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Tour de France: Alaphilippe peut-il récupérer le maillot jaune à l’issue du chrono ?

Le contre-la-montre mayennais de la 5e étape du Tour de France est une occasion rêvée pour Julian Alaphilippe de frapper un grand coup face à ses rivaux, parfois amoindris, en récupérant le maillot jaune. Reste que le parcours du chrono ne lui convient pas tellement.

Objectif maillot jaune. Julian Alaphilippe (2e, +8”) a beau avancer masqué, le coureur de la Deceuninck Quick-Step, dépossédé de la tunique de leader par le Néerlandais Mathieu van der Poel (Alpecin) au soir de la deuxième étape, ne se gênera pas pour récupérer le précieux à l’issue du premier des deux chronos de la Grand Boucle, ce mercredi. Le contre-la-montre de la 5e étape se court sur 27,2 kilomètres entre Changé et Laval, soit exactement la même distance qu’à Pau, en 2019, quand, complètement habité et dans une forme resplendissante, Julian Alaphilippe avait battu Geraint Thomas, laissant imaginer aux Français la possibilité qu’il puisse revêtir le maillot jaune sur les Champs-Elysées.

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Depuis cet exploit, le Français n’a plus vraiment brillé dans l’exercice avant de réussir ses deux tests en juin sur le Tour de Suisse, avec une 5e place puis une 2e position sur les deux exercices chronométrées. Conscient d’avoir progressé, Julian Alaphilippe préfère néanmoins tempérer les ardeurs de ses supporters et des suiveurs, en rappelant que le profil du chrono de Pau lui convenait aussi parfaitement, ce qui n’est pas forcément le cas de celui qui l’attend ce mercredi. A la différence du parcours béarnais, le tracé en Mayenne favorise davantage les spécialistes à cause des longs faux-plats de la seconde partie de course qui succèdent aux petites côtes des premiers kilomètres.

Des écarts en perspective

Ce premier contre-la-montre (le deuxième a lieu dans le Bordelais, lors de la 20e étape), taillé pour les purs spécialistes - "une offrande aux rouleurs", dixit le directeur du Tour, Christian Prudhomme -, constituera un premier rendez-vous très important pour les favoris. Rouleur-grimpeur par excellence, Geraint Thomas (18e, +01'07) devrait être à son aise sur ce terrain, et pourrait rattraper une partie de son retard. Pas épargné par les chutes depuis son départ, Primoz Roglic (20e, +1'35), qui s’est surnommé lui-même "la momie" en raison de ses nombreux bandages, abordera ce chrono extrêmement affaibli. Ralenti par les chutes, la vainqueur sortant Tadej Pogacar (6e, +39") est lui sorti indemne de l’étape chaotique de lundi.

Lors de leur seule confrontation en contre-la-montre cette année, en avril au Tour du Pays Basque, Pogacar (5e) avait été devancé de 28 secondes par son compatriote Roglic à l'issue des 14 km. Lors d'un chrono de 10 km sur Tirreno-Adriatico en mars, Pogacar (4e) avait relégué Geraint Thomas (11e) à seize secondes. L’écart est infirme entre ces trois-là. Julian Alaphilippe pourrait profiter des pépins physiques de ses adversaires pour ne pas leur concéder trop de temps, voire en reprendre. Et dans son élan, qui sait, peut-être récupérera-t-il le maillot jaune. Car s’il y en a un qui se fait peu d’illusions, c’est bien Mathieu van der Poel, guère spécialiste de l'exercice. Julian Alaphilippe devra en revanche se méfier de Wout Van Aert (4e, +31"), excellent rouleur. Le coureur de la Jumbo a déjà annoncé que le chrono du jour était sa priorité.

QM