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Mondiaux de cyclisme: héroïque, Alaphilippe s'offre un maillot arc-en-ciel historique

Louison Bobet, Jean Stablinski, Bernard Hinault ou encore Laurent Brochard ont un successeur. Vingt-trois ans après le dernier sacre français, Julian Alaphilippe est devenu ce dimanche champion du monde de cyclisme sur le circuit d'Imola, en Italie.

La dernière fois qu'un Français avait accompli cet exploit, Julian Alaphilippe était un petit garçon de cinq ans, qui n'avait même pas encore enfilé son premier maillot de coureur. Mais Laurent Brochard, 23 ans après son sacre à Saint-Sébastien, tient enfin un successeur. Sur le circuit d'Imola en Italie, Alaphilippe s'est emparé ce dimanche de la tunique arc-en-ciel, en battant à la régulière, et au bout de 258 kilomètres, le groupe des cadors composé notamment du Belge Wout Van Aert et du Suisse Marc Hirschi, respectivement deuxième et troisième.

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Alaphilippe a vaincu ses doutes et les démons du passé

Logiquement présenté comme un candidat au titre de champion du monde, Alaphilippe s'alignait pourtant au départ de la course avec quelques doutes, après un Tour de France où il avait certes remporté une étape et porté le maillot jaune, mais où il n'avait pas dégagé la même impression de puissance que les saisons précédentes. Surtout, le natif de Saint-Amand-Montrond, qui a soufflé ses 28 bougies en juin, avait quelques souvenirs douloureux des Mondiaux, comme celui de 2017 à Bergen (Norvège), où il avait été repris sous la flamme rouge.

Mais cette fois, il était le plus fort. Et sans doute le plus ambitieux, le Français ayant porté son attaque en haut de la dernière ascension, à moins de 12 kilomètres de l'arrivée pour s'imposer en solitaire, sur l'autodrome Enzo et Dino Ferrari. Avec finalement 24 secondes d'avance sur ses premiers poursuivants.

"C’est très dur pour moi de dire quelque chose, je veux remercier mon équipe qui a cru en moi aujourd’hui, on a fait un super boulot, s'est réjoui le grand vainqueur à l'arrivée. C’était un rêve dans ma carrière. J’ai été très près parfois, mais je n’avais jamais été sur le podium. Je suis arrivé ici avec beaucoup d’ambitions, c’est juste un rêve pour moi aujourd’hui. Je veux remercier tous ceux qui me suivent et me soutiennent. L’équipe de France a été très forte. Thomas Voeckler m’a fait confiance. Merci à ma famille, mes proches, à Marion (Rousse, sa compagne)."

Le forcing de l'équipe de France

Alaphilippe a en effet su profiter du travail de ses camarades, puisque la course avait commencé à se décanter à 70 kilomètres de l'arrivée quand le forcing de l'équipe de France (notamment Pacher, Peters, et Elissonde), venant après le travail d'usure de la Suisse et du Danemark, a mis fin à l'échappée initiale (Koch et Traeen pour derniers rescapés). 

La Belgique a pris le relais avant que le vainqueur du Tour de France, le Slovène Tadej Pogacar, attaque dès le pied de l'avant-dernière montée de la côte la plus sélective, Gallisterna, à 42 kilomètres de la ligne. Le prodige de 22 ans a basculé au sommet avec un avantage d'une dizaine de secondes sur le groupe de poursuite mené par les coéquipiers de Van Aert (Benoot, Wellens). Mais il a été rejoint avant les 20 derniers kilomètres par le Néerlandais Tom Dumoulin puis par les autres meilleurs rouleurs du circuit. Avant que le génie d'Alaphilippe fasse la différence et offre donc au clan tricolore son neuvième titre de champion du monde, le troisième seulement depuis près de 40 ans.

Le classement final:

1. Julian Alaphilippe (FRA) en 6h38:34.
2. Wout van Aert (BEL) à 24''.
3. Marc Hirschi (SUI) à 24''.
4. Michal Kwiatkowski (POL) à 24''.
5. Jakob Fuglsang (DEN) à 24''.
6. Primoz Roglic (SLO) à 24''. 
7. Michael Matthews (AUS) à 53''.
8. Alejandro Valverde (ESP) à 53''.
9. Maximilian Schachmann (GER) à 53''.
10. Damiano Caruso (ITA) à 53''.

Clément Chaillou avec AFP