme elle était assurée sur tous les championnats, rétorque-t-il. Il y a eu un événement regrettable, on en tirera les conséquences, bien sûr. Il n’y a pas eu de fautes au niveau de la Fédération, au niveau bénévole." Et d’ajouter : "Vous savez, on vit dans une société particulière. Je dirais que tous les week-end, sur les terrains de football, il y a des agressions pires que celle-là."

La question est maintenant de savoir si Wilfried Happio sera prêt pour les Mondiaux, dans moins de trois semaines. "C’est dans les mains du médical, évacue le directeur de la haute performance à la FFA, Romain Barras. Il est avec les minimas, champion de France et donc prioritaire pour être sélectionné. On l’espère encore en meilleure forme et avec une meilleure performance à Eugene." En attendant, l’enquête de police va se poursuivre.

Valentin Jamin