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Mondiaux de cyclisme: "Un Alaphilippe à 98%, ça peut le faire pour gagner", estime Cyrille Guimard

Cyrille Guimard, ancien sélectionneur de l'équipe de France, explore les possibilités tactiques de l'équipe de France, à la fois pour viser la victoire avec Julian Alaphilippe, mais aussi pour créer la surprise avec Pavel Sivakov ou Benoît Cosnefroy.

À quoi donc pourrait bien ressembler la course en ligne masculine des championnats du monde de cyclisme 2022 à Wollongong en Australie? "À un véritable chantier", confiait en souriant un membre de la délégation française à son arrivée en Australie il y une semaine. Et on veut bien le croire au vu du parcours et des cadors alignés au départ. Van Aert, Evenepoel, Van der Poel, Pogacar, Alaphilippe, Matthews, Trentin et Girmay pour n'en citer que quelques-uns.

Selon Cyrille Guimard, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France, les Bleus ont de nombreuses cartes à faire valoir lors de l'épreuve. Tout dépendra de l'état de forme de Julian Alaphilippe, leader naturel et double tenant du maillot arc-en-ciel. "Je pense que l'équipe de France va jouer au poker menteur toute la course, dit-il. Si dès la première bosse (km 40) Julian dit discrètement à ses coéquipiers qu'il a les jambes, mais fait le mort et recule dans toutes les bosses, les Bleus pourraient alors semer le doute chez leurs adversaires en faisant semblant de tout jouer pour Cosnefroy."

Arrêté une semaine après sa chute et sa luxation à l'épaule droite fin août sur le Tour d'Espagne, Julian Alaphilippe a finalement assez vite repris l'entraînement avant de se rendre en Australie avec le reste de l'équipe de France. Ce qui laisse penser à Cyrille Guimard qu'il pourrait avoir repris du poil de la bête, en tout cas plus qu'annoncé ces derniers jours lors des différents échanges avec les médias. "Un Julian à 98% ça peut le faire pour gagner, s'il a le bon feeling au niveau des circonstances de course."

Sivakov, la carte maîtresse ?

Et dans l'éventualité où Alaphilippe ressentirait encore ses blessures et un éventuel manque de préparation qui aurait pu s'ensuivre, Cyrille Guimard pointe "une carte maîtresse dans l'effectif des Bleus dont personne ne parle" en la personne de Pavel Sivakov.

Russe de naissance et naturalisé Français (il a passé l'immense majorité de sa vie en France) cet hiver dans les premières semaines de la guerre en Ukraine, le coureur d'Ineos Grenadiers réalise une très belle deuxième partie de saison, en finissant notamment deuxième de la Clasica San Sebastian.

Selon Cyrille Guimard, le puissant grimpeur, sélectionné pour la première fois de sa carrière, pourrait avoir la possibilité de provoquer ou de se glisser dans un coup à un ou deux tours de l'arrivée. "Il suffit qu'un Julian en méforme se sacrifie à 100% pour le collectif, mais soit encore dans le groupe des favoris dans le final. Et cela pourrait paralyser toute velléité de contres de la part des adversaires. Et puis Sivakov a un avantage, c'est que personne n'en parle, il n'a pas la pancarte", contrairement à un Benoît Cosnefroy. Un scénario qui n'a rien de la fiction, tant le circuit accidenté et technique de Wollongong en Australie offre une multitude de possibilités.

Cela ne doit pas faire oublier les très nombreuses flèches restantes à disposition du sélectionneur Thomas Voeckler pour semer la zizanie. De la possibilité de voir Valentin Madouas se glisser dans une échappée à celle d'imaginer Christophe Laporte disputer la gagne au sprint dans un petit groupe, l'équipe de France paraît avoir le collectif le plus complet.

Arnaud Souque