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Mondiaux de cyclisme: "Je vais me mettre la misère", Alaphilippe ne compte pas "donner" son maillot arc-en-ciel

Dans un entretien à L'Equipe ce samedi, à la veille de remettre son titre mondial en jeu à Wollongong en Australie, Julian Alaphilippe s'est confié sur son ambivalence entre son souhait de conquérir un troisième maillot arc-en-ciel et son soulagement potentiel à l'idée de lâcher sa tunique.

Seul Peter Sagan, entre 2015 et 2017, a réalisé l'exploit que se lance Julian Alaphilippe: double champion du monde en titre, le Français court après un troisième mandat consécutif avec le maillot arc-en-ciel. Au terme d'une année galère, le coureur de la Quick-Step n'arrive pas avec une forme et une préparation optimales. Dans un entretien à L'Equipe ce samedi, Alaphilippe a tout de même envoyé un message à la concurrence: "le maillot, je ne vais pas le donner."

"Je me donne une chance"

Privé du Tour de France après une grosse chute lors de Liège-Bastogne-Liège, Julian Alaphilippe devait se préparer sur le Tour d'Espagne. Mais il a connu l'abandon lors de la 11e étape après une luxation de l'épaule. "Je me donne une chance déjà, c'est bien, a répondu en souriant l'un des leaders de la sélection de Thomas Voeckler sur ses possibilités de victoire. C'est pour ça que je suis là, pas juste pour faire le voyage et rigoler. Je pense que j'ai quand même la possibilité de peser sur la course et d'être important pour l'équipe, apporter quelque chose aux mecs avec le travail qu'ils ont fait pour moi ces dernières années, ça serait chouette."

Annoncé selon ses dires comme "l'un des leaders" de l'équipe de France et non comme le leader unique comme lors des trois dernières éditions, Julian Alaphilippe arrive avec "le même" état d'esprit qu'à Louvain, lieu de son dernier sacre mondial. De là à répéter le même numéro? "Ce que je veux dimanche, c'est être rincé et que les mecs soient contents, a confié la tête d'affiche du cyclisme français. Ne vous inquiétez pas, même si on ne gagne pas, je ne vais pas être dans l'avion à pleurer: je n'ai plus le maillot. Je vais kiffer, ça va être la même chose, la même vie et je vais être encore plus tranquille. Mais par contre, je ne vais pas dire allez-y les gars, c'est bon, j'ai mal aux pattes, je ne relève pas mon cul. Je vais me mettre la mi-sè-re. Vous voyez ce que je veux dire?"

"Je ne suis pas le genre de mec qui vient en fumant la pipe"

Sur le papier, l'équipe de France se présente avec une véritable armada, sans doute le meilleur collectif du plateau. Plusieurs coureurs peuvent même, selon les circonstances et la stratégie établie en amont, succéder à Alaphilippe: Benoît Cosnefroy, Christophe Laporte ou Valentin Madouas, voire Romain Bardet et Florian Sénéchal. Le tenant du titre se dit d'ailleurs "prêt" et "heureux" à l'idée de pouvoir aider ses compatriotes s'il ne se sent pas en mesure de gagner.

Depuis septembre 2020, Julian Alaphilippe roule avec la pression du maillot de champion du monde sur les épaules. Un poids lourd à porter. "Je l'ai dit 500 fois à Marion (Rousse, sa compagne NDLR) cette année, j'en ai marre, j'ai hâte de rouler tranquille. Je sais qu'on me considérera sans doute jamais comme un coureur lambda, mais j'ai envie d'être un coureur parmi d'autres, avec le maillot de l'équipe. Et d'un autre côté, tu ouvres ton placard, tu mets ta veste et tu te dis: oh putain ouais, wouah le liséré et tout de suite... En plus, je ne suis pas le genre de mec qui vient là en fumant la pipe et en disant de toute façon, je n'ai pas envie de gagner. Tu ne peux pas."

En cas de succès, Julian Alaphilippe inscrirait un peu plus son nom dans l'histoire du cyclisme français et même de son sport en général. Seul cycliste français déjà avec deux titres mondiaux, il pourrait aussi tourner la page d'une année compliquée. Sinon, sans regrets, il retrouvera la tunique de son équipe Quick-Step Alpha Vinyl.

GL