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Paris-Roubaix: le grand coup de Philippe Gilbert, tout proche des cinq Monuments

À 36 ans, le Belge Philippe Gilbert a signé l'un des plus beaux succès de sa riche carrière en remportant l'édition 2019 de Paris-Roubaix. En devançant au sprint Nils Politt, il s'est offert un nouveau Monument du cyclisme et rêve déjà de décrocher le dernier qui lui manque: Milan-San Remo.

Il suffisait de voir la joie de Philippe Gilbert en franchissant la ligne, les bras en V, la bouche grande ouverte et le visage meurtri de boue et d'efforts pour comprendre ce que représente ce succès pour le Belge. À 36 ans, il a remporté la 117e édition de Paris-Roubaix au sprint devant Nils Politt au terme d'une course superbement menée.

Une tactique parfaite

Malade peu avant le Tour des Flandres la semaine passée, qu'il a abandonné après quelque 200 kilomètres, le Belge s'est refait une santé durant la semaine. "Je sentais que la forme revenait au fil des jours, ça m'a mis en confiance, a-t-il expliqué après sa victoire. Et je pense avoir fait une belle course tactiquement."

Seul en tête, Gilbert a eu l'intelligence de couper son effort avant les pavés de Mons-en-Pévèle à plus de 50 kilomètres de l'arrivée. Il a attendu le renfort de Lampaert et a défié ensuite le vainqueur sortant, Peter Sagan, sur le bitume d'abord puis sur les exécrables pavés du Carrefour de l'Arbre. Trop juste physiquement, le Slovaque a lâché prise et laissé partir Gilbert et l'Allemand Nils Politt, les plus forts ce dimanche.

"Je suis devenu un coureur un peu différent"

Avec ce succès pour sa troisième participation à Paris-Roubaix, le Belge se rapproche de son rêve, à savoir gagner les 5 Monuments du cyclisme. "C'est un un rêve un peu fou que j'ai eu voici une dizaine d'années", a souri Gilbert après l'arrivée

Il ne manque plus au champion du monde 2012 que Milan-San Remo pour rejoindre les trois coureurs des années 1960 et 1970 (Van Looy, Merckx, De Vlaeminck) qui ont gagné les cinq plus grandes classiques. "Quand j'ai décidé de me mettre à fond sur les classiques de pavés, beaucoup de gens ont dit que ce n'était pas pour moi. Mais j'ai transformé mes qualités, qui étaient d'abord de puncheur. Je suis devenu un coureur un peu différent et j'ai gagné le Tour des Flandres (en 2017)."

Après l'arrivée, Gilbert s'est écroulé en pleurs dans les bras du patron de l'équipe belge, Patrick Lefevere. Il a signé le 58e succès belge (un record !) sur l'Enfer du Nord.

C.P. avec AFP